Purolator mise sur les véhicules hybrides

Publié le 24/10/2011 à 16:38

Purolator mise sur les véhicules hybrides

Publié le 24/10/2011 à 16:38

Par Ulysse Bergeron

L'entreprise canadienne de livraison, Purolator Inc, détient la plus importante flotte de véhicules hybrides en Amérique du Nord. Plus de 400 véhicules dotés de cette technologie roulent sur les rues des grandes villes canadiennes, dont Montréal, Toronto et Vancouver. En cinq ans, l'entreprise a économisé 645 000 litres de carburant, l'équivalent de l'émission de 2 100 tonnes de gaz à effet de serre. Et ce n’est que le début. Entrevue avec Tom Schmitt, président et chef de la direction chez Purolator.


Pourquoi faire le choix de l'électrification d'une partie de votre flotte?


En oeuvrant dans le secteur du transport, nous émettons des gaz à effet de serre. Nous avons 5 000 camions de livraison et 20 avions. Il est de notre responsabilité sociale de réduire l'impact environnemental de nos activités. Nous ne voulons pas qu'assurer les livraisons, nous voulons le faire de façon durable, et ce, pour l'ensemble du Canada. Pour vous donner une idée, nos véhicules hybrides consomment de 30 à 40% moins d'essence que ceux qui ont un moteur thermique. Ce qui importe, ce n'est pas seulement ce que nous faisons, mais la façon dont nous le faisons. Nous ne sommes pas une industrie mal perçue et nous ne désirons pas le devenir. Donc, nous prenons les devants.


Le virage vers le transport électrique est-il un travail de longue haleine?


Cela fait dix ans que nous nous intéressons sérieusement aux hybrides. Au début, nous ne faisions que des tests afin d'évaluer le potentiel d'implantation, voir comment cela se déroulerait. C'est en 2005 que nous avons réellement commencé à nous tourner vers les véhicules hybrides en faisant l'acquisition de 10 véhicules pour la flotte de Toronto. Ensuite nous avons étendu l'initiative à d'autres grandes villes: Ottawa, Vancouver, Montréal... Six ans plus tard, nous avons 405 hybrides et d'ici la fin de l'année, nous ferons l'acquisition de 200 autres véhicules. D'ici cinq ans, nous espérons que l’ensemble des grandes villes canadiennes puisse être desservi avec des véhicules hybrides.


C’est une responsabilité qui a un coût.


C'est sûr. Le coût de véhicules hybrides est de 3 à 40% plus élevé que des véhicules traditionnels, ce qui représente entre 25 000 $ et 30 000 $ de plus pour chaque véhicule. Toutefois, au fil du temps, en raison de la consommation d'essence et des coûts d'entretien, nous pouvons les rentabiliser. Si nous ne comptons pas l'aide financière des gouvernements, aussi bien provincial que fédéral, cela peut nous prendre entre cinq et sept ans pour pallier la différence de prix.


Au Québec, le coût d'électricité est moins cher qu'ailleurs en Amérique du Nord. Est-ce un avantage ?


Certainement. Mais ce qui fait une différence, je crois, c'est surtout la mentalité de la population canadienne. Je suis demeuré aux États-Unis au cours des deux dernières décennies et je peux vous dire que la réceptivité des Canadiens à l'égard de ce type d'initiative est plus grande que ce qu'elle est aux États-Unis. Voilà le principal moteur de ce type de changement, selon moi.


Faire rouler une flotte hybride demande certaines adaptations. Lesquelles ?


Tout dépend de l'utilisation que nous faisons des véhicules. Pour notre part, jusqu'à présent, les véhicules hybrides sont surtout utilisés dans les grands centres où le nombre de kilomètres parcourus varie quotidiennement entre 80 et 100 kilomètres. Pour l'instant, il est plus difficile de penser parcourir la distance entre Vancouver et Montréal de cette façon.

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