PKP et l'exercice du pouvoir

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Mars 2014

PKP et l'exercice du pouvoir

Offert par Les Affaires


Édition du 22 Mars 2014

Par Julien Brault

Photo: La Presse Canadienne

Pierre Karl Péladeau n'a jamais eu froid aux yeux. Tour à tour marxiste, apolitique et indépendantiste, il a affiché différentes couleurs au fil des ans, mais n'a jamais vraiment changé. Il a toujours été frondeur, n'a jamais eu peur de se faire des ennemis et a constamment fait preuve d'une détermination inflexible dans tout ce qu'il a entrepris. Au moment où l'ancien pdg de Québecor tente de se faire élire sous la bannière du Parti québécois, Les Affaires se penche sur la carrière de l'homme d'affaires, qui est riche en enseignements quant à sa manière d'exercer le pouvoir. Portrait d'un homme qui, tout au long de sa vie, s'est comporté en leader sans attendre d'en avoir la légitimité.


C'était en 2005, au comité de direction de Québecor. La discussion porte sur la stratégie d'Archambault, lorsqu'on se met à parler de Marie Laberge. L'un des cadres, visiblement lassé, fait valoir que les livres de Marie Laberge ne sont pas une priorité. Pierre Karl Péladeau, jusque-là silencieux, se redresse, puis éclate : «Es-tu malade ? Qu'est-ce que tu viens de dire là ? Est-ce que tu sais au moins de quoi tu parles ? Marie Laberge, c'est une Québécoise qui parle du Québec dans ses livres».


Les propos de Pierre Karl, rapportés par Sylvain Chamberland, alors vice-président au développement des affaires, ont marqué ce dernier. C'était la première fois que PKP affichait ses couleurs en sa présence : «C'est comme si c'était allé jouer dans ses tripes les plus profondes. Il venait d'afficher une conviction. C'était une sortie au nom de la culture québécoise.»


À l'époque, les affiliations politiques de Pierre Karl Péladeau étaient difficiles à cerner. En fait, un observateur extérieur aurait pu l'identifier comme un conservateur. Brian Mulroney est alors président du conseil de Quebecor World, tandis que Luc Lavoie, un ancien directeur de cabinet conservateur, est vice-président exécutif de Québecor. On pourrait croire que Pierre Karl Péladeau faisait alors partie de l'establishment canadien et on aurait raison. Or, même à la tête d'un empire médiatique, Pierre Karl Péladeau, reconnu pour ses emportements, n'a jamais cessé d'être révolté. Quelque 25 ans plus tôt, c'était contre son père qu'il l'était.


Le marxiste


Durant la fête d'anniversaire de ses 18 ans, organisée au cossu Club St-Denis, Pierre Karl avait traité son père et ses invités de «bourgeois», puis s'était éclipsé. C'est à cette époque que Pierre Karl, le troisième des quatre enfants nés de la première union de Pierre Péladeau, flirte ouvertement avec l'idéologie marxiste.


Inscrit en philosophie à l'UQAM, Pierre Karl refuse par la suite l'aide financière de son père. Il subvient à ses besoins en travaillant comme plongeur et partage un appartement miteux avec Charles Landry, le fils de Roger D. Landry, alors éditeur de La Presse. «À l'époque, il ne touchait pas un sou de son père ; il s'habillait au Village des Valeurs», se rappelle François Latraverse, l'un de ses professeurs de philo à l'UQAM.


C'est la philosophie politique qui attire avant tout le jeune Pierre Karl : «C'était la question du pouvoir chez Foucault qui l'intéressait», relate Josiane Boulad-Ayoub, professeure de philosophie à l'UQAM. Dans Surveiller et punir, le philosophe Michel Foucault aborde la question du pouvoir en s'intéressant au système carcéral moderne. Selon lui, le simple fait d'observer les prisonniers permet d'exercer un contrôle sur eux, sans qu'il soit nécessaire d'utiliser la force physique.


Même à cette époque, Pierre Karl Péladeau prend les commandes de son environnement. Siégeant à un comité composé de professeurs et d'étudiants, Pierre Karl ne se gêne pas pour exprimer son mécontentent face à une professeure qu'il déteste, rapporte Josiane Boulad-Ayoub : «Il en avait contre une pauvre professeure qui faisait surtout dans la psychanalyse. Il passait son temps à me dire : "Mieux vaut prévenir que guérir !" Il voulait que je prenne des mesures contre elle.» Plus tard dans sa carrière, PKP garderait ce leitmotiv en matière de relations de travail.


Si Pierre Karl Péladeau n'a jamais cessé de se passionner pour la philosophie, il semble que son épisode marxiste prend fin lorsqu'il se réconcilie avec son père, durant ses études de philo à Paris. Il quitte alors la philosophie pour faire son droit, comme son père l'avait fait avant lui. Il commence à Paris 2, puis poursuit à l'Université de Montréal, qu'il fréquente tout en travaillant dans l'entreprise paternelle. En 1985, l'étudiant en droit commence ainsi sa carrière chez Québecor en tant que conseiller au service des acquisitions.


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