La Capitale assurance mise sur la reconnaissance

Publié le 10/02/2015 à 11:00

La Capitale assurance mise sur la reconnaissance

Publié le 10/02/2015 à 11:00

Avec près de 2300 salariés répartis dans 19 succursales au Québec, la Capitale assurance et services financiers a formé depuis quelques années tous ses gestionnaires à la reconnaissance au travail, augmentant ainsi le taux de satisfaction des salariés.


Depuis 2010, l'entreprise a mis en place plusieurs mesures de prévention touchant la santé au travail, et notamment la santé mentale : aménagement du temps de travail, pratiques de gestion visant à réduire le stress, programmes améliorant les saines habitudes de vie, semaine de la santé mentale, massage sur chaise, retour au travail, gestion des invalidités, etc.


« Nous n’avons pas rencontré de problème particulier en santé mentale, mais il a toujours été important pour nous d’avoir un milieu de travail favorable à la santé psychologique », explique Geneviève Drouin, CRHA et directrice principale des ressources humaines à La Capitale.


La formation des gestionnaires constitue l’une de pierres angulaires de sa stratégie : « Les gestionnaires sont un maillon important de la chaine, car ils sont bien placés pour observer un changement d’humeur ou de comportement de leurs équipes et agir de manière préventive, en trouvant le moyen d‘aménager le travail d’une personne pour éviter un arrêt de travail», affirme Geneviève Drouin.


Jean-Pierre Brun, professeur titulaire de la Chaire en gestion de la SST de l’Université Laval, rappelle l’importance de la gestion de proximité : « Il est devenu essentiel de faire plus que des politiques pomme-carotte-vélo en allant agir directement au niveau des pratiques de management, afin de ramener les gestionnaires auprès de leurs équipes. »


Les bonnes pratiques de gestion


C’est dans cet esprit que plusieurs formations, concernant notamment l’intelligence émotionnelle, le développement des talents, la gestion de la performance et le retour au travail, ont été proposées.


« Nous souhaitons développer en 2015 un parcours d’apprentissage dédié aux gestionnaires pour leur adresser une offre de formation spécifique regroupant ces différents aspects », précise Geneviève Drouin.


En parallèle, La Capitale propose aussi des ateliers de 1h30 à 2h aux gestionnaires pour échanger sur des situations réelles. « Ils peuvent ainsi prendre conscience qu’ils ne sont pas seuls à vivre certaines problématiques et sont mieux à même de comment réagir lorsqu’un salarié s’absente pour cause de santé mentale », précise Mme Drouin.


Une occasion de revenir aussi sur les bonnes pratiques de gestion, telles que la charge de travail quantitative et qualitative, la clarté des rôles et des objectifs donnés, la notion d’autonomie décisionnelle donnée aux employés, ou l’effort mental requis pour les gens du service à la clientèle.


«Développer la gestion de proximité est parfois aussi simple que de dire bonjour ou de souhaiter de bonnes vacances à ses salariés», rappelle-t-elle. « Ce type de petites attentions rend ensuite les choses beaucoup plus faciles tout au long de la journée », estime pour sa part Mario Messier, directeur scientifique du Groupe entreprises en santé.


De saines habitudes de vie


Avec son comité Viva!Santé regroupant 8 personnes, La Capitale a commencé par mettre en place un programme de santé en entreprise faisant la promotion des saines habitudes de vie et de gestion.


Des activités sont offertes sur la période du diner afin de rejoindre le maximum de participants tandis qu’au moins deux activités (en mai et en novembre) sont dédiées chaque année à la santé mentale.


« L’une des dernières activités parlait par exemple des plaisirs coupables. On y montrait pourquoi il était important de se faire de petits plaisirs, en mangeant parfois du chocolat si l’on en a envie », résume Geneviève Drouin.


La prochaine étape ? Répertorier tous les outils en faveur de la santé mis à disposition des salariés (que ce soit l’aménagement du temps de travail, la gestion des absences, le programme d’aide aux employés ou de vaccinations) pour en faire un guide qui doit paraître en 2015.


« Pour qu’une démarche en santé mentale ait du sens, il est important de ne pas se baser uniquement sur des initiatives isolées mais d’avoir une approche globale et intégrée », souligne Virginie Gosselin, conseillère principale en santé mieux-être à la Standard Life.


En parallèle, la Capitale Assurance réalise de façon régulière des sondages sur le climat organisationnel pour évaluer ses progrès. « Nous avons été nommés parmi les 50 employeurs de choix en 2014 par La firme Aon Hewitt grâce à la mobilisation de nos troupes », ajoute-t-elle.


Des données à recouper


De 2012 à 2014, la Capitale Assurance a constaté une évolution de la reconnaissance de ses salariés dans ses sondages, « même si cela reste à confirmer au cours des prochaines années », révèle Mme Drouin.


L’entreprise a développé pas moins de 54 pratiques de reconnaissance, liées à la rémunération, à des événements ou des programmes de l’entreprise (congés spéciaux pour des situations particulières, reconnaissance des années de service, ou défi du président lancé chaque année, etc.).


Pour Jean-Pierre Brun, des mesures s’appuyant sur la formation des managers sur la reconnaissance au travail « permettent d’augmenter le taux de satisfaction au travail ».


Pour Mme Drouin, l’un des défis reste d’évaluer les bénéfices des mesures déployées : « Il est parfois difficile de faire une relation de cause à effet, pour savoir si l’on observe réellement une amélioration depuis qu’on offre de la massothérapie par exemple. On y va plutôt par des facteurs que l’on peut mesurer, tel que l’appréciation ou la participation des salariés à propos des activités que l’on propose, pour établir leur impact ».


Malgré le fait que l’entreprise soit en croissance, le taux de roulement n’a pas augmenté de façon significative et se situe toujours sous la barre des 5%. « L’absentéisme reste plus compliqué à prévoir car on a beau prévenir, on n’est pas à l’abri qu’une personne développe un cancer. Mais on peut avoir pour objectif de diminuer l’invalidité au travail », souligne-t-elle.


 

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