Effenco rend les camions à ordures plus verts

Publié le 25/02/2012 à 00:00, mis à jour le 23/02/2012 à 09:51

Effenco rend les camions à ordures plus verts

Publié le 25/02/2012 à 00:00, mis à jour le 23/02/2012 à 09:51

Par Dominique Froment








Onze des 14 employés d'Effenco sont de jeunes ingénieurs. Et de fait, il y a du génie dans cette PME de Montréal. Elle a conçu un système hybride qui fait économiser plus de 8 000 $ par année en carburant aux camions à ordures.


«Et quelque 7 000 tonnes de gaz à effet de serre en moins chaque année, soit l'équivalent de 1 500 voitures retirées de la route», ajoute Benoit Lacroix, vice-président développement de produits.


Les camions à ordures arrêtent et repartent des centaines de fois par jour. Résultat : leur consommation de carburant atteint 35 000 litres de diesel par année (120 litres aux 100 km), comparativement à entre 2 000 et 3 000 litres pour une voiture particulière. Il en coûte donc de 40 000 $ à 45 000 $ par année pour faire rouler ces monstres.


Un camion à ordures se vend environ 250 000 $. Le système hybride d'Effenco, de Montréal, se détaille 50 000 $, un prix auquel il faut déduire une subvention de 15 000 $ du ministère des Transports du Québec.


Au Québec, sept systèmes hybrides ont été installés ; deux autres sont vendus à Edmonton et un autre, au gaz naturel celui-là, à Los Angeles. Le marché d'Effenco : 200 000 camions en Amérique du Nord.


Réduction de 20 % de la consommation


Le principe de base du système d'Effenco est le même que pour tous les véhicules hybrides, c'est-à-dire qu'il récupère l'énergie au freinage. Cette énergie est emmagasinée dans un accumulateur hydraulique qui remplace la batterie. Elle est ensuite réacheminée pour actionner les systèmes auxiliaires hydrauliques, comme le bras mécanique et le compacteur.


Les systèmes auxiliaires sont responsables de 30 % de la consommation de diesel d'un camion à ordures. En s'y attaquant, le système d'Effenco réussit à réduire de 20 % la consommation totale. Pour Gaudreau Environnement, de Victoriaville, un partenaire financier d'Effenco qui possède 300 camions, il s'agit d'une économie annuelle potentielle de 2,5 millions de dollars.


Au Québec, avec la subvention, l'exploitant peut rembourser le coût du système en trois ans (ailleurs, sans la subvention, cela prendra 4,5 ans). «En plus, le système permet de multiplier la durée de vie des freins par trois, soit une économie supplémentaire de plus de 2 000 $ par année», précise Dany Fouquet.


Le Groupe Environnemental Labrie, un fabricant de camions à ordures de Saint- Nicolas, près de Québec, distribue ce système hybride. Toutefois, Effenco, fondée en 2006, ne cible pas les manufacturiers, mais bien les propriétaires et exploitants de parcs de camions à ordures ; parce que ce sont eux qui réaliseront les économies.


La PME du quartier Griffintown a commencé à prendre contact avec des clients aux États-Unis et lorgne l'Europe et l'Australie.


«Et d'ici deux ans, nous prévoyons adapter le système à d'autres véhicules lourds, comme les bétonnières, les véhicules miniers et forestiers», précise M. Arsenault.

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