Investir: 3 biais comportementaux dont il faut se méfier!

Publié le 25/10/2017 à 00:01

Les investisseurs qui ont du succès ont appris, au fil du temps, à mieux comprendre leur processus décisionnel en matière de placement et à mieux gérer leurs biais comportementaux. Carine Monge, directrice, gestion privée pour le Québec et l'Atlantique chez Placements Mondiaux Sun Life, vous explique quoi faire lorsque… le cerveau vous joue des tours!

Vous êtes confrontés aux manchettes quotidiennes de l’actualité et à une quantité considérable d’informations financières. Ces dernières peuvent parfois manquer d’objectivité, rendant difficile la prise d’une décision éclairée susceptible d’améliorer la rentabilité de votre portefeuille. Pire, les décisions d’investissement peuvent être biaisées par les émotions que vous ressentez et par la présence inconsciente de raisonnements erronés. « Pour réussir en Bourse, il faut évidemment acquérir un certain bagage de connaissances financières: par contre, le plus difficile demeure de contrôler vos biais comportementaux », explique Carine Monge. Que sont-ils? « Ces derniers font référence à la tendance qu'ont les humains de ne pas toujours agir rationnellement, logiquement, et à se forger une opinion erronée », résume-t-elle.

N’est-ce pas d’ailleurs le légendaire Benjamin Graham qui rappelait que le premier ennemi de tout investisseur n’est nul autre que… lui-même? Chose certaine, votre capacité d’identifier et d’outrepasser les faiblesses de l’esprit vous permettront d’investir plus efficacement. Êtes-vous prêts? Coup d’œil sur trois biais comportementaux parmi les plus traités de la littérature financière.

1) L’aversion pour les pertes


Dans le cadre de la recherche qui leur a valu un prix Nobel, les psychologues Daniel Kahnemand et Amos Tversky ont découvert que la douleur causée par une perte est environ deux fois plus intense que le plaisir tiré d’un gain équivalent. Or, Carine Monge rappelle que le désir profond d’éviter les pertes peut entraîner deux conséquences négatives pour les investisseurs. « Ils peuvent rater des occasions de faire croître leur portefeuille et risquent de réagir impulsivement à une perte en posant des gestes contraires à leurs objectifs à long terme », dit-elle. Une décision irrationnelle pourrait être, à titre d’exemple, de sortir totalement du marché des actions.

2) La confiance excessive

Vous croyez détenir une pépite d’or en Bourse? Vous êtes convaincus de votre trouvaille? Attention! L’individu trop confiant aurait tendance à surestimer son habilité à être objectif dans différents contextes, notamment lorsque vient le moment d’investir. Cette confiance aveugle en ses propres moyens l’entraîne souvent à ignorer le danger qui guette pourtant ses actifs. « Une confiance prudente est préférable dans le monde de l’investissement », nuance ainsi Carine Monge.

Par exemple, détenez-vous des actions de la compagnie pour laquelle vous travaillez ? Si oui, est ce que la proportion de ces titres par rapport à l’ensemble de votre portefeuille est trop élevée? « Assurez-vous que cette confiance envers la santé financière de votre employeur ne mette pas en danger vos plans d’épargne », recommande-t-elle.

3) L’ancrage mental


L’investisseur, au moment de prendre une décision d’investissement, a généralement tendance à se rattacher à des points de référence passés au détriment de nouvelles informations possiblement plus pertinentes. Ce biais s’explique par la sélection d’un point d’ancrage lors de l’analyse d’un titre en particulier. L’investisseur peut ainsi avoir tendance à se concentrer uniquement sur un nombre marquant et l’utiliser comme seule valeur de référence au moment de prendre une décision.

Par exemple, si un titre quelconque ne valait que 7$ en mars 2009 et qu’il en vaut aujourd’hui 21$, il n’est pas dit que l’achat immédiat n’en vaudrait pas la peine. Or, celui qui souffre de l’ancrage risque de passer son tour, prenant sa décision en accordant trop d’importance à un seul aspect des choses, soit le fait qu’il aurait pu, par le passé, ne payer que 7$ l’unité.

L’importance de votre conseiller de confiance


Vous comprenez désormais que l’ultime combat que les investisseurs doivent mener est celui qui les oppose à leurs biais de comportement. « La première étape demeure de connaître vos points faibles, de prendre conscience de vos raisonnements erronés et d’agir en conséquence », remarque Carine Monge. Votre conseiller de confiance demeure évidemment la ressource toute désignée pour vous épauler dans ce parcours. Que ce soit en révisant votre profil d’investisseur, en validant votre tolérance au risque de marché ou en proposant des solutions financières adaptées à votre situation, il est le professionnel à consulter dès que le besoin s’en fait sentir!

Des remèdes à vos biais

• Effectuez une révision fréquente de votre portefeuille: pourquoi détenez-vous ce titre?

• Protégez-vous de vous-mêmes: votre raisonnement tient-il la route?

• Faites l’audit de vos performances en faisant les bonnes comparaisons: est-ce que votre portefeuille a eu des rendements supérieurs ou inférieurs à un portefeuille de même risque?

• Rappelez-vous que la Bourse peut s’avérer payante à long terme : il peut être sage de ne pas réagir trop rapidement aux nouvelles !

• Ayez des sources d’informations objectives: ne faites pas l’autruche si votre thèse est réfutée.

• Votre conseiller de confiance est un excellent coach de vos finances personnelles!

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