Comment ces 60 technos québécoises comptent faciliter la réussite scolaire

Publié le 11/09/2018 à 10:40

Comment ces 60 technos québécoises comptent faciliter la réussite scolaire

Publié le 11/09/2018 à 10:40

Maintenant que la saison de Fortnite doit laisser place à celle des travaux scolaires, il est temps de se demander s’il n’existe pas un univers numérique qui faciliterait la transition entre les deux environnements, pour les étudiants qui retournent en classe. Apple, Google et Microsoft veulent vous vendre des appareils à tout prix et mettent la pression, mais au-delà des géants de la techno, d’autres développeurs ont plus à cœur la réussite des étudiants et créent les outils pour les aider en ce sens.


«Ce qu’on a constaté, c’est que plusieurs étudiants manquent d’organisation», commence Renaud Boisjoly, fondateur d’Intuitic, une PME montréalaise qui a développé l’agenda scolaire numérique Studyo. «De plus en plus d’enseignants publient de l’information sur des plateformes en ligne ou des blogues et les élèves sont de moins en moins connectés à ces contenus. En créant l’agenda numérique Studyo, on a voulu combler ce manque.»


Intuitic fait partie de l’Association des entreprises pour le développement des technologies éducatives au Québec (Edteq), croit fermement dans les avantages du numériques dans le système d’éducation. Plutôt qu’un outil de remplacement, ça propose un complément qui peut faire l’affaire tant des jeunes que des parents.


«On laisse beaucoup de contrôle à l’élève, et ça marche. Selon nos études, 86% des jeunes dans les écoles qui utilisent un agenda numérique comme Studyo se sentent mieux organisés. À l’inverse, la moyenne dans les écoles québécoises a chuté de 70 à 38 pourcent seulement.»


Du côté des parents, l’agenda numérique envoie des relevés hebdomadaires permettant de superviser l’avancement des devoirs, des leçons et d’autres travaux, sans avoir à se tenir littéralement au-dessus de l’épaule de l’élève.


«L’adoption des technologies dans l’éducation s’est accélérée ces derniers temps, mais si ce n’est pas simple, ni même naturel. Les enseignants s’adaptent, mais le rôle de l’élève doit changer. La technologie est encore perçue comme un outil de bureautique à l’école, mais c’est beaucoup plus que ça.»


Un bon exemple est l’utilisation du tableau interactif présent dans plusieurs classes du Québec, qui n’est souvent utilisé que comme simple projecteur, alors qu’il s’avère plus polyvalent que ça.


Le Québec, meneur des technos à l’école


Le Québec, mine de rien, est un des leaders dans le monde en termes d’intégration des technologies à l’école, assure M. Boisjoly. Les tableaux interactifs sont peut-être la pointe exposée de cet iceberg d’appareils informatiques et d’interfaces numériques.


Dans le secteur public, on entend surtout parler des ratés, qui marquent davantage l’imaginaire. Le coût des licences des produits de multinationales comme Microsoft sont un exemple récurent. L’Association Edteq a donc été créée par une soixantaine de sociétés d’ici afin de faire comprendre au ministère de l’Éducation, aux fonctionnaires et à d’autres encore que les produits développés ici valaient le détour.


Pour Intuitic, ça commence à rapporter. Après une période d’incubation plus difficile, son application Studyo est aujourd’hui utilisée dans plusieurs établissements dans la province, et jusqu’aux États-Unis. L’application est notamment présente au sein d’une des plus grosses écoles catholiques aux États-Unis.


«L’école doit être équipée pour appuyer les enseignants et les élèves en termes de soutien et de formation. La technologie, c’est comme une piscine : quand on apprend à nager, on ne commence pas par la section la plus profonde», illustre M. Boisjoly, qui constate, comme plusieurs d’entre nous, qu’il est de plus en plus difficile de prendre des notes manuscrites.


«Juste faire un chèque, c’est difficile», blague-t-il…


Élections et éducation


Alors que tout le monde tire la couverte chacun de son côté durant la campagne électorale en cours, on entend surtout des promesses générales et chiffrées : des sommes allouées à rénover les bâtiments, l’aide au décrochage, etc. Dans ce contexte, on considère souvent que la technologie est un dossier à part, à traiter séparément des autres, alors qu’il fait partie de chacune de ces facettes de l’éducation.


Rénover une école est une occasion pour l’équiper d’un réseau informatique, par exemple. Numériser certains manuels scolaires évite aux parents d’avoir à assumer les fameux frais accessoires exigés en surprime ces dernières années et qui sont appelés à disparaître, promet-on.


Il suffit de considérer la chose dans son ensemble, conclut Renaud Boisjoly. «Je crois beaucoup dans le rôle du numérique en éducation. Je souhaite qu’on aille plus loin que ce qu’on fait présentement. Je suis sûr qu’il y a moyen de le faire sans que ça coûte plus cher (que ce que ça coûte en ce moment). C’est d’ailleurs pour ça qu’on a créé l’Association Edteq, qui se veut un regroupement mettant l’emphase sur la collaboration au-delà de la compétition.»


Visionnez l’entrevue de Renaud Boisjoly, cofondateur d’Intuitic (Studyo), lors de son passage à Une Tasse de Tech, ici :




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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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