Faire des affaires à New York sans domicile fixe

Offert par Les Affaires


Édition du 16 Avril 2016

Faire des affaires à New York sans domicile fixe

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Édition du 16 Avril 2016

Par Claudine Hébert

Une des façons de vendre qui plaît le plus à Marie-Lise Lachapelle consiste à louer un local commercial pendant quelques jours (boutique éphémère, ou pop-up shop).

Marie-Lise Lachapelle ne maîtrise pas seulement l'art de fabriquer des bijoux fins pour des célébrités américaines telles que Hillary Clinton, Beyoncé et les stars de la série télé Mad Men. Depuis près de quatre ans, cette artiste lavalloise, établie à New York, parvient à vendre ses créations sans avoir de boutique à son nom dans la Grosse Pomme.


À l'exception d'un atelier de production aménagé au 6e étage de la 47e Rue dans le Diamond District, où elle emploie une dizaine de personnes, pas question de s'embarrasser d'un loyer mensuel à 20 000 $ et des frais fixes qu'implique une boutique au coeur de Manhattan. Pour faire rayonner ses collections, l'entrepreneure joaillière favorise d'autres méthodes de vente.


La plus lucrative ? Son partenariat avec le propriétaire d'un bar-restaurant sur Grand Street, à Soho, qui lui procure plus du tiers de ses revenus. Chaque semaine, ce bar accueille de 10 à 20 autobus remplis de touristes. «L'endroit, précise Marie-Lise Lachapelle, était l'un des lieux de tournage de la série Sex and the City. C'était le bar Scout appartenant aux personnages d'Aidan et de Steve. Bien que mes créations se soient retrouvées uniquement dans le deuxième film lié à cette série télévisée, le proprio du bar m'a demandé, en 2009, d'y exposer mes bijoux. Ça s'est avéré une vitrine incroyable.»


L'entrepreneure se garde bien de décrire l'aventure comme un conte de fées. Sa collaboration avec le commerçant a été entachée par un conflit judiciaire qui a duré près de cinq ans. Constatant le succès de vente des créations de la Lavalloise, le propriétaire du bar a tenté de faire copier les produits et d'en récolter seul les revenus. «Heureusement, j'avais en main un solide contrat d'exclusivité. Ce filet de sécurité m'a permis de gagner en cour, d'obtenir une compensation et de retrouver un nouveau terrain d'entente qui fait autant mon bonheur que celui du propriétaire», explique Mme Lachapelle. Ses populaires bijoux sont de retour au bar depuis l'automne dernier.


Diverses formules de vente


Les foires commerciales figurent parmi ses autres formules de vente privilégiées. Ces événements lui rapportent de 5 à 10 fois le coût de la location d'un kiosque. Elle participe notamment à des salons de la mariée et des salons d'accessoires à Boston, Houston, Los Angeles et Las Vegas. À ses débuts, elle a d'abord fait connaître ses premiers bijoux alors qu'elle était maître d'hôtel dans un restaurant appartenant aux acteurs Johnny Depp et Sean Penn, au début des années 2000.


Ses créations uniques, dont le prix varie de 200 $ à plus de 100 000 $, servent également d'éléments d'attraction lors de soirées privées organisées dans de chics résidences de New York, de Miami et de Chicago. Des commerçants s'associent également à Mme Lachapelle pour leurs lancements de produits et services. Des collections de bijoux de la Québécoise ont ainsi été mis en vente récemment lors de l'ouverture d'un spa dans Upper East Side. «La présentation de mes collections augmente habituellement l'achalandage de ces événements», indique la créatrice qui vient de recevoir une invitation pour exposer ses collections lors d'événements mondains au prochain Festival de Cannes.


Mais l'une des façons de vendre qui plaît le plus à Marie-Lise Lachapelle consiste à louer un local commercial pendant quelques jours (boutique éphémère, ou pop-up shop), grâce à son réseau d'agents immobiliers commerciaux.


«De 5 à 10 fois par année, j'ai l'occasion de louer un local vacant au centre-ville pour une semaine. Je réussis à négocier un très bon prix, et je partage la note avec d'autres créateurs et designers qui veulent profiter, eux aussi, d'une adresse éphémère clés en main pour vendre leurs produits», dit la créatrice de bijoux. L'adresse de cette boutique de quelques jours est divulguée sur les réseaux sociaux et aux clients qui reçoivent les infolettres ou qui en font la demande sur le site Internet de la joaillière.


Que lui réserve l'année 2016 ? Marie-Lise Lachapelle refuse de divulguer son chiffre d'affaires, mais ce dernier, dit-elle, doublera d'ici la fin de l'année. Pour augmenter sa production, la créatrice travaille à plusieurs projets, dont l'ouverture d'un atelier de fabrication en Asie.


Et bien que la location à long terme à New York ne fasse pas partie de ses plans, du moins à brève échéance, l'idée d'ouvrir une boutique à Montréal pourrait se concrétiser d'ici la prochaine année. «J'aimerais profiter du taux de change. J'hésite toutefois encore entre quelques options : m'associer à un centre commercial haut de gamme, à un hôtelier ou louer un local que je partagerais avec d'autres créateurs.»

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