Guerres commerciales : ne désertez pas la Bourse

Publié le 28/09/2018 à 09:42

Certains risques pèsent particulièrement sur les marchés financiers en ce troisième trimestre de l’année 2018. Coup d’œil sur ce qui pourrait remuer votre portefeuille.


La renégociation des modalités de l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) serait-elle sur le point de se conclure… et d’apaiser les marchés? « Les États-Unis et le Mexique ont annoncé une entente de principe le 27 août dernier sur un nouvel accord de libre-échange au terme d'une période de négociation à laquelle le Canada n'a cependant pas participé », explique Maral Dolmadjian, spécialiste des produits de placement, Placements mondiaux Sun Life. À l’heure de rédiger ces lignes, la ministre des Affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, poursuivait les discussions en vue d'une entente tripartite. « Il y a encore de l’incertitude concernant ces négociations », avertit cependant notre invitée.


Un autre feuilleton tient en haleine les investisseurs mondiaux depuis quelque temps : la dispute qui sévit entre Washington et Pékin. Les deux titans se relancent à coup de tarifs douaniers, l’un accusant l’autre de pratiques commerciales déloyales. Une situation qui risque de nuire à la croissance économique et d’entraîner de la volatilité supplémentaire sur les marchés.


Mais n’y voyez pas un prétexte pour chambouler votre stratégie de placement. Restez concentrés sur les entreprises détenues en portefeuille et ignorez les manchettes de l’actualité. Ces dernières ne devraient pas vous faire dévier de votre plan d’investissement.


Bourse canadienne : ni chaud ni froid


L’équipe de Placements mondiaux Sun Life demeure actuellement plutôt neutre quant aux perspectives du marché boursier canadien. La forte vigueur des prix observée dans le marché immobilier, l’endettement élevé des consommateurs et la hausse possible du taux directeur continuent de faire sourciller. « Ces facteurs de risque sont déjà reflétés dans l’évaluation boursière », nuance Maral Dolmadjian.


Une hausse du prix de l’or noir propulserait dans son sillage la Bourse de Toronto, fortement corrélée aux matières premières. Les prévisions dévoilées par Placements Mondiaux Sun Life font plutôt état du statut quo. « Le baril de pétrole West Texas Intermediate (WTI) pourrait terminer l’année 2018 dans une fourchette de prix se situant entre 60 $US et 70 $US le baril. Il s’échange aux alentours des 69 $US », résume-t-elle.


Est-ce que l’émergence du secteur du cannabis pourrait alors s’avérer le catalyseur attendu pour la Bourse de Toronto? Le secteur en est un à la mode ces temps-ci. Il faut dire que l'industrie canadienne de la marijuana est déjà chèrement valorisée en Bourse, comme en témoigne la progression fulgurante du titre du pionnier Canopy Growth (WEED-T) depuis 12 mois. À ce chapitre, le fait de bien connaître votre profil d’investisseur demeure probablement la meilleure façon d’éviter d’investir dans un secteur que vous ne connaissez peut-être que trop peu.


Les investisseurs ne doivent pas se limiter au marché canadien lorsque vient le moment de placer leurs billes. Les marchés internationaux sont aussi à considérer. « Les entreprises américaines, notamment, ont enregistré de forts bénéfices dans les derniers trimestres et cette tendance pourrait se poursuivre », explique-t-elle.


Les actions américaines ne sont cependant pas le gage d’un enrichissement immédiat. « Des risques demeurent, dont celui de voir les guerres commerciales mentionnées précédemment prendre de l’ampleur, à titre d’exemple. Tout titre boursier peut fluctuer de façon importante sur de courtes périodes de temps. Cependant, des opportunités d’achat se présenteront au fil des jours. Et il demeure important de bien diversifier son portefeuille et d’avoir une vision à long terme pour que l’investissement réalisé mûrisse », conclut-elle.


Turbulences boursières : 4 attitudes à adopter


1) Conservez une saine diversification : Une répartition d’actifs optimale entre actions, obligations, régions géographiques et secteurs d’activités demeure essentielle pour investir avec succès. S’exposer à différents titres individuels limite le risque d’acheter l’action « ABC » à 200 $ pour le revendre sous le seuil des 1 $ si l’histoire tourne mal…


2) Consultez votre conseiller de confiance : Non seulement celui-ci pourra-t-il vous conseiller pour optimiser chaque volet de votre situation financière, mais son accompagnement vous aidera à mettre en perspectives les turbulences boursières que subit votre portefeuille. Par le fait même, une mise à jour de votre profil d’investisseur s’impose-t-elle?


3) Ne faites aucun changement majeur à votre portefeuille : Une fois votre tolérance au risque validée, ayez foi dans les marchés financiers. Révisez les données fondamentales des sociétés détenues en portefeuille et ne vous laissez pas distraire par les manchettes quotidiennes de l’actualité. Vous limiterez ainsi les frais de commissions qui s’appliquent à l’achat ou à la vente d’un titre!


4) N’investissez que l’argent dont vous n’avez pas besoin à court ou moyen terme : L’argent que vous prévoyez utiliser pour rénover votre salle de bain dans 6 mois ou pour défrayer le coût d’une réparation automobile à venir ne devrait pas se retrouver sur les marchés boursiers.

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