Le protectionnisme est-il toujours une catastrophe?

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Mars 2017

Le protectionnisme est-il toujours une catastrophe?

Offert par Les Affaires


Édition du 25 Mars 2017

Par François Normand

Les travaux de Paul Bairoch (1930-1999), l'un des plus grands historiens de l'économie de l'après-guerre, permettent de relativiser les craintes des décideurs politiques et économiques à propos du protectionnisme.


Paul Bairoch a découvert une chose fondamentale en analysant les statistiques et les comptes nationaux des pays industrialisés sur une période de deux siècles: le PIB et les exportations peuvent progresser plus vite en situation de protectionnisme qu'en situation de libre-échange.


Or, cette découverte va à l'encontre des idées reçues.


Paul Bairoch en traite en long et en large dans Mythes et paradoxes de l'histoire économique (La Découverte, 2005), un classique de l'histoire économique.


Par exemple, dans la deuxième partie du 19e siècle, soit de 1858-1860 à 1877-1879, l'Europe continentale a connu une phase de libre-échange, incluant le Royaume-Uni, le premier pays à avoir expérimenté cette politique économique.


Durant cette période, la croissance moyenne agrégée du PIB de l'Europe continentale a augmenté de 1,7 % par année, selon les statistiques compilées par M. Bairoch.


Cependant, dans les années 1870, cet élan en faveur du libre-échange a commencé à s'atténuer avec le début de la grande dépression européenne (1873-1893). Les pays ont alors adopté des mesures commerciales restrictives. Le protectionnisme est redevenu la politique dominante dans les années 1890, et ce, jusqu'à la Première Guerre mondiale (1914-1918).


Or, durant cette période protectionniste, le vieux continent a enregistré une croissance économique moyenne de 2,4 % par année, soit un rythme bien supérieur à celui de la phase libre-échangiste.


«Le point important est non seulement le fait que la crise ait démarré au plus fort du libéralisme, mais aussi qu'elle se soit terminée vers 1892-1894, juste au moment où le retour au protectionnisme devenait effectif en Europe continentale», souligne Paul Bairoch.

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