L'incroyable histoire de Mohawk Industries

Offert par Les Affaires


Édition du 14 Mars 2015

L'incroyable histoire de Mohawk Industries

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Édition du 14 Mars 2015

Photo: Shutterstock

L'histoire du fabricant de recouvrement de planchers Mohawk Industries (NY, MHK, 186,22 $ US) est incroyable et mérite d'être étudiée de près.


Cette affaire commence lorsque j'ai acheté 300 actions à l'automne de 2006, à environ 75 $ US l'action. Quelques semaines plus tard, le titre avait bondi de plus de 25 %, et je me pensais tellement brillant... Sauf que je n'étais pas conscient du fait que Mohawk se trouvait pratiquement au sommet d'un cycle «parfait» et au bord d'une douloureuse et longue dépression.


En 2006, Mohawk Industries a réalisé un chiffre d'affaires de 7,9 milliards de dollars américains, son sommet historique. Trois ans plus tard, ses revenus avaient fondu à 5,3 G$ US, une dégringolade de 33 %.


Fabriquer des tapis, des moquettes et des tuiles comme le fait la société de Calhoun, en Géorgie, nécessite des investissements importants. Ce sont aussi des activités pour lesquelles les marges bénéficiaires brutes sont minces, inférieures à 30 %.


Cela signifie que la rentabilité peut exploser si les revenus surpassent un certain niveau, mais qu'elle peut aussi disparaître lorsque le chiffre d'affaires recule un peu.


Opération survie


Autrement dit, tenter de maintenir sa rentabilité lorsque les revenus fondent de 30 % tient du miracle. C'est ce qu'a cherché à réaliser Jeffrey Lorberbaum, le président et chef de la direction de Mohawk, et il a réussi, car sur la base de ses fonds autogénérés, l'entreprise n'a jamais été déficitaire pendant la crise.


Pour y parvenir, M. Lorberbaum a réduit massivement ses dépenses générales, diminué le nombre d'employés et éliminé des centres de distribution et des usines pour une superficie totale de quatre millions de pieds carrés.


«La transition vers une structure de coût plus basse permettra à Mohawk d'émerger dans une position plus forte lorsque l'économie s'améliorera», écrivait M. Lorberbaum dans son rapport annuel de 2009.


Il fallait la foi pour y croire. D'un sommet de 108 $ US en 2007, le titre en Bourse n'a fait que dégringoler par la suite. Au pire, au début de 2009, il se négociait à 17 $ US, une baisse de 84 % par rapport à son sommet deux ans auparavant. Je me retrouvais avec une perte de 77 %, mais je ne comptais plus.


En effet, j'avais un placement dans une société cyclique, dans un secteur en pleine implosion, qui luttait pour sa survie.


À propos de ce blogue

Chroniqueur au Journal Les Affaires, Bernard Mooney traite de la Bourse sous toutes ses facettes en s’adressant particulièrement aux investisseurs à long terme. Il est connu pour une vision misant sur le gros bon sens.

Bernard Mooney

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