Comment Yvon Charest s'inspire de sa mère

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

Comment Yvon Charest s'inspire de sa mère

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

Par René Vézina

Yvon Charest, pdg Industrielle Alliance et lauréat du Prix PDG de l'année Les Affaires - haut dirigeant le plus engagé socialement.

HAUT DIRIGEANT LE PLUS ENGAGÉ SOCIALEMENT -Yvon Charest a conjugué tout au long de sa carrière sens des affaires à celui de l'engagement. Centraide, Musée national des Beaux-Arts, Université Laval... Les causes auxquelles il s'est associé dans sa ville natale, Québec, ont été nombreuses. Mais il est toujours resté fidèle au même employeur, I'Industrielle Alliance. Il s'est joint à l'entreprise au début des années 1980 avant d'en devenir le président et chef de la direction en 1999. Plusieurs fois honoré, il a été choisi à trois reprises personnalité financière de l'année de Finance et Investissement, un exploit unique.


Yvon Charest est tombé dedans quand il était tout petit. À l'époque, dans les années 1960, il voyait sa mère remplir le sous-sol de la maison familiale de vêtements qu'elle chercherait ensuite à envoyer en Afrique.


Elle voulait également procurer des pansements aux Africains. La famille participait en trouvant de vieux draps. Ceux-ci étaient coupés en pièces, puis stérilisés au four et enfin acheminés au Basutoland (aujourd'hui le Lesotho, encastré dans l'Afrique du Sud), notamment.



«Et comme mon père n'a acheté sa première voiture qu'à 60 ans, nous allions chercher ces vêtements dans nos petits chariots à roues pour les ramener chez nous», dit Yvon Charest, président et chef de la direction d'iA Groupe financier (société anciennement connue sous le nom d'Industrielle Alliance), lauréat du prix Haut dirigeant le plus engagé socialement décerné par le journal Les Affaires.


En d'autres termes, l'engagement et le bénévolat font partie de l'ADN familial.


Deux fois coprésident de la campagne de Centraide Québec, il continue à s'impliquer dans toutes sortes d'organisations, comme Héma-Québec. Mais surtout, il se sert de sa stature pour prêcher la bonne parole auprès des citoyens et des gens d'affaires : il faut donner.


Toujours actif avec Centraide


Cet homme d'affaires aguerri a de quoi appuyer ses requêtes auprès de ses concitoyens. Il a fait du bénévolat en Afrique. Il a été l'un des dirigeants d'Oxfam-Québec. Il s'est investi dans l'entrepreneuriat social. Puis très tôt dans sa vie, à 13 ans, il a été moniteur au Patro Charlesbourg, un organisme distinctement québécois (Patro Roc-Amadour, Lévis, Laval, etc.) qui sert de soutien aux jeunes en leur offrant toutes sortes d'activités. «Mon salaire hebdomadaire ? Vingt-cinq dollars par semaine, ce qui me permettait quand même d'acheter moi-même mes espadrilles», précise-t-il.


Il poursuit en disant que, lorsque c'est possible, il convient d'aider les adolescents à prendre des responsabilités. Et que les enfants constituent le premier groupe à sensibiliser aux besoins des autres, parce qu'ils en seront imprégnés tout au long de leur vie, comme il l'a été par le travail de sa mère. Il ne faut surtout pas sous-estimer leur faculté de comprendre.


Au fil de sa carrière, Yvon Charest n'a cessé de s'engager.


En l'an 2000, par exemple, il devenait pour la première fois président de la campagne de Centraide Québec, fonction qu'il allait assumer de nouveau en 2012.


«Centraide, quelle que soit la région, est une porte d'entrée incontournable, qui sert d'oreilles et de yeux pour les causes à soutenir», mentionne-t-il. Ces causes sont nombreuses.


À Québec, l'organisation locale de Centraide soutient 213 organismes communautaires. À Montréal, environ 350. Yvon Charest reste actif à Québec, dont comme président du comité des dons majeurs, qui incite les gens à verser 2 500 $ et plus.


