Femmes leaders : Osez, foncez, et surtout, surpassez vos peurs

Publié le 24/05/2018 à 11:36

Femmes leaders : Osez, foncez, et surtout, surpassez vos peurs

Publié le 24/05/2018 à 11:36

« Peu importe l’endroit où vous vous trouvez, la vie est un jeu d’échecs. Vous pouvez refuser de bouger vos pions. C’est votre choix. Mais si vous ne bougez pas, vous n’obtiendrez rien non plus en retour. » 


Ce conseil provenant de Manon Brouillette, présidente et chef de la direction chez Vidéotron figure au nombre des riches recommandations dont ont profité les participantes de le 8e édition de la conférence Femmes Leaders, présentée par les Événements Les Affaires, le 16 mai dernier, à Montréal.


Mme Brouillette a confié aimer provoquer le changement et mordre dans les opportunités qui se présentent à elle. N’allez d’ailleurs surtout pas lui parler du syndrome de l’imposteur. « Les femmes ont tendance à être trop perfectionnistes. Ce qui n’est pas mon cas. J’ai cette grande chance de ne pas avoir peur de l’échec. Ce qui m’enlève une large pression sur les épaules et de ne pas avoir peur de prendre la place que je souhaite prendre », a-t-elle partagé.


Elle cite en exemple son embauche chez Videotron en 2004. « Quand j’ai accepté le poste de vice-présidente marketing, j’ai également hérité des fonctions de vice-présidence en développement de produits. Un domaine au sein duquel je me retrouvais carrément hors de ma zone confort. Je n’ai pourtant pas hésité à accepter. Après tout, je venais de traverser un processus d’embauche de cinq entrevues. S’il y avait eu quelque chose qui clochait, la direction l’aurait vu », a-t-elle souligné.


Revendiquez le droit à l’erreur


« Osez, c’est aussi d’avoir droit à l’erreur », a insisté Annick Guérard, devenue chef de l’exploitation du groupe Transat en novembre dernier. Mme Guérard, qui a été désignée comme la dauphine du fondateur Jean-Marc Eustache, a justement partagé l’un de ses impairs qu’elle a commis il y a quatre ans.


« Bouleversée par les changements au sein de notre industrie, l’entreprise a dû réduire le personnel de ses équipes dans tous les départements. Ces coupes ont beaucoup affecté notre service à la clientèle. Un service dont il a fallu rebâtir la crédibilité auprès des clients. Avec le recul, j’aurais dû davantage consulter mes équipes, leur demander conseil. J’aurais dû mieux expliquer les objectifs de la démarche. Au lieu de tout ça, tout le monde a exécuté mes directives sans me contredire », a-t-elle raconté.


De cette erreur, elle en a tiré trois conclusions. La première, le changement implique une vision claire exprimée aux équipes. « Il faut leur présenter un plan détaillé pour susciter leurs commentaires, leurs avis sur la faisabilité d’exécution. »


Il faut aussi bien s’entourer. « Une entreprise, c’est comme tout sport d’équipe. Ça prend divers talents. Et ce n’est pas d’aller chercher des gens qui pensent et qui font comme vous. Il faut diversifier vos alliés. Il vous faut des femmes, des hommes, mais aussi des gens qui proviennent de cultures, de religions, de formations, et de contrées géographiques différentes. »


Et la 3e ? Il faut prendre des risques pour avancer. Ce qui implique d’avoir le droit à l’erreur. Mais attention, a-t-elle averti, il ne faut pas recommencer la même erreur deux fois.


Formations Femmes Leaders


Foncez… et sponsorisez


 « Les femmes se posent trop de questions. On a une tendance à vouloir trop analyser », a pour sa part signalé Carine Michel, associée et leader pour la pratique de consultation du Québec chez Deloitte.  « Il faut saisir les chances et les opportunités qui se présentent à nous. Et si ces opportunités nous sortent de nos zones conforts, tant mieux. C’est plus que bon signe », a-t-elle poursuivi.


« Cependant, a-t-elle insisté, il est important que les femmes leaders se sponsorisent entre elles, qu’elles s’entraident, qu’elles partagent leurs bons et mauvais coups ». L’entreprise Deloitte multiplie justement les activités de sponsorisation pour favoriser le développement du leadership féminin au sein de la relève. L’entreprise, a-t-elle dit, organise régulièrement des événements tels des lunchs d’apprentissage où les participantes sont invitées à discuter des compétences professionnelles et sociales nécessaires pour réussir en affaires.


Depuis une quinzaine d’années, l’entreprise met également de l’avant un « Deloitte au féminin ». Au début, cette activité annuelle n'était réservée qu’aux employées de l’entreprise. Aujourd’hui, des femmes de tout secteur sont invitées à participer à cet événement coloré. Le tout dernier, présenté en avril dernier, s’est déroulé dans le cadre d’une séance de magasinage Michael Kors arrosé de champagne qui a suscité une foule de discussions enrichissantes, a dévoilé Mme Michel. 


Enfin, a insisté la conférencière, c’est un des meilleurs moments de l’histoire pour faire valoir le leadership féminin. « L’ex-première dame des États-Unis, Michelle Obama, qui était de passage à Montréal, en février dernier, partage d’ailleurs cet avis.  Les derniers bastions réservés aux hommes, a ajouté Carine Michel, sont en voie de disparaître. « La preuve, les Saoudiennes auront maintenant le droit de conduire.  Le monde est en train de changer et nous sommes-là pour participer à ces changements. »


 


À propos de ce blogue

En coulisses est le blogue des Événements Les Affaires. Nous vous proposons un accès privilégié aux meilleures pratiques de la communauté d’affaires québécoises qui sont partagées lors de nos conférences. Chaque semaine, nous discutons avec certains des gestionnaires qui ont accepté d’être conférenciers à nos événements, afin de vous présenter des idées concrètes pour vous aider dans votre réflexion et répondre à vos préoccupations d'affaires.

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