Une leader au service de l'énergie verte

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

Une leader au service de l'énergie verte

Offert par Les Affaires


Édition du 19 Novembre 2016

Par François Normand

Sophie Brochu, pdg de Gaz Métro et lauréate du Prix PDG de l'année Les Affaires - Grande entreprise


PDG DE L’ANNÉE, GRANDE ENTREPRISE - Sophie Brochu entame sa carrière dans le secteur énergétique en 1987 à la Société québécoise d'initiatives pétrolières. En 1997, elle entre chez Gaz Métro à titre de vice-présidente au développement des affaires. Dix ans plus tard, elle prend la barre de l'entreprise. Depuis sa nomination, les actifs de Gaz Métro ont plus que doublé. La société a aussi renforcé sa présence au Vermont et dans le nord-est des États-Unis, en plus de diversifier ses activités, notamment dans la production d'énergie verte.


Sophie Brochu nous accueille dans son bureau avec le sourire. La poignée de main est ferme, mais on sent le doute dans ses yeux. Pdg de l'année ? «C'est un peu suranné de planter le CEO un peu en marge de l'entreprise», confie la patronne de Gaz Métro, en insistant pour que l'on parle de son équipe dans ce reportage.


L'anecdote illustre bien la personnalité de cette femme d'affaires qui aime viscéralement travailler en équipe et qui est à des années-lumière d'être une one-woman-show. «Si tu n'es pas entouré de gens extraordinaires, tu ne peux rien faire !» lance Sophie Brochu.



Le comité de sélection de Les Affaires, composé de gens de la communauté financière, a d'ailleurs été séduit par sa personnalité rassembleuse et son leadership, sans parler de son implication dans des conseils d'administration et des causes sociales comme l'OBNL la ruelle de l'avenir.


Une leader qui recherche la critique


Dans les opérations quotidiennes, Sophie Brochu est une dirigeante ouverte à la critique. Elle est même prête à changer de cap si on réussit à la convaincre du bien-fondé d'une idée qu'elle n'a pas eue, confie l'une de ses proches collaboratrices. «Non seulement elle accepte la critique, mais elle la recherche. Il n'y a pas énormément de dirigeants qui font cela», affirme Stéphanie Trudeau, vice-présidente, stratégie, communication et développement durable chez Gaz Métro.


Son ouverture d'esprit, son écoute, son humilité ne l'empêchent pas d'avoir une vision stratégique claire pour l'entreprise, précise Robert Tessier, qui a tenu les rênes de Gaz Métro de 1997 à 2007, avant de devenir président du conseil de la Caisse de dépôt et placement du Québec. «Elle a déployé de façon unique la société au Vermont», dit-il, tout en soulignant les nouveaux créneaux développés par Gaz Métro au Québec, comme le gaz naturel liquéfié, la biométhanisation et la production d'énergie éolienne.


Une entreprise performante


Les chiffres parlent d'eux-mêmes. En 2006, un an avant que Sophie Brochu ne prenne la barre de l'entreprise, Gaz Métro avait des actifs totalisant 2,8 milliards de dollars et comptait 206 000 clients. En 2015, la valeur des actifs avait grimpé à 7,2 G$ et la société desservait 505 000 clients, dont une majorité au Vermont.


Deux acquisitions majeures ont grandement contribué à permettre à Gaz Métro de presque tripler ses actifs en une décennie. En juin 2006, la société a mis la main sur Green Mountain Power, le deuxième distributeur d'électricité du Vermont, pour 187 millions de dollars américains. Puis, cinq ans plus tard, en 2011, Gaz Métro a fait l'acquisition de Central Vermont Public Service au coût de 472,4 M$ US, et l'a fusionnée avec Green Mountain Power.


L'entreprise fait également bien en Bourse par l'intermédiaire de Valener (Tor, VNR), l'outil destiné aux investisseurs du grand public, aujourd'hui actionnaire de 29 % de Gaz Métro.


Depuis cinq ans, le titre s'est apprécié de 43 %, et ce, dans un contexte où le prix du gaz naturel en Amérique du Nord (le Henry Hub) a fondu de moitié.


Une référence dans l'industrie


Le leadership de Sophie Brochu ne se manifeste pas uniquement chez Gaz Métro. Il s'observe aussi dans l'industrie énergétique et dans la communauté montréalaise, surtout dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, où est situé le siège social.


«C'est la personne qui a la vision la plus claire des enjeux énergétiques du Québec, toutes formes d'énergie confondues», affirme Michel Leblanc, pdg de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui admet la consulter parfois sur certains enjeux liés à l'énergie.


Sophie Brochu, elle aussi, consulte énormément. Par exemple, la transformation qui s'est amorcée chez Gaz Métro au milieu des années 2000 - l'entreprise est passée du statut de distributeur gazier à une société énergétique, avec entre autres l'ajout du solaire et de l'électricité - ne s'est pas faite en vase clos.


Les dirigeants de l'entreprise ont alors consulté une diversité d'intervenants - universitaires, producteurs d'énergie, environnementalistes, sociologues, jeunes. Pourquoi ? Afin de s'exposer à un maximum d'idées pour réfléchir au Québec de demain, de la consommation d'énergie à la place de Gaz Métro dans cet écosystème.


De plus en plus de gaz naturel vert


L'entreprise fait la même chose actuellement pour son prochain plan stratégique 2018-2023, vision 2030. «On cherche à établir ce qu'on va faire jusqu'en 2023, qui va nous positionner avantageusement en 2030», dit Sophie Brochu.


La société a trois objectifs fondamentaux : avoir de plus en plus de clients, qui consommeront de moins en moins d'énergie, laquelle sera de plus en plus verte.


C'est pourquoi la «verdisation» du gaz naturel figure parmi les principaux axes de croissance de Gaz Métro.


Ces sources de gaz vert renouvelable comprennent le biométhane, tiré par exemple des déchets domestiques de l'usine de biométhanisation à Saint-Hyacinthe. Le gaz est utilisé localement pour la flotte de véhicules et les bâtiments municipaux. L'exédent est injecté dans le réseau de Gaz Métro.


La biomasse forestière a aussi du potentiel, confie Sophie Brochu. «Si on prend des résidus de bois, et qu'on les chauffe rapidement et à haute température, cela donne du gaz naturel», explique-t-elle. Gaz Métro a fait tester ce procédé porteur au Centre des technologies du gaz naturel à Boucherville, en collaboration avec G4, une entreprise de la Colombie-Britannique spécialisée dans le développement du gaz naturel renouvelable.


Pierre-Olivier Pineau, spécialiste en énergie à HEC Montréal, trouve le plan stratégique de Gaz Métro intéressant, en plus d'être aligné sur les besoins futurs de la société québécoise.


Par contre, la société fait face à un défi de taille, selon lui. Car, si elle veut demeurer cette organisation respectée et citée en exemple, elle doit démontrer qu'elle ne perpétue pas un ancien modèle de distribution de gaz naturel fossile - même s'il est liquéfié - pour en faire un carburant, par exemple. «Sophie Brochu doit montrer que Gaz Métro est vraiment une entreprise d'énergie renouvelable», dit Pierre-Olivier Pineau, en précisant que le gaz naturel renouvelable est pour l'instant marginal.


Du reste, la principale intéressée est pleinement consciente de ce défi. «Il faut être capable d'anticiper le futur et être innovant dans notre façon de faire, confie Sophie Brochu. Il faut être à l'écoute de nos clients afin de servir leur propre innovation. C'est ça qui va nous tirer vers notre futur, et qui sera la clé de notre succès.»











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