Mooney: REER: s'appauvrir lentement ou s'enrichir lentement

Publié le 07/02/2013 à 10:06, mis à jour le 07/02/2013 à 12:00

Mooney: REER: s'appauvrir lentement ou s'enrichir lentement

Publié le 07/02/2013 à 10:06, mis à jour le 07/02/2013 à 12:00

BLOGUE. C’est la saison REER. Pour plusieurs épargnants, décider où ira leur contribution annuelle est un calvaire.


Je les comprends. La majorité des gens n’ont aucun intérêt pour le placement. Ils savent bien qu’ils ont tout à gagner à s’occuper de leurs affaires. Toutefois, quand vient le temps de décider s’ils doivent investir en Bourse ou dans les certificats de dépôt, ils préfèreraient un traitement de canal!


D’autant plus que l’expérience récente et pas si récente a laissé des cicatrices. L’épargnant qui a accepté de quitter la sécurité réconfortante du CPG pour s’aventurer dans les actions, souvent conseillé par une personne d’une institution financière qui n’avait pas beaucoup plus d’expérience que lui, l’a amèrement regretté.


En 2013, et cela est vrai depuis quelques années déjà, sa mission première est de ne pas prendre de risque. Encore là, vous et moi, nous le comprenons. Ce qui est moins bien compris, beaucoup moins en fait, c’est que la réalité humaine fait en sorte qu’il est impossible de ne pas prendre de risque.


Le risque est partout, sous des formes et des dimensions différentes. L’investisseur boursier risque de perdre du capital et pour compenser cela, il vise des rendements plus élevés. La personne qui dépense tout ce qu’elle gagne, sans épargner un sou, risque de manquer d’argent lors du prochain imprévu, que la vie lui servira aussi certainement qu’après la pluie vient le soleil.


L’épargnant qui met tout son capital dans les CPG risque de manquer d’argent à la retraite ou pour réaliser un de ses rêves. L’épargnant court un autre risque qu’il partage avec le retraité. C’est le risque associé à la réduction systématique de son pouvoir d’achat.


Vous verrez bien souvent des gens s’époumoner à dire que la Bourse c’est risqué, avant de se plaindre, en changeant de sujet, que le coût de la vie ne cesse d’augmenter année après année.


L’inflation est un ennemi pernicieux. On croit qu’à 2-3%, il n’est pas à craindre tant que ça. C’est une grave erreur, croyez-moi.


Pour les 20 ans terminés en 2012, selon la Banque du Canada, le taux d’inflation annuel a été de 1,8% en moyenne. Cela semble peu, mais cela signifie que ce qui coûtait 100$ en 1992 coûtait 143$ l’an dernier.


Je vous dirais que pour les prochaines années, si vous voulez planifier de façon conservatrice, vous devriez le faire en utilisant un taux d’inflation de 3% par année. Ce 3% signifie qu’un panier de biens coûtant 100$ aujourd’hui coûtera plus de 181$ en 2033.


S'enrichir lentement


Si votre capital ne s’apprécie pas, cette inflation signifie une érosion systématique de votre pouvoir d’achat. J’appelle cela s’appauvrir lentement, mais sûrement.


À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney
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