Chambre à louer... illégalement

Publié le 04/08/2012 à 00:00

Chambre à louer... illégalement

Publié le 04/08/2012 à 00:00

La saison estivale est une période favorable pour les hôteliers, mais aussi pour les milliers de Québécois, y compris des entrepreneurs, qui louent des appartements par l'entremise de Airbnb.com. Illégalement.

Fondé à San Francisco en 2008, le site Internet Airbnb est estimé à plus d'un milliard de dollars. Il affiche plus de 2 000 chambres ou appartements à louer pour de courte durée dans la seule ville de Montréal. Derrière ces offres, on retrouve des particuliers, mais aussi des entrepreneurs qui proposent jusqu'à une vingtaine d'unités.

L'immense majorité de ces hôteliers de fortune, qu'ils soient grands ou petits, ont toutefois en commun d'agir dans l'illégalité. En effet, en vertu de la Loi sur les établissements d'hébergement touristique, toute personne qui offre de l'hébergement durant moins de 32 jours doit disposer d'une attestation du ministère du Tourisme. Or, à Montréal, seules 142 attestations de gîtes et de résidences de tourisme ont été délivrées.

En convainquant les utilisateurs précoces de louer leur résidence lorsqu'ils partaient en vacances, Airbnb a fait exploser le marché de la location à court terme d'appartements.

Responsabilité

«Nos conditions d'utilisation stipulent que tous les utilisateurs acceptent de se conformer aux lois et règlements applicables. Nous pensons que les autorités locales sont les mieux placées pour faire respecter efficacement ces lois et règlements», précise Maggie Carr, coordonnatrice aux relations publiques chez Airbnb.

Bien qu'offrir une chambre ou un appartement à la location sans avoir d'attestation soit illégal à Montréal, la demande pour ce type d'hébergement a incité des entrepreneurs à exploiter le créneau : «Maintenant, il y a des agents immobiliers qui font de la location à court terme de condos pour des clients étrangers, et il y a même des promoteurs immobiliers qui se lancent là-dedans», soutient Patryck Thévenard, président de l'Association des gîtes et résidences de tourisme de Montréal.

L'une des personnes qui ont accepté de parler à Les Affaires sous le couvert de l'anonymat offre 15 appartements sur Airbnb. Propriétaire de deux immeubles à revenus, la nouvelle maman était à la recherche d'un emploi plus flexible lorsqu'un voisin lui a parlé d'Airbnb il y a un peu plus d'un an : «Peu à peu, j'ai commencé à louer mes appartements sur Airbnb, puis, grâce au bouche-à-oreille, d'autres propriétaires m'ont demandé de louer les leurs. Aujourd'hui, c'est un véritable travail à temps plein, et je refuse de prendre plus d'appartements.»

Un autre utilisateur souhaitant rester anonyme a, quant à lui, acheté un appartement uniquement pour le louer sur Airbnb : «Je loue le duplex où j'habite lorsque je m'absente, et le condo est constamment loué à des touristes», explique-t-il.

Location à court terme

Deux entreprises spécialisées dans la location d'appartements meublés, Simplissimo et Relo Montréal, affichent leur identité corporative sur leur profil Airbnb. À défaut d'attestation, ces derniers ne proposent que la location mensuelle sur leur site Internet respectif, mais offrent leurs appartements en location à court terme sur Airbnb.

David Azoulay, vice-président de Simplissimo, s'est toutefois défendu de faire de la location à court terme : «Le site est conçu comme cela ; il affiche le prix par nuit, mais nous refusons de louer pour moins de 30 jours.» Quelques heures après la fin de cette conversation téléphonique, le prix de location des appartements de Simplissimo sur Airbnb était affiché sur une base mensuelle.

Du côté de Relo Montréal, un simple appel a suffi pour se faire confirmer qu'il était possible de réserver un appartement pour une fin de semaine. Confronté au téléphone, Arnaud de La Forest, vice-président de Relo Montréal, a fini par donner sa version des faits : «Nous ne louons pas nos appartements pour moins de 30 jours, mais il nous arrive d'en louer durant quelques jours pour le compte de leurs propriétaires, qui les habitent. Dans ces cas-là, il n'y a pas de différence avec ceux qui louent eux-mêmes leur appartement sur Airbnb.»

UNE OFFRE DE PLUS EN PLUS POPULAIRE

Plusieurs sites permettent de louer facilement une chambre ou un appartement pour une courte durée.

www.airbnb.com

www.flipkey.com

www.roomorama.com

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