Retraite : sauver les meubles quand vous n'êtes pas prêt

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Octobre 2015

Retraite : sauver les meubles quand vous n'êtes pas prêt

Offert par Les Affaires


Édition du 17 Octobre 2015

Par Stéphane Rolland

[Photo : Shutterstock]

Difficile de terminer une course lorsqu'on est blessé. La cinquantaine est l'occasion de mener votre dernier sprint pour accumuler du capital en vue de la retraite. Que faire si un divorce ou le chômage se mettent en travers de votre chemin ? Nous avons posé la question à cinq experts.


De tout ce qui pourrait mal tourner, le divorce est le pire destructeur de richesse, affirment nos experts. À l'aube de la retraite, s'affranchir d'une relation qui bat de l'aile pourrait vous enchaîner dans une situation de précarité à perpétuité.


Au cours des 25 années où elle a conseillé des clients en instance de divorce, Carolyn Martel, actuaire de Martel Actuariat, a vu des situations «épouvantables». Elle doute des bienfaits réels du divorce à cette période de la vie. «Le divorce ne devrait pas être permis à moins de force majeure, tranche-t-elle. En séparant des couples qui vivent confortablement, on crée souvent deux pauvres. J'ai vu des clients vivant dans de belles maisons finir leurs jours dans un demi-sous-sol, obligés de faire l'épicerie en transport en commun. Les gens ne se rendent pas toujours compte de l'impact financier qu'aura la séparation.»


Il faut dire que la vie conjugale permet de faire de considérables économies d'échelle. «Ça coûte beaucoup plus cher de vivre seul qu'en couple, ajoute Nathalie Bachand, planificatrice financière et actuaire au cabinet Bachand Lafleur, groupe conseil. Tout à coup, ça prend deux maisons. Ce qu'on a accumulé pour deux est rendu nettement insuffisant. Ça te bousille un plan de retraite.»


Outre les dépenses communes, les deux conjoints laisseront des stratégies fiscales en plan, comme le fractionnement du revenu de retraite entre conjoints et la cotisation au REER du conjoint, note Hélène Gagné, gestionnaire de portefeuille et planificatrice financière chez Peak Gestion privée.


En conséquence, les deux conjoints n'auront pas le choix d'accepter la situation, plaide Mme Gagné. Autrement dit : réduire leur train de vie afin de préserver leur santé financière. De plus, ils devront redoubler de prudence avec les dettes, car ils seront les seuls à supporter leur passif, poursuit l'auteure de Votre retraite crie au secours.


Divorce coûteux


Le divorce est en outre un acte légal dispendieux. La facture peut monter de façon exponentielle si les partis se déchirent. Le coût d'un divorce non contesté varierait de 1 000 $ à 2 500 $, selon un sondage effectué en 2011 par le magazine Canadian Lawyer. S'il y a litige, les frais pourraient exploser de 7 200 $ à 74 000 $ !


La médiation pourrait être une avenue moins onéreuse, si les parties se montrent plus collaboratives. «Il n'y a aucune commune mesure entre les coûts, répond Jean-François Chabot, du cabinet Chabot médiateurs avocats. Il faudra un avocat pour chaque conjoint lors d'un litige. Dans le cas d'une médiation, il n'y aura qu'un seul médiateur pour les deux parties.»


La durée des procédures pourrait être moins longue, poursuit celui qui est président de l'Association de médiation familiale du Québec. «Certains de mes clients m'ont consulté jusqu'à trois ans, car il y avait des points litigieux : à la cour, cela aurait pris 10 ans. Ça a fait la différence entre une médiation qui coûte de 4 000 $ à 5 000 $ et un divorce qui en coûtera de 20 000 $ à 25 000 $.»


Notez que Québec offre cinq heures de consultations gratuites aux couples ayant un enfant à charge, au cas où vos enfants seraient encore assez jeunes.



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