X et Y : 11 astuces pour un transfert de richesse en douceur!

Publié le 04/10/2017 à 00:02

Vous êtes de la génération X ou Y ? Entre des parents vieillissants et des enfants, votre situation familiale peut nécessiter un coup d’œil particulier. François Bernier de la Financière Sun Life, vous propose quelques lignes directrices pour faciliter la transmission du patrimoine entre les générations et planifier les dépenses liées à la famille. 


5 pièges à éviter


Se considérer comme une victime : Vous êtes pris « en sandwich »? Vos parents requièrent des soins ou sont en perte d’autonomie? Votre fils aîné a des airs de « Tanguy »? Bien évidemment, ces situations ont probablement un impact important sur vos finances familiales. « Mais essayez de ne pas vous servir du contexte familial pour trouver une excuse aux difficultés financières que vous éprouvez peut-être », dit François Bernier. Quoi faire, donc? Procédez à une analyse approfondie de vos besoins financiers et demandez de l’aide à votre professionnel de confiance. 


Attendre un héritage pour préparer votre retraite : Les retraités jouissent d’une meilleure espérance de vie qu’auparavant, et les coûts associés aux soins de santé pourront gruger une partie de leur capital-retraite. Autre phénomène, certains retraités préfèrent donner des sommes d’argent de leur vivant et ne pas laisser d’héritage. « Que ferez-vous si celle-ci est inexistante ou moindre qu’anticipé? », questionne François. 


Trop attendre avant de pallier à l’inaptitude d’un parent : Tout le monde ne possède pas un mandat en cas d’inaptitude. Or, en l’absence de ce dernier et dans l’éventualité où l’un de vos parents devenait inapte, vous auriez à veiller à l’ouverture d’un régime de protection, rendre des comptes au conseil de tutelle et faire des rapports au Curateur public du Québec. « Simplifiez-vous la vie: discutez avec vos parents de l’importance de ces documents », suggère-t-il. 


Faire l’autruche en matière de planification successorale : Il est essentiel qu’il y ait une certaine communication familiale à ce chapitre. « Informez vos parents — et vice-versa!— de la présence d’un testament (notarié ou pas!), du nom du liquidateur retenu pour votre succession et de toutes autres mesures particulières que vous aurez prises à cet effet. « N’oubliez pas d’informer vos proches de tout contrat de pré-arrangement funéraire que vous aurez au préalable signé », ajoute-t-il. Et, rassurez-vous: vous n’êtes pas tenus de tout dévoiler! « Tout ce qui touche la mort se veut parfois tabou, mais ça ne devrait pas nécessairement l’être », nuance-t-il. 


Tarder avant de planifier le déménagement du parent en résidence : « N’attendez pas qu’un événement fortuit vienne chambouler vos plans », explique François Bernier. Une réflexion s’impose rendu à un âge plus avancé. Que souhaitent vos parents? Quel type de résidence leur conviendrait? « Un accident est si vite arrivé. Une hospitalisation prolongée pourrait les forcer à vendre la résidence familiale en catastrophe, sous la valeur marchande estimée et entraîner un tourbillon d’émotions bien difficiles à gérer », résume-t-il. 


6 conseils à appliquer 


• Profitez des bénéfices financiers associés au Régime enregistré d’épargne-études (REEE). Vos contributions et les généreuses subventions gouvernementales associées gonflent à l’abri de l’impôt! 


Envisagez de souscrire à un contrat d’assurance de soins de longue durée (ASLD). Cette protection fournit une prestation financière hebdomadaire ou mensuelle si vous ne pouvez plus prendre soin de vous-même dans l’éventualité où vous deveniez dépendant d’une autre personne en raison d’un accident, d’une maladie ou de la détérioration de vos facultés mentales. 


Ayez une communication ouverte avec les membres de votre famille : des limites s’imposent parfois. « Vous pourriez, à titre d’exemple, indiquer à votre fils qu’il peut demeurer sous le toit familial jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. Après quoi, il devra voler de ses propres ailes », dit François. 


• Rappelez-vous : tout le monde doit bien faire ses devoirs! Vous n’avez pas de testament ou de mandat en cas d’inaptitude? Vous avez de jeunes enfants? « Corriger le tir dès maintenant », affirme-t-il. Si certaines situations qui vous concernent ne sont pas claires, réglez-les. Votre situation matrimoniale exige l’obtention d’un jugement de divorce? Ne tardez pas! Votre déclaration d’impôt de l’année passée n’est toujours pas complétée? Remédiez à chacun de ces pépins! 


Trouvez un conseiller de confiance et assurez-vous d’être accompagné pas à pas dans vos démarches. Une analyse des besoins financiers s’impose peut-être. Êtes-vous suffisamment assurés? Vos protections d’assurance vie sont-elles suffisantes pour maintenir le niveau de vie actuel de votre conjoint et de vos jeunes enfants, dans l’éventualité de votre décès? La succession héritera-t-elle d’une lourde facture fiscale? 


Assurez-vous d’avoir des liquidités disponibles dans l’éventualité d’un décès de vos parents. Le règlement d’une succession demeure un processus de longue haleine. Des sommes d’argent seront nécessaires pour, éventuellement, faire face aux obligations financières du défunt. De leur vivant, vos parents pourraient prévoir d’investir un certain montant dans des produits de fonds distincts. Le contrat d’assurance greffé à ceux-ci offre notamment des avantages en matière de planification successorale, dont une plus grande facilité de transmission des sommes détenues au décès. « Sous réserve d’avoir désigné un bénéficiaire et sur présentation d’un certificat de décès de décès, les fonds seront versés directement et rapidement à celui-ci, sans passer par la succession », conclut ainsi François Bernier. 


En bref 


➡ La population du Québec vieillit et le nombre d’héritages — et la valeur financière de ceux-ci! — sont en plein essor1. Or, des moyens existent pour assurer un transfert de richesse en douceur, d’une génération à l’autre. Pour les épargnants âgés de 35 à 50 ans, surtout, les défis sont multiples: planifier leur propre retraite, assurer l’éducation de leurs enfants et s’occuper simultanément de leurs parents qui prennent, inéluctablement, de l’âge. Le conseiller, de son côté, devrait saisir l’occasion d’accompagner à l’unisson « toute la famille ». Demandez à votre professionnel de confiance de réunir autour d’une même table les générations concernées pour discuter, planifier et faciliter, éventuellement, le transfert du patrimoine accumulé à la sueur de votre front. 


1 Marc-André Gauthier, « Les transferts interfamiliaux au Québec : héritages et transferts volontaires », Institut de la statistique du Québec (octobre 2015), vol 20 No 1, http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/conditions-vie-societe/bulletins/sociodemo-vol20-no1.pdf

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