Comment l'Internet des objets transforme-t-il votre entreprise ?

Publié le 23/12/2014 à 11:43

Des entreprises misent sur l’Internet des objets (Internet of Things) pour changer radicalement leur modèle d’affaires. Une démarche qui commence souvent par un peu d’imagination... et beaucoup de discussions !


« L’Internet des objets (IdO) change la donne en permettant aux entreprises et aux organisations de repenser leur mode de fonctionnement, dit Martin Bélanger, Directeur général des ventes chez TELUS. Les précieux renseignements tirés des  objets connectés peuvent contribuer à automatiser les processus, à hausser la productivité et même à réinventer les entreprises, comme nous n’aurions jamais cru que ce soit possible un jour. »


La dernière innovation de Communauto en est la preuve. En tirant profit de l’IdO, le populaire service d’auto-partage a transformé son concept en y corrigeant deux lacunes, soit l’obligation pour l’abonné de réserver un véhicule et celle de le ramener, après utilisation, à l’endroit où il l’a pris.


C’est ce qui a donné naissance au service de véhicules en libre-service sans réservation Auto-Mobile, lancé en juin 2013 dans l’arrondissement Plateau-Mont-Royal (et étendu depuis à quatre autres arrondissements de Montréal).


Désormais, l’abonné n’a plus qu’à trouver un véhicule disponible à proximité grâce à une application mobile, déverrouiller ses portes avec une carte à puces, l’utiliser puis le laisser n’importe où, à l’intérieur de la zone desservie.


Chaque véhicule est équipé d’un ordinateur de bord qui transmet à un système informatisé, via un réseau cellulaire, des données telles que son emplacement, son état (libre ou en utilisation) et le temps d’utilisation par tel abonné (aux fins de facturation).


Face à la concurrence de services similaires (Car2Go), Communauto se devait de revoir de fond en comble son concept original. C’est ce qu’on appelle un changement transformationnel, une transformation radicale d’un modèle d’affaires. Le genre de virage qui ne se fait certainement pas en criant « ciseau », mais bien au terme d’une planification stratégique approfondie.


Or, si près de la moitié des entreprises canadiennes prévoient implanter des solutions IdO d’ici 2017, selon une étude menée par IDC Canada, un seul projet IdO sur huit sera transformationnel.


« Nous n’en sommes encore qu’aux balbutiements, dit Tony Olvet, vice-président du groupe Recherche chez IDC Canada. La plupart des entreprises canadiennes comprennent l’Internet des objets, mais elles ont besoin de gens pour les aider à imaginer les possibilités. »


Justement, comment l’IdO peut-il devenir un moteur de changement pour votre entreprise  ?


Il faut en parler. Aujourd’hui.


Peu importe son secteur d’activité, toute entreprise aurait intérêt à mettre à l’agenda une série de discussions et de remue-méninges à propos de l’IdO. Quels processus mériteraient d’être automatisés  ? Quelles données mériteraient d’être colligées et analysées  ? Quelle information stratégique l’analyse de ces données pourrait-elle fournir à l’entreprise  ? En quoi cette information pourrait-elle transformer le modèle de l’entreprise  ? Peut-on créer de nouvelles sources de revenus à partir de ces données  ? Quelle application logicielle serait la plus adaptée aux besoins de l’entreprise  ? Avons-nous des employés capables de donner du sens à toutes ces données  ?


« Pensons à une entreprise immobilière qui loue des espaces dans un centre commercial, dit Tony Olvet. Elle peut maintenant installer dans le centre commercial des capteurs qui mesurent le flux des passants, ainsi qu’un système qui analyse ces données pour savoir combien de consommateurs entrent par telle entrée, ou encore à quelle heure l’achalandage est le plus important. » Au lieu d’être simplement locateur, la société immobilière devient alors, pour les boutiques du centre commercial, un fournisseur de données sur les tendances de magasinage…


« Les entreprises québécoises doivent non seulement se demander ce que l’IdO peut faire pour elles aujourd’hui, dit Martin Bélanger, mais également réfléchir aux perturbations et transformations que cette technologie va entraîner dans leur secteur. »


Ce brassage d’idées ne devrait pas non plus se faire en vase clos. Au-delà de la direction générale et des responsables des TI, tous les services de l’entreprise devraient participer aux échanges. « On pourrait aussi mettre à contribution un consultant qui comprend les défis de l’industrie, mais aussi des gens des réseaux sans fil, ajoute Tony Olvet. Parce que tout développement d’une solution IdO commence par un réseau. » Parmi les experts autour de la table, il faudra bien sûr un spécialiste de l’IdO capable de sélectionner les meilleures solutions IdO et de les « lier » entre elles afin de créer une solution intégrée.  Le rapport d’IDC Canada le souligne d’ailleurs : seulement 13 % des entreprises canadiennes ayant implanté une solution IdO ont eu recours à un seul et même fournisseur pour leurs dispositifs, la connectivité, la plateforme logicielle et l’analyse des données.


Multiplier les complices


On ne peut pas imaginer implanter une solution IdO en gérant le projet de façon cloisonnée. Il faut prendre conscience que le projet nécessitera de la collaboration entre les ressources internes et les ressources externes de l’entreprise, et l’accepter. On imagine, notamment, des interactions accrues entre le service d’où le projet IdO émane (les ventes, les ressources humaines, la production) et le service des TI. Les deux groupes devant collaborer étroitement afin d’en arriver à une solution optimale.


Malgré les défis que cela représente, mettre en branle dès aujourd’hui un chantier IdO au sein de votre organisation est un investissement dans l’avenir. « La technologie IdO est à la veille de connaître une formidable croissance au Canada, soutient Martin Bélanger. Les possibilités sont pratiquement illimitées et les premiers adhérents vont jouir d’un net avantage concurrentiel.

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