«Vivendi est avant tout un concurrent pour Ubisoft»

Publié le 11/09/2017 à 14:04

«Vivendi est avant tout un concurrent pour Ubisoft»

Publié le 11/09/2017 à 14:04

 Yves Guillemot le PDG d'Ubisoft, appelle Vivendi, premier actionnaire (27%) de l'éditeur de jeu vidéo avec qui il est en désaccord, à «se comporter en actionnaire responsable», dans un entretien avec Les Échos publié lundi.


Il demande au groupe dirigé par Vincent Bolloré de ne pas entraver le développement du groupe en bloquant des résolutions soumises lors de l'assemblée générale d'Ubisoft prévue le 22 septembre, notamment celles concernant des plans de rémunération destinés aux talents du groupe.


«Ubisoft n'est pas un jouet, mais une équipe olympique. Quand les collaborateurs se dépassent pour faire les meilleurs jeux de l'industrie, ils doivent être associés aux performances à moyen et long terme de l'entreprise», relève-t-il. 


A l'assemblée générale 2016, Vivendi s'était abstenu de voter les résolutions proposées par la direction d'Ubisoft, empêchant la mise en place de plans d'actions et d'autres éléments de rémunération pour certains salariés.



« Nous ne nous parlons pas »


«Nous ne nous parlons pas. Nous attendons toujours la réponse au courrier envoyé il y a plus d'un an, pour qu'ils nous précisent les synergies qu'ils disent imaginer. Vivendi est avant tout un concurrent pour Ubisoft, notamment dans la guerre des talents, le jeu sur mobile, le cinéma, etc.», a insisté Yves Guillemot.


Ubisoft va soumettre à nouveau cette année ces plans parmi d'autres résolutions extraordinaires, qui doivent être adoptées à plus des deux tiers des voix, et qui pourraient être mises en échec Si Vivendi s'abstenait.


Vivendi, qui s'est emparé de l'éditeur de jeux mobiles Gameloft (fondé par la famille Guillemot) à l'issue d'une OPA, contrôle quelque 27% du capital d'Ubisoft, et souhaite renforcer son activité de jeu vidéo.


La direction d'Ubisoft, qui a qualifié la montée au capital par Vivendi d'«hostile» est opposée à tout rapprochement avec le géant des médias et cherche à empêcher une prise de contrôle rampante ou une OPA du groupe de Vincent Bolloré.



« La réputation de Vivendi dans les conseils d'administration n'est pas exemplaire »


À l'AG du 22 septembre Ubisoft soumettra aussi au vote la nomination de deux administratrices indépendantes mais a refusé d'accorder un siège à son conseil d'administration à Vivendi.


«Nous considérons (Vivendi) comme un concurrent. De plus, la réputation de Vivendi dans les conseils d'administration n'est pas exemplaire au vu de leur comportement dans le passé. Ils sont tournés vers leur intérêt», a averti Yves Guillemot.


«Je crois que nos actionnaires ont plutôt intérêt à ce qu'Ubisoft soit dirigé par l'équipe actuelle, en toute sérénité, plutôt qu'en conflit avec des membres du conseil d'administration représentant Vivendi», a-t-il poursuivi.


De son côté, Vivendi estime qu'il n'est «pas normal en termes de gouvernance» qu'il n'ait pas de représentant au conseil d'administration d'Ubisoft, dont il est le premier actionnaire, a indiqué Stéphane Roussel, chargé de la stratégie jeu vidéo du géant des médias.



À suivre dans cette section


image

Usine 4.0

Mercredi 14 mars


image

Objectif Nord

Mardi 24 avril


image

Rémunération globale

Mercredi 25 avril


image

Femmes Leaders

Mercredi 16 mai

Sur le même sujet

Un jeux montréalais propulse Ubisoft

12/02/2018 | AFP

L'éditeur français de jeux vidéo Ubisoft dévoile de bons résultats, se montre positif pour l'année à venir.

Le plan de croissance d’Ubisoft au Québec

09/02/2018 |

Le studio de Saguenay marque le début de l'expansion régionale du géant des jeux vidéo français.

À la une

Le titre CGI atteint des niveaux records. Devrait-on s'inquiéter?

17/02/2018 | Philippe Leblanc

BLOGUE INVITÉ. J’estime que l’occasion est bonne de faire le point sur cette société de chez nous.

Encore fragile, la Bourse peut s'offrir d'autres gains

BLOGUE. Les assises techniques restent vacillantes, mais l'économie et les profits sont deux vents de dos.

Préparez-vous à la Russie de l’après-Poutine

17/02/2018 | François Normand

ANALYSE. Il faut déjà penser à la période d’incertitude qui suivra la fin du «poutinisme».