Avec d'heureux résultats : «En 2015, pour la toute première fois, nous pouvions compter sur autant de donateurs majeurs, par personne, qu'à Montréal», se réjouit-il. Il espère que ces personnes iront à leur tour porter la bonne parole dans leurs entreprises ou leurs organisations pour en recruter d'autres.


Ce serait cependant plus facile si le principe d'une contribution caritative était prévu au départ dans les budgets des gens qui en ont les moyens.


«Trois grandes questions surgissent quand vient le moment de contribuer, dit-il : pourquoi donner ? à qui ? combien ? Nous, les Québécois francophones, avons de la difficulté avec la troisième...»


Mais si on y a déjà réfléchi, si on s'est déjà fixé un montant, il ne reste plus qu'à faire des choix parmi toutes les demandes. Ce qui revient alors à dire : «Vends-moi ta salade, j'ai prévu un budget ; si tu me convaincs, je t'en attribue une partie», pour reprendre les mots d'Yvon Charest.


Justement, combien ?


Il présente alors un court document intitulé «Combien donner : argumentaire du 3 % à 5 % des revenus», qu'il a lui-même rédigé.


À ses yeux, voici ce que les gens bien nantis devraient - au minimum - allouer au volet contributions :


> 3 % pour 150 000 $ de revenus ;


> 4 % pour 200 000 $ ;


> 5 % pour 250 000 $ et plus.


Mais on est encore loin de cet objectif. «Le pire, signale-t-il, c'est que plus le revenu des ménages est élevé, moins la proportion consacrée aux dons est grande. Pour moi, c'est à la fois incompréhensible et inadmissible.»


Lorsqu'on décortique le groupe des Canadiens les plus généreux, toujours en fonction du revenu (et l'analyse vaut pour le Québec), 30 % gagnent plus 144 000 $ ; mais 13 % ont un revenu inférieur à 44 300 $ !


Il pose la question suivante : comment des gens moins fortunés réussissent-ils à donner autant ?


En attendant de trouver une réponse satisfaisante, il se console en notant une tendance grandissante chez les jeunes, qui ne veulent pas tant signer un chèque que s'engager concrètement dans une cause. Il songe entre autres à cet organisme appelé «Bénévoles d'expertise», de Québec, qui permet d'associer les compétences des uns aux besoins des autres, c'est-à-dire des organismes qui ont bien besoin de ce genre de soutien. «Souvent, dit-il, l'intention d'aider est là, mais on ne sait juste pas où et comment canaliser ses énergies.» Il ajoute, en notant que les Québécois sont encore en queue de peloton au Canada pour ce qui est de donner : «Chez nous, c'est aussi la culture de la sollicitation qu'il faut encourager et développer».


Et lui ? «Tant que j'aurai de l'influence, je vais continuer. Je ne ralentirai pas le rythme.» À preuve, il a présidé la plus récente campagne de financement de l'Université Laval, dont il est toujours l'un des gouverneurs. Il a fait de même pour le Cégep Limoilou, dont il copréside le comité des ambassadeurs. Pour ne pas être en reste, il a également coprésidé la campagne de financement du Musée national des beaux-arts de Québec avec Pierre Lassonde, dont le tout nouveau pavillon porte le nom. Il faut dire qu'il avait largement contribué à la campagne en donnant 10 millions de dollars...


Un leg durable


Yvon Charest tient à ce que ses trois enfants suivent ses traces. Il vient de créer un fonds familial intégré à la Fondation Centraide, et a contracté à son bénéfice une police d'assurance-vie de 1 M$. Après son décès, précise-t-il, ses enfants continueront à gérer et à alimenter le fonds. «Je veux m'assurer qu'ils demeurent reliés à la communauté», affirme-t-il. Chose certaine, ils auront de qui tenir.











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