L’industrie culturelle: Contenants recherchent contenus

Publié le 19/11/2014 à 05:54

L’industrie culturelle: Contenants recherchent contenus

Publié le 19/11/2014 à 05:54

Par Matthieu Charest

La culture québécoise contribue au rayonnement international de la province. Et même s’il s’avère complexe de le quantifier, c’est aussi une industrie dont plusieurs pans sont exportables. Reste que peu de produits culturels québécois sont exportés en Chine, où le potentiel est pourtant immense. La demande de la classe moyenne émergente pour la culture est croissante, et les productions québécoises détiennent les atouts pour la combler.


Consultez notre dossier : Des secteurs porteurs pour exporter en Chine


C’était la première fois, lors de la dernière mission économique en Chine menée par le premier ministre Couillard (du 26 au 31 octobre dernier), que des entreprises culturelles étaient intégrées au volet commercial. Au même moment, la demande pour l’industrie du divertissement ne se dément pas, comme le révèle l’explosion du nombre de salles de cinéma en Chine.


« La Chine est le deuxième plus grand marché pour le box-office à travers le monde, souligne une étude de McKinsey&Company. Malgré le fait que les billets coûtent plus de 10 $, et que les DVD s’y vendent pour 1 $. En 2013, plus de 1000 nouvelles salles ont ouvert leurs portes, pourtant, le nombre d’entrées par habitant ne représentent même pas le cinquième de la Corée du Sud. »


Pour l’instant. La même étude rapporte que « d’ici 2022, plus de la moitié des ménages urbains seront de classe moyenne, ce qui en dollars américains, représente des revenus annuels compris entre 20 000 et 40 000 $. » Lorsqu’on additionne les données sur la population à ces revenus, le potentiel pour l’augmentation des dépenses en produits culturels est pharaonique.


Le prochain Cirque du Soleil?


La demande actuelle est déjà très forte, comme l’a constaté Nassib El-Husseini, le directeur général de la troupe les 7 doigts de la main, qui a participé à la mission économique québécoise en Chine.


« C’était une mission à saveur exploratoire, où nous avons eu plusieurs réunions, plusieurs rencontres. Il est temps que l’on s’intéresse à ce pays, explique-t-il. La réception est très bonne, le potentiel y est tout simplement phénoménal, pour nous, et pour d’autres. Leur tradition acrobatique n’a pas de leçons à recevoir de nous, mais notre côté givré les intéresse.»


La troupe a déjà présenté un spectacle à Shanghai, et déjà, quelques jours après le retour de M. El-Husseini, ils sont en discussion pour y présenter un nouveau spectacle, original cette fois, qui pourrait être présenté dès l’année prochaine.


Un spectacle à l’image de ce qu’ils ont réalisé pour les Jeux olympiques de 2014, 2010, et de 2006. « Ce sont des discussions pour des spectacles créés sur mesure pour un espace. Le marché des tournées traditionnelles reste limité. Il s’y construit des salles par millier et il n’y manque pas d’investisseurs. Ils sont maintenant à la recherche de contenu, et nous, nous sommes créatifs. »


Et si le potentiel y est « phénoménal, comme le martèle M. El-Husseini, la question est aussi de savoir si on a le goût de le saisir. Ça prend du temps, et il y a tout l’aspect de l’éloignement des familles. Notre équipe, ce sont des êtres humains, pas des machines. C’est complexe, et il faut se montrer respectueux. C’est facile dire “je saisis l’occasion”, c’est moins simple de se déplacer... »


Malgré tout, même si le défi de la gestion du capital humain est bien présent, le directeur général qualifie son équipe de « solidaire » quant aux projets en terre chinoise. « Tout peut se faire, croit-il, mais si les dates de tombées sont rapprochées, il faut être prudents. On veut faire une bonne job! Mais une chose est sûre, je ne serais pas allé si je n’étais pas enthousiaste… Il faut rester humble par contre. Nous ne sommes pas une équipe gigantesque, et nous ne voulons pas être happé, y travailler pour toujours, ce n'est pas ce que nous sommes.»


Conseils aux entrepreneurs intéressés par la Chine


«Il faut trouver un équilibre. Il faut aborder ce marché de façon saine, réaliste. Certes, le potentiel est énorme, mais comment le saisir? Là est la grande question! » - Nassib El-Husseini, directeur général des 7 doigts de la main.


Consultez notre dossier : Des secteurs porteurs pour exporter en Chine


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