Plus scolarisées, moins avancées.

Publié le 04/07/2013 à 00:43, mis à jour le 04/07/2013 à 11:08

Plus scolarisées, moins avancées.

Publié le 04/07/2013 à 00:43, mis à jour le 04/07/2013 à 11:08

Source: www.leglobe.ca

Cela fait déjà une semaine que l’on apprenait que le niveau de scolarité des femmes a dépassé celui des hommes au Canada. Une information qui n’est pas une surprise, car cela fait déjà 7 ans que dans la province, 51,6 % des Québécois âgés de 25 à 64 ans possédant un diplôme universitaire étaient des femmes. (Données du recensement de 2006.)


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Alors direz-vous que cette féminisation universitaire équivaut à l’avancement des femmes ? Rien n’est moins sûr. Si les filles restent à l’école plus longtemps que les garçons, qu’elles sont plus nombreuses à poursuivre des études postsecondaires, une fois sur le marché du travail, la réalité est toute autre. Ne vous méprenez pas ; les femmes décrochent bien des emplois au sortir de l’université, mais de moindre importance que ceux décrochés par nos confrères masculins, à compétences et études égales : les salaire et poste proposés aux femmes sont, la plupart du temps, de niveau inférieur à ceux proposés aux hommes. À titre d'exemple, en 2012, les femmes gagnaient en moyenne 71% du salaire des hommes...


Mais revenons aux chiffres de l'Enquête nationale auprès des ménages (ENM), (nouvelle forme du recensement que nous avons jadis connu). Il semble que pour la toute première fois au pays, plus de femmes ont en poche un diplôme d'études postsecondaires que d'hommes. En effet, 64,8 % des Canadiennes entre 25 et 64 ans ont complété des études de niveau postsecondaire, comparé à 63,4 % des hommes.


Et pourtant, le pays et la province font mauvaise figure quand il s’agit d’avancement professionnel et de représentation des femmes au sein de postes supérieurs. La raison ? Selon moi, elle est multiple, mais de manière plus précise, elle a deux origines. Les structures organisationnelles et les femmes elles-mêmes. Le 1er élément est sans équivoque : ce fameux plafond de verre auquel seraient confrontées les femmes dans le milieu corporatif est une réalité pour plusieurs et dans beaucoup de secteurs ; plus encore, là où le bat blesse c’est quand les préjugés (ou autre éléments de discrimination) s’en mêlent dès le départ et que les possibilités d’avancement sont d’emblée difficiles voire impossibles pour les femmes. Mais si on croit cette récente étude européenne sur "L'impact du genre sur les traits de personnalité des leaders et les effets sur leur style de leadership", il n’y aurait pas de différence entre majeure entre les dirigeants hommes et femmes. « Leurs traits de personnalité et leur style de leadership sont les mêmes : le sexe n'est pas une variable pertinente ». Donc pas besoin d’avoir « peur » des femmes gestionnaires. Voilà, c’est dit.


Par ailleurs, on ne peut sous-estimer le 2ième élément car beaucoup de femmes pêchent par manque d’ambition professionnelle, ce qui limite les possibilités et opportunités d’avancement. D’ailleurs, un article du magazine Maclean’s (sorti le 8 mas dernier, comme par hasard) me fait sourire en faisant état de femmes du monde des affaires exhortant leurs collègues féminines à cesser de rejeter la faute sur le plafond de verre, ou encore les enfants : ce sont les femmes elles-mêmes qui s’excluent du cercle de leadership, en étant préoccupées dès le départ par un équilibre difficile entre le travail et la famille, et l’obligation de faire le choix entre les deux, le moment venu. De ce fait, les femmes « abandonnent » vite les efforts et se contentent de postes peu exigeants et surtout, en deçà de leurs compétences. Pas facile à avaler, ce morceau !


Selon vous, pourquoi les femmes continuent d'œuvrer dans les champs d'activité qui leur étaient « traditionnellement réservés », tel qu’indiqué dans l’ENM ?


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Déborah Cherenfant est éditrice du blogue Mots d'Elles, sur les portraits et actualités des femmes dans le milieu des affaires.

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Déborah Cherenfant

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