Effenco : Des solutions pour rendre les camions moins polluants


Édition du 21 Novembre 2015

Effenco : Des solutions pour rendre les camions moins polluants


Édition du 21 Novembre 2015

Par Matthieu Charest

Benoit Lacroix, cofondateur et vice-président, ventes et marketing, de Développement Effenco, et Colin Ryan, pdg, posent dans leur atelier montréalais avec leur système Stop-Start. [Photo : Jérôme Lavallée]

SOMMAIRE DU DOSSIER


Par Matthieu Charest, Les Affaires (Canada)


TRANSPORT DURABLE – En plein cœur du Vieux-Montréal industriel, celui qui n’a pas encore été envahi par les copropriétés haut de gamme et les commerces à la mode, se cachent les locaux de Développement Effenco. Cette petite entreprise méconnue de 15 employés pourrait bientôt voir sa notoriété monter en flèche. La PME a trouvé le moyen de réduire la consommation de carburant des véhicules lourds jusqu’à 25 %, et par le fait même, les émissions de gaz à effet de serre (GES).


Cette innovation arrive à point, alors que 14 % des émissions directes de GES mondiales proviennent du secteur du transport, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). De plus, d’après le Département de la Protection de l’Environnement américain (EPA), les émissions de GES ont augmenté plus rapidement dans le secteur des transports que dans tout autre secteur entre 1990 et 2012.


Le système « Stop-Start »


Effenco propose d’intégrer sa technologie hybride « Stop-Start » aux véhicules de services, comme les camions de livraison, les autobus de ville, les tracteurs portuaires ou les camions de collectes des ordures ménagères.


D’abord, le système s’attaque à la gestion du moteur. « Nous éliminons la consommation parasitaire », illustre Colin Ryan, pdg de l’entreprise. Lorsque le camion s’immobilise, le moteur est coupé, mais les systèmes accessoires restent en état de marche, comme un compacteur à déchets ou un climatiseur, par exemple.


Puis, à l’instar des voitures hybrides, il récupère l’énergie cinétique générée par le freinage. L’ennui, c’est que la plupart des véhicules de services restent souvent immobiles – entre 50 et 65 % du temps pour un camion à ordures, selon Effenco – et lorsqu’ils circulent, ils le font très lentement. Par conséquent, le freinage ne permet pas d’emmagasiner beaucoup d’énergie.


Si l’avantage pour l’environnement est indéniable, il l’est tout autant d’un point de vue économique. Les économies de carburant, de 15 à 25 %, ainsi que l’augmentation de la fiabilité des véhicules, parce que la réduction de la consommation de diesel ralentit l’encrassement du système moteur, permettent de rentabiliser l’investissement, plaide Effenco. 


Même si, pour l’heure, chaque système coûte environ 30 000 $ CA, « l’implantation de notre système devient rentable entre 18 mois et 5 ans après l’installation, selon le type de camion et le coût du carburant, dit Benoit Lacroix, cofondateur et vice-président, ventes et marketing d’Effenco. Et puisque les véhicules font moins de bruit, c’est un argument de vente important pour des villes comme New York et Londres, où la pollution sonore est élevée ».


Les trois volets de la conquête


« Il y a 2 millions de véhicules en Europe et en Amérique du Nord dans notre marché, et chaque année, 200 000 unités sont remplacées. À terme, nous pourrions éliminer 30 millions de tonnes de GES par année », expliquent M. Ryan et M. Lacroix. Quant aux profits espérés, la PME montréalaise est peut-être assise sur une mine d’or. La Ville de New York pourrait être la prochaine étape sur la voie de la réussite.


« New York a mis en branle un plan très ambitieux de réduction des GES. Elle a déjà testé un système hybride de Bosch, mais l’allemande n’a pas réussi à tenir ses promesses [les tests de réduction de GES n’étaient pas concluants]. »


Dans la Grosse Pomme, la canadienne en est rendue à faire tester son système par les chauffeurs municipaux. « Ils conduisent environ 2 200 camions à ordures et près de 6 000 autobus ; nous sommes maintenant les seuls en lice », affirme le vice-président d’Effenco. Et puisque New York à elle seule remplace plus de 300 camions de sa flotte par an, décrocher un contrat pourrait représenter gros, très gros, pour la PME de Montréal.


« Nous avons installé le système Stop-Start d’Effenco sur l’un de nos véhicules, confirme Belinda Mager, directrice adjointe aux affaires publiques pour la Direction de l’assainissement de New York. Ce véhicule se trouve actuellement dans notre laboratoire et pourrait bien être testé sur nos routes. Étudier cette technologie, c’est une façon de poursuivre nos efforts de réduction des GES. »


En outre, Effenco a indiqué qu’elle est en discussion avec un important port de l’est de l’Amérique du Nord pour implanter son système sur les tracteurs portuaires. Elle serait également sur le point de conclure une entente avec un fabricant de véhicules lourds britannique, dont elle préfère taire le nom, afin d’offrir sa technologie en option lors de la vente.


« Nous voulons une solution pour tout de suite, pas pour demain, lance Benoit Lacroix d’Effenco. Tout le monde adore les véhicules Tesla et le principe du 100 % électrique, mais la réalité, c’est que dans le camionnage, nous n’en sommes pas là. »


Benoit Lacroix, cofondateur et vice-président, ventes et marketing, de Développement Effenco, et Colin Ryan, pdg, posent dans leur atelier montréalais avec leur système Stop-Start.


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