Entrevue n°233: Rachel Haot, chef du numérique, État de New York


Édition du 31 Janvier 2015

Entrevue n°233: Rachel Haot, chef du numérique, État de New York


Édition du 31 Janvier 2015

Par Diane Bérard
D.B. - Expliquez-nous comment votre bureau se colle aux priorités du gouvernement ?

R.H. - L'emploi est un dossier prioritaire du gouverneur Cuomo. Nous venons donc en soutien en veillant à ce que les citoyens soient tenus au courant, en ligne, des programmes de formation, des postes disponibles, des stages et autres initiatives. Stimuler l'emploi, c'est aussi favoriser le développement des entreprises. Notre bureau a la responsabilité de faire du bruit autour de celles du secteur de la technologie. De leur donner de la visibilité en organisant des événements, par exemple.

D.B. - L'éducation fait partie de votre mandat. De quelle manière ?

R.H. - Le spectre est large. À une extrémité, il est question de littératie numérique, c'est-à-dire faire en sorte que les citoyens sachent effectuer des recherches en ligne pour accéder à nos services, entre autres. À l'autre bout du spectre, il faut nous assurer qu'il existe des programmes technologiques pour former la main-d'oeuvre sophistiquée dont les entreprises de notre région ont besoin pour réussir et croître. Ainsi, l'État vient d'annoncer la distribution de bourses aux étudiants en science, technologie, ingénierie et mathématiques. Le gouvernement payera entièrement leurs études universitaires s'ils s'engagent à travailler cinq ans dans la région une fois diplômés. Entre les deux bouts du spectre, il y a la mise à niveau des outils technologiques des écoles primaires et secondaires. En novembre dernier, le gouverneur Cuomo a annoncé un investissement de 2 milliards de dollars, destiné aux salles de classe.

D.B. - Les citoyens voudraient du Wi-Fi partout. Mais entre leurs désirs et les moyens du gouvernement, il y a probablement un fossé...

R.H. - En effet, mais le véritable défi de mon mandat ne tient pas à l'ampleur des besoins des citoyens. Il réside plutôt dans la nature changeante de ces besoins et la diversité de ceux-ci. J'occupe des fonctions de chef du numérique depuis quatre ans, et je ne réponds déjà plus aux mêmes besoins qu'à mes débuts. Et que dire de la fracture entre les besoins des citoyens des villes et des régions rurales ? Le mot connectivité n'a pas le même sens pour les deux. En ville, cela veut dire pouvoir envoyer un texto dans le métro pendant qu'on se déplace entre deux rendez-vous. En région rurale, il est plutôt question d'accès au réseau cellulaire, à partir du domicile, et de bande passante.

D.B. - L'été dernier, la Ville de Montréal a participé à un hackathon sur le défi d'informer les citoyens en temps réel de l'état du déneigement. Vous avez organisé plusieurs hackathons. Comment éviter qu'ils aillent dans toutes les directions ?

R.H. - La créativité se nourrit de contraintes. On croit à tort que, parce qu'ils reposent sur la créativité collective, les hackathons ne doivent pas être trop encadrés. Je ne suis pas d'accord. Il y a risque de dérive ainsi que de perte de temps et de productivité. Alors que je travaillais pour la Ville de New York, nous avons organisé Reinvent NYC.GOV et Reinvent Payphones Design Challenges. J'en ai retenu qu'un hackathon n'est pas une formule miracle. Les gouvernements qui veulent y recourir doivent bien se préparer, c'est-à-dire établir leurs besoins clairement et ne récompenser que ce qui les comble.

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