Les professions facilitent l'accès des immigrants

Publié le 19/01/2013 à 00:00

Les professions facilitent l'accès des immigrants

Publié le 19/01/2013 à 00:00

Par Julie Roy

Pour certaines professions au Québec, les travailleurs formés à l’étranger sont une bénédiction : sans leur apport, elles ne connaitraient pas de croissance de leurs effectifs. Chaque année au Québec, 11 professions reçoivent près de 75 % des demandes.


L’Ordre des ingénieurs du Québec est le plus sollicité. Tous les ans, il reçoit 1 500 demandes de la part de travailleurs étrangers souhaitant exercés au Québec. « Nous recevons deux fois plus de demandes que les infirmières et huit fois plus que les pharmaciens ! » mentionne Daniel Lebel, président de l’OIQ.


Pour accompagner les candidats, l’Ordre a mis plusieurs mesures en place. En plus d’afficher les critères d’admission sur son site Internet, il met à la disposition des postulants une boussole grâce à laquelle ils peuvent évaluer leurs compétences.


Démarches raccourcies


D’autres professions ont ajusté leurs façons de faire pour accueillir les immigrants. C’est le cas des chimistes. De quelques mois, l’acceptation des demandes est passée de 90 à 15 jours.


« On a facilité la démarche. On a développé des outils plus précis dans nos analyses. On regarde si la formation du candidat est équivalente et non nécessairement identique comme c’était le cas auparavant. On accepte tous les candidats qui respectent les normes », mentionne Martial Boivin, président-directeur général de l’Ordre des chimistes du Québec.


Il admet que la profession de chimiste comporte l’avantage d’être assez universelle. « L’aspirine ici ou en France, c’est pas mal la même chose », dit-il.


Pour d’autres professions, comme les infirmières, le processus est plus compliqué : une formation supplémentaire est exigée. « On ne pourrait pas protéger suffisamment le public sans cela », affirme Carole Mercier, secrétaire générale de l’Ordre des infirmières du Québec.


En 2012-2013, on estime que 450 nouvelles infirmières proviendront de l’étranger seront acceptés sur 1 000 qui en feront la demande.


Du côté des pharmaciens, les candidats suivent aussi un programme d’appoint pour se mettre à jour. « Le dossier patient est absent de la formation dans les autres pays », commente Diane Lamarre, présidente de l’Ordre des pharmaciens du Québec. Pour réduire les délais, l’Ordre a toutefois adapté cette formation, qui a été réduite de trois ans à 17 mois plus un stage.


Des ententes profitables


Pour accélérer les démarches d’acceptation, bon nombre d’ordres ont conclu des arrangements de reconnaissances mutuelles. Les ingénieurs ont ce type d’entente avec une douzaine de pays, mais la plupart des ordres se limitent à la France.


L’avantage est notable pour les candidats, car les exigences et les délais sont allégés. « Si nous avons une entente de formation avec son pays d’origine, le postulant doit passer quatre examens. S’il n’y a pas de comparable, c’est treize », souligne M. Lebel.


Au final, selon le Conseil interprofessionnel du Québec, les ordres acceptent aujourd’hui dans l’ensemble plus de 95 % des demandeurs par rapport à la période de 1999 à 2002, où 21 % des candidats essuyaient un refus.


Une fois acceptés par leur ordre professionnel, les candidats doivent encore affronter une autre défi : trouver un emploi. Pour les aider dans leurs démarches, l’Ordre des chimistes n’hésite pas à conseiller les immigrants sur le comportement à adopter lors des entrevues d’embauche. « On donne aux candidats l’argumentaire pour bien répondre. Cela fait la différence », mentionne M. Boivin.


Le Barreau du Québec suggère aux avocats immigrants de se trouver un mentor. Chez les pharmaciens, c’est le stage obligatoire qui permettrait une bonne intégration des professionnels. « Tous les pharmaciens étrangers se trouvent du travail à la fin », précise Diane Lamarre.


Chez les ingénieurs, les employeurs sont habitués à accueillir des immigrants. Leur intégration poserait donc moins de problèmes. Pour les aider là se préparer pour les entrevues, des conseils sont toutefois disponibles sur le site Internet de l’Ordre.


Du côté des infirmières, aucune mesure d’intégration n’est prévue, car les infirmières n’ont aucune difficulté à trouver du travail. « Celles qui décident de partir le font souvent parce qu’elles suivent un conjoint, et on ne peut rien y faire », commente Carole Mercier.

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