" Cessons de démoniser Wall Street et d'idéaliser Obama "

Publié le 01/05/2010 à 00:00

" Cessons de démoniser Wall Street et d'idéaliser Obama "

Publié le 01/05/2010 à 00:00

La poursuite pour fraude contre Goldman Sachs montre-t-elle que le président Obama compte sérieusement réformer le système financier ?

Nous devrions plutôt nous en inquiéter ! Le gouvernement part en guerre contre Goldman Sachs pour une fraude de 1 milliard de dollars américains - sur des activités qui totalisent 84 milliards - commise par un obscur vice-président français. Cette poursuite est menée au civil - sans risque d'emprisonnement - par un vice- président de 29 ans de la Securities and Exchange Commission qui travaillait auparavant chez Goldman Sachs. Les élections de mi-mandat approchent et cette poursuite fait partie de la stratégie de Barack Obama pour convaincre la population qu'il a la situation en main. Il fallait un méchant, ce sera Goldman Sachs.

Est-ce à dire que Barack Obama n'a pas la situation en main ?

Nous devons cesser de démoniser Wall Street et d'idéaliser Obama. Le président américain est animé de bonnes intentions, mais il fait le travail à moitié et rien n'est réglé. Au lieu de sauver les banques et de lancer le message que leur comportement à risque était sans conséquence, il fallait faire le ménage et les placer sous surveillance. On a plutôt poursuivi la culture du sauvetage instaurée à Washington depuis les années 1990, lorsque s'est installé le rapprochement entre le monde de la finance et celui de la politique. En 1997, par exemple, Alan Greenspan, alors président de la Réserve fédérale, a rescapé le fonds spéculatif LTCM qui avait parié contre le rouble. À cause des sauvetages, on n'a plus idée de ce que valent vraiment les entreprises et leurs actifs. Comment croire aux récents bénéfices des banques ? Au fait qu'elles ne s'exposeront plus à des risques indus quand le gouvernement leur prête de l'argent sans intérêt ? Cela équivaut à ouvrir la voute et à dire " Servez-vous " !

Comment s'assurer que le secteur financier ne péchera plus ?

C'est impossible. Il est composé d'êtres humains et ceux-ci sont imparfaits. Il y a toutefois de l'espoir : le secteur financier occupe une place démesurée - en 2006, il générait 40 % des revenus d'entreprises américaines - et étouffe l'économie productive. Le jour où il reprendra son rôle de soutien à la production, les financiers joueront un peu moins aux maîtres du monde.

( CV )

Nom: Marie-Josée Loiselle

Âge: 40 ans

Fonction: Consultante en développement économique

Entreprise: Nuno ID

Économiste passionnée des enjeux macro-économiques, Mme Loiselle a travaillé pour Montréal International et pour une biotech américaine avant de créer sa firme de consultation.

diane.berard@transcontinental.ca

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