5 bonnes pratiques pour une relève d’entreprise réussie

Publié le 06/05/2015 à 08:41

Lorsqu’en 2005, Marc-André Lebeau lit dans le journal que le magasin de vélo Bicycles Quilicot fermerait ses portes, cet ex-champion de cyclisme à la fibre entrepreneuriale saute sur l'occasion.


À 27 ans, au lieu de lancer son propre magasin, il se porte acquéreur du nom de commerce et joint ainsi les rangs de ces entrepreneurs qui « reprennent » des entreprises établies : les repreneurs.


Quelques mois plus tard, il relocalise le magasin Bicycles Quilicot dans Rosemont et ouvre bientôt une deuxième succursale à Sainte-Thérèse.


Son plan : rafraîchir l’image de l’entreprise et positionner Quilicot comme un leader dans le domaine du cyclisme urbain et sportif. « On a tout de suite eu de l’achalandage, se rappelle Marc-André Lebeau. C’était comme si on avait toujours existé. » Toujours ? Presque. Bicycles Quilicot célèbre ses 100 ans d’existence en 2015, et le magasin a été fondé par Louis Quilicot, une légende du cyclisme québécois que l’on surnommait à l’époque « le papa des cyclistes ».


Voilà le genre d’avantage concurrentiel que Marc-André Lebeau n’aurait pas obtenu en ouvrant un magasin de vélo en partant de zéro.


Cela dit, reprendre une entreprise mature au lieu d’en lancer une nouvelle n’est pas non plus un « coup facile ». Cela demande autant de doigté entrepreneurial. Voici cinq bonnes pratiques en matière de reprise d’entreprise.


1. Reprendre pour innover


Reprendre une entreprise est un processus long – d’au moins un an, parfois de sept ans – qui peut coûter cher si elle détient de nombreux actifs. Aussi, les repreneurs s’engagent rarement dans une telle aventure s’ils n’ont pas au départ la conviction de pouvoir amener l’entreprise plus loin. On peut vouloir que l’entreprise se spécialise dans un créneau porteur, qu’elle exporte davantage ou qu’elle transforme son modèle d’affaires grâce aux nouvelles technologies. Un plan d’innovation est donc crucial. En repreneuriat, le statu quo est rarement payant.


2. Savoir s’entourer


« Une succession est souvent une rencontre de “non-experts”. Le cédant n'a jamais cédé d'entreprise et le repreneur n'en a jamais repris ! » lance Luis Felipe Cisneros Martinez, professeur agrégé du Département de management de HEC Montréal. C'est pourquoi on recommande le coaching et le mentorat aux deux parties. De nombreux programmes de mentorat existent, comme ceux du Réseau M et du Centre de transfert d'entreprises Montréal. Un expert en repreneuriat encadrera cet énorme bouleversement pour en faire une réussite.


Or, ce réseau de soutien est souvent boudé lorsqu’une PME change de mains. Marc-André Lebeau a été le propre chef d'orchestre de la reprise de Bicycles Quilicot. « J'ai reçu au départ un bon coup de main et des conseils de l'ancien propriétaire, mais le suivi n’a pas été très long », dit-il.


Dans le même ordre d’idées, si ce n’est pas déjà le cas, la mise en place d’un conseil d'administration dans l’entreprise acquise est une bonne idée. Cela permet de structurer la prise de décision et, dans le cas d’une entreprise familiale, de laisser les problèmes personnels hors du milieu de travail, grâce à un conseil de famille parallèle.


3. Meilleur en trio


Si la codirection est de plus en plus fréquente, c’est surtout la complémentarité des compétences qui doit être examinée lorsqu’on forme une équipe de relève. Ainsi, un pro de la gestion et un expert des opérations pourraient former un bon duo de repreneurs. L’idéal serait d’avoir trois repreneurs qui occuperaient des postes de direction aux ventes, aux opérations et à l’administration générale. « Dans le cas d'une entreprise familiale, le fait de la transmettre à un seul enfant est un modèle vieillissant », ajoute par ailleurs Luis Felipe Cisneros Martinez.


4. Un retrait progressif


« Lorsque le transfert s’effectue avec un retrait progressif du cédant (souvent le fondateur de l’entreprise), le processus est plus long, mais il est souvent une garantie de succès », dit Michel Leblanc, président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Dans la plupart des cas, le cédant occupera un poste clé dans l’entreprise pendant quelques années, une fois la transaction réalisée. « On veut s’assurer ainsi que la mémoire d’entreprise, les relations avec les clients et les fournisseurs demeurent », poursuit Michel Leblanc. « Au début, le cédant parle et le repreneur écoute. À la fin, le cédant fait seulement acte de présence dans les négociations », ajoute Luis Felipe Cisneros Martinez.


5. Favoriser la communication


Enfin, communiquer clairement ses intentions rassure employés, clients et fournisseurs. Le repreneur doit aussi bien comprendre le fonctionnement de sa nouvelle acquisition : de nombreuses rencontres avec le cédant sont à prévoir ! « Mais il ne faut pas oublier qu’on n'achète pas juste une entreprise avec un manuel d’utilisation et des états financiers, affirme Marc-André Lebeau, de Bicycles Quilicot. L'entreprise a aussi une âme qu'on doit respecter... »

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