Professeur à l’école de gestion Sloan du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Erik Brynjolfsson est l’un des principaux économistes à s’intéresser à la dynamique de la productivité, et l’un des premiers à avoir effectué des recherches sur les effets des technologies de l’information (TI) sur le rendement.
Une entrevue D'Art Kleiner, Strategy + Business
Il a récemment mené des études poussées sur cet élément fondamental de l’économie. Ainsi, dans Wired for Innovation: How Information Technology Is Reshaping the Economy (MIT Press, 2009), Erik Brynjolfsson et Adam Saunders, coauteur de l’ouvrage qui enseigne à l’école Wharton de l’université de Pennsylvanie, affirment que l’augmentation de la productivité dépend surtout du « capital organisationnel ». Les auteurs prennent donc à contre-pied la tendance de tout miser sur le « capital humain » et démontrent que, pour se doter d’une équipe performante, il ne suffit pas d’avoir un excellent leader, mais également de meilleures pratiques reposant sur les nouvelles technologies de l’information.
Depuis le début de la récession, la productivité des entreprises s’est fortement accrue. Doit-on y voir un signe positif ?
Au milieu de 2009, nous savions déjà que le produit intérieur brut (PIB) des États-Unis allait bientôt prendre du mieux. Toutefois, on a aussi constaté que l’emploi ne suivait pas la même tendance : le taux de chômage augmentait alors que le nombre d’emplois ne cessait de diminuer chaque mois.
Les répercussions sur l’arithmétique de la productivité sont directes : quand on divise la production par un nombre plus restreint d’employés, la productivité bondit. La récession a tout de même permis aux entreprises de réaliser qu’elles pouvaient produire beaucoup avec un minimum de personnel.
Plusieurs de ces gains en productivité découlent d’investissements effectués entre 2000 et 2009, mais dont les entreprises n’ont pas profité avant d’avoir mis à pied du personnel. Dans le cas de l’économie du savoir, les dirigeants pouvaient difficilement évaluer le nombre d’employés dont ils avaient vraiment besoin. Ils recrutaient à plein régime, d’autant plus que l’inverse aurait été « économiquement incorrect » en période de croissance.
Avec la crise financière qui a précédé la récession, les dirigeants ont commencé à se dire qu’il leur faudrait sabrer dans le personnel, ce qu’ils ont fait. Maintenant que le pire de la crise est passé, ils constatent que l’entreprise peut fonctionner malgré un effectif réduit.







