Entrepreneurs: et si j’avais su!

Publié le 24/01/2018 à 00:02

Soyez rassurés: vous n’êtes pas seuls. Tout entrepreneur commet son lot d’erreurs. Voici ce que certains d’entre eux avaient à dire sur le sujet.

Ne pas rédiger de plan d’affaires, négliger le développement de la clientèle ou tenter de tout faire par soi-même sont quelques-unes des erreurs classiques que commet généralement l’entrepreneur dans son sinueux parcours. Or, certaines sont plus lourdes de conséquences que d’autres…

Témoignages

Stéphan Viau, président de la Coalition des travailleuses et des travailleurs autonomes du Québec (CTTAQ), constate que plusieurs personnes se lancent sans prévoir un coussin financier adéquat. « À défaut de pouvoir se verser un salaire suffisant durant les premières années d’exploitation de l’entreprise, des dirigeants dilapident leur régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ou doivent refinancer leur propriété pour payer leurs dépenses de consommation courantes », explique-t-il.

Pour Kim Auclair, présidente de Niviti, entreprise spécialisée en création de contenus visant à développer les compétences entrepreneuriales des individus, il n’est pas nécessaire d’accepter toutes les opportunités qui se présentent à vous. « Ne soyez pas distrait par des propositions qui risquent de vous faire dévier de votre plan de match », dit-elle. L’important demeure de garder le cap sur le développement de votre mission d’entreprise. « Pour prendre une bonne décision, je m’efforce de me rappeler pourquoi… je fais ce que je fais! », renchérit-elle.

Son de cloche similaire pour Nathalie Miron, fondatrice d'Alliance Éducation. « Avoir su, j'aurais mis tout mon temps sur un seul projet à la fois! Mettez l’accent sur le développement de votre mission d’entreprise », recommande-t-elle.

Mieux négocier
Kim Auclair souligne également l'importance de discuter chaque entente avec le client potentiel. « Le fait de ne pas négocier est une erreur en soi », me confie-t-elle. Le désir et l’empressement d’obtenir un nouveau contrat sont à blâmer, ici. « Il faut prendre le temps de négocier. C’est un art que l’entrepreneur doit absolument développer », dit-elle.

Stéphan Viau constate d’ailleurs que certains travailleurs autonomes se retrouvent parfois dans une mauvaise position avec un client parce qu’ils ont omis de prévoir une clause particulière dans leur contrat. Le mot d’ordre? Oubliez les économies de bout de chandelle! « Plusieurs entrepreneurs négligent de recourir aux services professionnels d’un comptable, d’un planificateur financier ou d’un avocat », dit-il. Bien que leurs honoraires soient relativement élevés, ces experts vous feront épargner beaucoup plus d'argent sur une longue période de temps. « Des travailleurs autonomes doivent parfois rembourser des dizaines de milliers de dollars au fisc pour des erreurs passées », confirme-t-il.

Dominic Lapointe, président du Groupe DeVimy Inc., n’a pas hésité à délier les cordons de sa bourse pour obtenir l’aide souhaitée. « Une coach professionnelle d’expérience m’appuie pour développer la meilleure pratique d’affaires possible », explique-t-il, en spécifiant que l’opération s’avère « très rentable ».

Bien s’entourer
Un dernier conseil? La parole est à Rodolphe Barrere, co-fondateur de la start-up Potloc. « Choisissez vos associés avec soin: compétences complémentaires, adhésion à la vision, motivation égale et, idéalement, situation financière équivalente. On passe généralement plus de temps avec son associé qu'avec son mari ou sa femme. La réflexion en amont doit être, à peu de choses près, équivalente. Ensuite, vient le contrat de mariage, c’est à dire la rédaction d’une convention entre actionnaires », affirme-t-il.

Quoi qu’il en soit, si l’entreprenariat vous intéresse, sachez qu’un peu d’organisation s’impose! Vous devrez mettre votre chapeau de comptable et jouer de la calculette. Vous devrez retrousser vos manches pour remplir divers formulaires et pour classer adéquatement toute cette paperasse. « J’ai suivi le programme d'accompagnement des particuliers en affaires du Gouvernement du Québec et je comprends désormais que je dois conserver toute pièce justificative, et ce, pour une certaine période de temps », renchérit quant à elle Virginie Gauvin, professeur de yoga à son compte depuis peu.

Mettre les bourdes… en perspective!
Pour William Plamondon, jeune entrepreneur de 20 ans, « chaque erreur est positive en soi dans la mesure où on en retire une leçon ». L’homme, qui est aussi le directeur général de Québec en scène et le fondateur de La Relève en Force inc., en rajoute. « L'important n'est pas d'éviter les erreurs, mais plutôt d'apprendre de celles-ci », dit-il. Bourde ou pas, l’entrepreneur doit apprendre à se relever rapidement d’une mésaventure. Et bien souvent, tout part de… la passion! « Faites ce que vous aimez faire: c’est le point de départ de tout grand succès », conclut-il.

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