Des MBA plus technos et virtuels

Publié le 15/09/2012 à 00:00, mis à jour le 21/09/2012 à 09:27

Des MBA plus technos et virtuels

Publié le 15/09/2012 à 00:00, mis à jour le 21/09/2012 à 09:27

Pour garder sa valeur, le MBA doit subir « une révolution » à l'image de celle du Web 2.0. À quoi ressemblera donc le MBA de demain ?


Le premier défi à relever, c'est celui des nouvelles technologies, une tâche ardue. « C'est comme demander à des éléphants de se retourner à la vitesse d'une souris », illustre Jean Roy, directeur des programmes MBA de l'Université de Sherbrooke.


« L'évolution est très rapide et se maintenir à jour coûte cher, ajoute Jean-Sébastien Lamoureux, président de l'Association des MBA du Québec. Il y a trois ans, les médias sociaux n'étaient pas encore enseignés au MBA. C'est un combat de tous les instants. »


Pour le moment, les nouvelles technologies ont surtout fait leur apparition dans les méthodes pédagogiques. Le phénomène se limite la plupart du temps à offrir des MBA en cyberapprentissage ou en formule hybride. Certains cours sont dispensés par visioconférence ou déposés sur un site Internet accessible aux étudiants inscrits, qui peuvent ensuite faire des commentaires, converser ou poser des questions en ligne.


« Les nouvelles technologies sont déjà bien intégrées dans les programmes, assure Don Melville. Toutefois, on n'a pas encore rejoint le MIT ou Harvard, qui mettent leurs cours sur iTunes et YouTube. On poursuit notre réflexion pour aller vers cela. »


Classes virtuelles


« À l'avenir, il faut se demander si l'étudiant doit rester en classe », signale Michael Wybo, directeur du programme HEC Montréal. Le professeur pourrait-il être amené à superviser un projet de loin, afin que les étudiants fassent plus d'expériences à l'extérieur de la classe ? On pourrait imaginer, par exemple, qu'ils fassent équipe avec des étudiants en Asie et en Afrique.


L'Université Laval y croit. Elle se veut la championne du Québec du « freestyle learning » ou « diversité des modes d'apprentissage ». Elle propose ainsi de nombreux programmes en ligne, comme le MBA Affaires électroniques ou hybrides, où la moitié des cours a lieu en classe et l'autre sur Internet.


« Nous développons sans cesse de nouveaux outils pédagogiques : conférences web, simulations interactives, rédaction collaborative, réseaux sociaux », dit André Gascon, ex-vice-doyen à la formation.


Mais cette évolution demandera du temps, car toutes les universités ne sont pas prêtes à sauter le pas. Si certains conçoivent déjà des classes virtuelles avec un professeur à Montréal et des milliers d'élèves disséminés dans le monde, Robert Desmarteau, directeur du MBA pour cadres de l'ESG UQAM, rappelle l'importance du « présentiel ». Il est convaincu que le rapport humain permettra toujours une meilleure compréhension de la matière.


Un MBA plus intégré


Autre enjeu, l'intégration des contenus des programmes. « Souvent, les étudiants voient, dans un premier temps, les aspects marketing, ensuite, financiers, puis ceux de la communication et ainsi de suite. Mais, pour ceux qui occupent un poste de décideur, ces problèmes se présentent comme un tout », dit Michael Wybo.


Cette problématique a été traitée ponctuellement par certaines universités. McGill a contourné la difficulté en faisant intervenir autour d'un sujet des professeurs de plusieurs disciplines dans un même cours. À la dernière session, l'UdS a soumis à ses étudiants des cas d'entreprises réelles qu'ils doivent analyser sous tous les angles. Enfin, dans le programme pour cadres de l'ESG UQAM, on propose aux étudiants des « projets d'intégration » à partir de cas d'entreprises.


Il faudrait toutefois que l'ensemble du programme soit revu dans ce sens. « La dernière modernisation du MBA est intervenue il y a cinq ans à McGill et elle allait dans le sens d'une meilleure intégration des problèmes », constate Don Melville, directeur des maîtrises et des MBAde l'Université McGill.


Multiculturalisme


Préparer les futurs décideurs à gérer la diversité est une autre préoccupation de ceux qui dessinent les programmes de MBA de demain. « Il faut que le diplômé soit outillé pour s'adapter au contexte multiculturel et multiethnique du monde actuel, notamment au Québec », dit Jean Roy, de l'UdeS.


En effet, selon l'origine des travailleurs, des clients ou des entreprises partenaires, « les valeurs et les codes de communication changent ». Un décideur doit être capable de composer avec ces différences pour bien gérer le personnel de l'entreprise, mais aussi pour conquérir des marchés.


Nouvelle occasion


Nouvelles technologies, désintégration, multiculturalisme... Les défis sont grands. Et l'enjeu est de taille. Car s'il n'évolue pas, le MBA pourrait perdre de sa valeur. « Certains considèrent que le marchédes MBA est saturé, ce qui a mené notamment à la spécialisation. Mais si le MBA sait se réadapter, le marché se revitalisera », estime Robert Desmarteau.


Des pistes ? On n'a jamais compté dans les classes de MBA autant de diplômés issus d'autres disciplines parfois très éloignées du monde des affaires, comme les mathématiques, la physique, l'anthropologie et la musique ! Une nouvelle occasion. Et de nouvelles exigences.


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