Desjardins: sale époque pour les abeilles

Publié le 16/03/2018 à 07:00

Desjardins: sale époque pour les abeilles

Publié le 16/03/2018 à 07:00

Grosse nouvelle, on apprend que Desjardins change son logo. Comme moi, bien des gens ont été stupéfaits par la disparition de l'abeille, non pas tant par la vide qu'elle laisse derrière elle que par le fait que durant toutes ces années, ils n'ont jamais reconnu une abeille.


Il faut dire qu'elle date de l'époque des Oraliens, des Chiboukis et des Onyx. L'imagination était fertile dans ce temps-là et les équivoques, nombreux. Cela malgré la faible teneur en THC de la marijuana des années 1970.


Il était temps. On ne regrettera pas l'ancien logo, devenu folklorique. Je ne suis pas un spécialiste, mais la nouvelle signature me semble très jolie et moderne. Tout de même, quelle coïncidence alors que disparaissent aussi des campagnes les vraies abeilles.


Ainsi que les succursales et les guichets automatiques de Desjardins.


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La petite couverte du RRQ


Après la publication de ma dernière chronique sur l'assurance invalidité, dans laquelle je flirtais avec l'idée d'une protection universelle, un lecteur a relevé une omission de ma part. Comment avais-je pu oublier que le Régime de rentes du Québec (RRQ) pouvait verser une rente à ses cotisants invalides ?


C'est vrai ça, comment avais-je pu manquer ça ? De tous les gens à qui j'ai parlé pour cette chronique, personne ne m'en avait fait mention. Vous ne pouvez pas savoir le malaise que j'ai ressenti. Me présenter ici tout penaud pour vous dire «au fait, j'ai oublié ce "petit" détail….», qu'est-ce que je m'en veux.


J'ai compris pourquoi personne ne l'a évoqué. La protection du RRQ est à l'assurance invalidité ce que la voiturette de golf est à l'automobile électrique. Le cart a quatre roues et fonctionne à l'électricité, mais pour se rendre à Québec, je ne suis sûr qu'il nous mène aussi bien qu'en Telsa.


Pour être éligible à une prestation du RRQ, il faut être particulièrement handicapé. Et la rente n'est pas très élevée. Je me demande si elle couvre seulement les coûts supplémentaires engendrés par la nouvelle condition de son bénéficiaire.


Le RRQ est un régime de retraite public, la protection qu'elle offre en cas d'invalidité est minime. Pour y avoir droit, il faut démontrer que l'invalidité est «grave» et «permanente». «Nous ne considérons pas votre invalidité comme grave si vous pouvez faire un travail qui tient compte de vos limitations et qui vous rapporte plus de 16 029 $ en 2018», peut-on lire dans les documents d'information du RRQ. En d'autres mots, si votre condition vous permet d'occuper un emploi, peu importe lequel, vous n'avez pas droit aux indemnités du RRQ.


C'est le type de définition qu'on trouve dans les contrats d'assurances bas de gamme, mais le RRQ se montre plus restrictif encore en introduisant une notion de «permanence». «Une invalidité grave est permanente si elle doit durer indéfiniment, sans aucune amélioration possible.»


Vous comprendrez alors que pour satisfaire cette définition, il faut être vraiment mal en point. La très grande majorité des invalidités n'y correspondent pas. Si par malheur vous vous qualifiez (on vous imagine quadraplégique, atteint d'une maladie dégénérative fulgurente, schizophrène ou plongé dans un état végétatif chronique), vous aurez droit à 485 dollars par mois, plus un montant qui variera en fonction des revenus de travail inscrits à votre nom au RRQ. Au total, la rente maximale s'élève à 1335 dollars (en 2018) par mois, soit un peu plus de 16 000 dollars par année. Imposable.


C'est mieux que l'aide sociale, mais bon…


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De l'épargne qui fructifie


Un collègue a reçu une lettre de la banque virtuelle Tangerine où il détient un compte inactif depuis neuf ans. On lui apprend que, conformément à la loi, on fermera son compte pour en transférer le contenu à la Banque du Canada à «titre de solde non réclamé». C'est le sort qui attend un compte délaissé depuis 10 ans. Frais de l'opération : 40 dollars.


Le plus amusant dans cette lettre reste encore tout l'enrobage marketing-ting-ting un peu trop sucré dont seule Tangerine a le secret. La lettre commence ainsi :


Merci de faire partie des plus de 2 millions de Canadiens ayant accumulé ensemble plus de 7 milliards de dollars en intérêt chez nous depuis que nous avons ouvert nos portes en 1997 ! Même si aucune activité n'a été détecté dans votre compte au cours des 9 dernières années, votre épargne continue de fructifier chaque jour, sans exception.


Plus bas, on indique le numéro de compte et le solde : 2,56 $.


Attention, l'impôt s'en vient!


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À propos de ce blogue

Les finances personnelles, ça consiste à gérer son argent au jour le jour en fonction d’objectifs plus ou moins éloignés. En regardant du bon angle, on constate qu’il s’agit d’un instrument pour réaliser ses ambitions et ses rêves. C’est avec humanité et une pointe d’humour que Daniel Germain compte aborder les finances personnelles dans ce blogue, dont l’objectif est de vous informer et de vous faire réagir. Daniel Germain assume la direction du magazine de finances personnelles Les Affaires Plus depuis 2002 et a développé de vastes connaissances sur le sujet.

Daniel Germain