J'entreprends... Le point, quatre mois plus tard

Publié le 11/05/2013 à 00:00, mis à jour le 19/09/2013 à 14:20

J'entreprends... Le point, quatre mois plus tard

Publié le 11/05/2013 à 00:00, mis à jour le 19/09/2013 à 14:20

En janvier, nous vous présentions quatre entrepreneurs à la résolution ambitieuse pour 2013 : se lancer en affaires. Voici de leurs nouvelles.

«LES CHOSES VONT NUMÉRO UN !»

Le plan de Nicolas Boucher a bien changé depuis le début de l'année. Plutôt que d'acquérir une nouvelle quincaillerie avec Clément Limoges, l'entrepreneur pour qui il a quitté la Fondation de l'entrepreneurship, il est devenu associé dans un de ses trois Rona. «Je suis très content de ce développement», dit-il avec enthousiasme. Il possède le Rona de Le Gardeur en parts égales avec Clément Limoges et Isabelle Limoges, sa directrice. Dans la jeune trentaine, Isabelle travaille dans l'entreprise depuis plusieurs années, puisque son père en était coactionnaire jusqu'à sa retraite. «Comme nous nous entendons bien, nous avons eu l'idée de nous associer tous les trois.»

La transaction a été officialisée le 3 avril. Le soir même, le nouveau patron rencontrait la dizaine d'employés pour leur présenter sa vision. Ses mots clés ? «Collaboration et développement», répond-il du tac au tac. Il souhaite élargir le marché de ce «bon magasin de quartier» de 11 500 pieds carrés en ciblant mieux les 35 à 55 ans. Il reverra ainsi l'assortiment et l'agencement des produits, et développera un site Web. «L'accueil des employés a été positif au boutte !» Finalement, le fait de ne pas venir du milieu de la quincaillerie l'aide plus qu'il ne lui nuit. «Les employés veulent démontrer leur savoir. Ils sont très généreux de leur temps et de leurs connaissances.»

À court terme, le nouveau papa - son troisième enfant est né à la mi-avril - se concentrera sur le magasin de Le Gardeur, question de «bien décanter et de se poser complètement». Il vise une autre acquisition d'ici un an ou deux. «Mais ça pourrait aussi en prendre trois, selon l'économie et les occasions qui se présenteront.»

«C'EST PLUS DIFFICILE QUE NOUS PENSIONS»

À la fin janvier, Lateef Martin, Andrew Kozloski et leurs trois collaborateurs ont aménagé dans le nouvel incubateur de jeu vidéo Execution Labs (XL). Sur le boulevard Saint-Laurent, à Montréal, ils bossent côte à côte avec quatre autres équipes, sont conseillés par les vieux routiers Jason Della Rocca (ex-dirigeant de l'International Game Developers Association) et Alexandre Pelletier-Normand (ex-dirigeant chez Gameloft), rencontrent une foule de mentors et touchent un salaire. Jusqu'à la fin juillet, peut-être plus, ils se concentreront sur le développement de leur jeu mobile, The Firemasters.

«Execution Labs augmente beaucoup nos probabilités de succès», juge Andrew. Sans cet encadrement, Miscellaneum Studios n'aurait probablement pas su comment rentabiliser son jeu. Sans oublier le réseau de relations «incroyablement étendu» des fondateurs de l'incubateur.

L'équipe a toutefois dû faire des choix pour concrétiser son projet. «Nous avons réduit significativement le périmètre du jeu», explique Lateef. Le coeur déchiré, le concepteur est ainsi passé de tout un univers à un seul bâtiment, où les joueurs sauveront des vies pendant que le feu grimpera. «Je veux encore réaliser notre plan original, mais plus graduellement.»

Andrew, lui, savait depuis le début qu'ils construiraient l'univers des pompiers une étape à la fois. «J'ai toujours vu ça comme ça.» Les deux associés ont discuté ferme pour arriver à cette décision, sans toutefois réellement se chicaner. «Peut-être que nous aurions dû», dit calmement Andrewi. Certains changements auraient peut-être pris moins de temps s'il avait mis plus fermement son poing sur la table.

Par ailleurs, les entrepreneurs ont changé leur vision de leurs trois collaborateurs depuis leur arrivée chez XL. «C'est plus une approche de groupe maintenant qu'une dynamique où nous avons les idées et leur demandons de travailler dessus.» Du coup, l'importance d'une bonne communication a pris tout son sens !

Bien entourés, les deux entrepreneurs restent confiants... mais lucides. «Oui, c'est plus difficile que nous pensions», admet Lateef.

«JE NE SAUTERAI PAS D'ÉTAPES»

Même si son projet de chaussures de course sur mesure avance «à un rythme décent», Mathieu Raymond travaille sa patience. «C'est plus long que je pensais, mais je ne sauterai pas d'étapes.» Rien ne sert de courir trop vite et de risquer de s'enfarger, dit-il.

Depuis le début de l'année, il ne chôme pas. «La manchette de Les Affaires a littéralement changé ma vie !» Une centaine de personnes ont communiqué avec lui pour investir, offrir de l'aide, distribuer ou acheter ses espadrilles. «Ça a été la folie !»

Silence radio du côté de Louis Garneau, par contre. «L'appel que j'attendais le plus n'est jamais arrivé», se désole le coureur, qui a troqué son emploi dans un Sports Experts contre un poste à temps partiel au Grand Défi Pierre Lavoie.

Il n'a pas perdu son temps pour autant, au contraire ! Il a recueilli des fonds auprès de Jean Samson, un actuaire engagé dans le sport amateur. Avec cet investissement, Mathieu prévoit tenir jusqu'au prototype ; il devra collecter des fonds pour les moules en acier.

Cette entrée d'argent lui a permis de visiter la foire ISPO à Munich, en Allemagne, à la fin de janvier. Avec 2 400 exposants et 81 000 visiteurs, il s'agit du plus grand salon d'articles de sport du monde. «J'ai pu voir les tendances des prochaines années et constater comment se fait la commercialisation.» Il y a également rencontré plusieurs manufacturiers asiatiques.

L'entrepreneur s'est par ailleurs allié à un ancien coureur, François Thériault-Proulx, qui a déjà essayé de développer un projet semblable. En échange de 5 % des actions sans droit de vote, cet étudiant postdoctoral installé au Texas le conseillera pendant deux ans, notamment sur l'efficacité de la chaussure. Mathieu s'est aussi entendu avec Vibram, du Massachusetts, afin de développer ses semelles en partenariat.

À lire, également:

Page d'accueil de notre dossier «En 2013, ils entreprennent »

Nous ferons le point sur les projets de nos entrepreneurs cet hiver.

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