Notre tournée dans le Nord : commençons par les avancées

Publié le 21/09/2013 à 00:00, mis à jour le 19/09/2013 à 10:43

Notre tournée dans le Nord : commençons par les avancées

Publié le 21/09/2013 à 00:00, mis à jour le 19/09/2013 à 10:43

Il y a de bonnes et de moins bonnes nouvelles en provenance du Nord québécois.

Nous avons été à même de le constater, du 10 au 12 septembre, alors que s'est déroulée la troisième mission «Grand Nord», organisée par Les Affaires. Une trentaine de gens d'affaires y ont participé, sillonnant le Québec à bord de l'avion que nous avons nolisé, pour en apprendre davantage sur ce territoire au vaste potentiel. Nous nous sommes ainsi rendus à Chibougamau, Matagami et Schefferville, avec un arrêt à Sept-Îles.

Commençons par les bonnes nouvelles.

Les trois premières villes ont vécu des années de gloire. Elles ont ensuite connu un déclin plus ou moins prononcé. Mais toutes les trois sont en train de rebondir.

C'est peut-être à Schefferville que le phénomène est le plus saisissant. Aux portes du Grand Nord, collée à la frontière du Labrador, Schefferville a piétiné pendant près de 30 ans. Le coup dur est survenu en 1982, quand le président de l'Iron Ore Company of Canada, Brian Mulroney, a annoncé la fin de l'activité minière. Il y avait 28 ans qu'on y extrayait du riche minerai de fer. Sans autre espoir de gagne-pain, près de 4 000 personnes ont alors quitté la ville.

Sauf les autochtones de deux communautés adjacentes, les Innus de Matimekosh- Lac-John et les Naskapis de Kawawachikamach. Schefferville n'était peut-être pas forte, mais elle n'était pas morte. Au milieu des années 2000, les deux communautés, alliées aux Innus de Maliotenam, ont même repris le contrôle de la section la plus nordique du chemin de fer qui relie Schefferville à Sept-Îles, signalant ainsi leur volonté de demeurer reliées au reste du monde. Puis, le vent a tourné et de plus en plus d'avions se sont mis à atterrir à l'aéroport voisin. Les gisements miniers abandonnés redevenaient convoités.

On ne peut pas encore dire que ça fourmille, mais la mine vient de renaître. C'est l'indienne Tata Steel qui mène la charge avec sa partenaire canadienne New Millenium pour son projet DSO. Au moins 300 personnes s'affairent à construire de nouvelles installations. Les premiers chargements de minerai sont arrivés par train cet été au port de Sept-Îles. Et ce n'est qu'un début : aux 300 millions de dollars initialement investis pour le redémarrage de la mine pourraient s'ajouter quelque 5 milliards si Tata va de l'avant avec son projet Taconite, qui s'appuie sur des réserves dont la durée de vie est évaluée à 75 ans.

De l'espoir à Matagami

Le rebond de Matagami est moins spectaculaire, mais il offre aussi de l'espoir. Ville minière, Matagami a connu une poussée d'adrénaline dans les années 1970 en servant de «porte de la Baie-James» et à cause des nombreux chantiers hydroélectriques autour desquels s'affairait Hydro-Québec. Sa population a atteint 5 000 personnes. Une fois les centrales et barrages terminés, bien des gens ont quitté la ville, qui compte aujourd'hui environ 1 500 habitants.

Elle aurait pu en perdre davantage si l'industrie minière n'était pas revenue en renfort.

Aujourd'hui, la mine Bracemac-McLeod, de la suisse Glencore (qui vient d'acheter Xstrata), emploie quelque 350 personnes. Elle a pris la relève d'une mine voisine, paradoxalement appelée Persévérance, qui vient tout juste de fermer... Quand même, c'est la douzième à être mise en exploitation sur ce qu'il est convenu d'appeler le camp minier de Matagami, c'est-à-dire un large gisement qui s'étend à quelques kilomètres de la ville. Avec les mines d'or de Ressources Métanor, au sud, et celle, plus grosse, d'Éléonore (Goldcorp), au nord, Matagami retrouve sa vocation de carrefour minier. Les retombées sont notables : Goldcorp achète annuellement pour cinq millions de dollars d'équipements à la principale quincaillerie de la ville !

Une route prometteuse à Chibougamau

Chibougamau n'est pas en reste. Longtemps assoupie, la ville s'active de nouveau. Au début de septembre, on apprenait que le tracé de la route 167 qui donnera accès à la mine de diamants Renard, de Stornoway venait d'être achevé. Il reste maintenant à rendre cette route carrossable, mais une autre étape importante vient d'être franchie pour cette mine dont le Québec possède plus du tiers par l'intermédiaire d'Investissement Québec.

La région abonde en projets, notamment ceux de Black Rock et de Nemaska Lithium, sans oublier les Chantiers Chibougamau, en foresterie, qui réinventent magnifiquement l'usage du bois de construction au Québec.

Le Nord commence à livrer ses promesses, c'est clair. Mais la livraison ne s'effectue pas nécessairement comme on l'aurait souhaité. Les acteurs québécois peinent à suivre la cadence. Nous y reviendrons dans cette chronique, le 5 octobre.

rene.vezina@tc.tc

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