Internet des objets : des avantages concurrentiels pour les PME

Publié le 22/09/2015 à 08:40

L’Internet des objets ne se limite pas aux multinationales ! Les petites et moyennes entreprises ont tout intérêt à l’adopter. Voici des exemples concrets.


Le gel printanier est le cauchemar des producteurs maraîchers. Quand il menace, les agriculteurs ne ferment pas l’œil de la nuit, trop occupés à mesurer l’avancée de l’ennemi ou à arroser pour sauver la récolte.


Toutefois, les fermiers qui ont fait le saut vers l’Internet des objets (IdO), ce réseau d’appareils qui communiquent entre eux sans intervention humaine, peuvent dormir tranquilles. Grâce à des sondes reliées entre elles et mesurant différentes caractéristiques du sol – tension, humidité, température, etc. – le producteur peut être avisé au moment précis où le mercure chute à un stade qui nécessite un arrosage, qu’il peut d’ailleurs déclencher au moyen de son téléphone intelligent ou de sa tablette.


C’est l’une des nombreuses applications liées à l’agriculture de précision mises en avant par l’entreprise québécoise Hortau, qui a développé un système de gestion des cultures utilisant l’IdO. Non seulement ces plates-formes améliorent la qualité de vie des agriculteurs, mais elles augmentent le rendement et la qualité des récoltes, explique Caroline Letendre, représentante des ventes.


« La gestion de l’irrigation est une application assez élémentaire de l’Internet des objets, mais cela fait une grande différence pour une PME comme une ferme, dit-elle. Au Québec, où l’eau est abondante, les producteurs ont tendance à trop arroser. Ils lessivent donc des quantités importantes de fertilisants. Avec un système comme le nôtre, ils utilisent mieux la ressource et économisent sur les coûts des intrants chimiques. »


Les producteurs de canneberges québécois qui ont adopté cette technologie ont doublé leur rendement au cours des dernières années, ajoute-t-elle. « Pour d’autres cultures telles que la fraise, la pomme de terre ou le maïs, on va chercher de 10 à 15 % de rendement supplémentaire en irriguant avec précision. »


Un plus pour les PME


Réduire les coûts, augmenter les revenus. À la base, tels sont les objectifs de tout projet d’implantation de l’IdO dans une PME, analyse Martin Bélanger, directeur général des ventes chez TELUS.


« C’est un investissement, et non une dépense, dit-il. En fin de compte, soit vous économiserez de l’argent en optimisant vos processus, soit vous augmenterez vos revenus en créant de nouveaux marchés, et parfois les deux.


« La pertinence de l’IdO est donc loin de se restreindre aux grandes entreprises comme les General Electric de ce monde, poursuit-il. Au contraire, les applications destinées aux PME sont généralement peu complexes et relativement faciles à implanter.


« Vous ne faites pas toute votre intégration à l’IdO dès le premier jour. Il faut procéder par petits pas, en connectant progressivement vos équipements et les services de votre entreprise. C’est beaucoup plus facile qu’on ne le pense. »


Systèmes évolutifs


Martin Bélanger donne l’exemple d’une PME qui offre des services de climatisation et de chauffage. Lors d’une première phase de déploiement de l’IdO, son propriétaire pourrait commencer par connecter sa flotte de véhicules, histoire de suivre le cheminement des employés sur la route.


Ultérieurement, les équipements dont l’entreprise a la responsabilité pourraient être branchés au système. L’unité de climatisation de la Place Ville-Marie tombe en panne ? Le problème est signalé en temps réel. Si on veut pousser plus loin, on peut aussi faire en sorte que l’application repère le technicien le plus proche de la Place Ville-Marie et lui envoie tous les renseignements concernant la panne.


« Pour les PME, l’IdO est une technologie adaptable et flexible, que vous ayez sur la route trois véhicules ou 30 », assure-t-il.


Combien ça coûte?


C’est la grande question. Il y a autant de solutions IdO que d’entreprises, et les coûts varient évidemment en fonction de l’ampleur du projet.


Des solutions relativement simples, comme le repérage de matériel ou de véhicules en temps réel et les alertes qui y sont associées, coûtent environ 30 $ par mois, voire moins, dit Martin Bélanger. Pour les projets complexes ou qui en sont à des stades de développement plus avancés, la facture mensuelle peut atteindre 200 ou 300 $.


Bien entendu, vous aurez aussi à investir dans l’équipement et dans l’installation. Pour le reste, nul besoin de vous entourer d’une armée de geeks de l’informatique : lors du déploiement de l’IdO, une séance de quelques heures suffit à former les employés.


Bénéfices nets


Du côté des agriculteurs, le rendement de l’investissement est rapide, indique Caroline Letendre. Les chercheurs de la Chaire de recherche industrielle CRSNG-Hortau en irrigation de précision de l’Université Laval ont ainsi calculé que les producteurs de petits fruits ont rentabilisé le coût de leur équipement en deux à trois mois.


« Nos clients produisent mieux et produisent davantage, dit-elle. En plus, l’analyse des données recueillies leur permet d’éliminer les approximations et de prendre de meilleures décisions. »


Pour une PME, c’est ce qu’on appelle un enjeu crucial.

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