Power Corp.: Bonne chance M. Roustan

Publié le 25/10/2017 à 15:57

Power Corp.: Bonne chance M. Roustan

Publié le 25/10/2017 à 15:57

Graeme Roustan. (Photo: Roustan.com)

L’actionnaire aux prétentions activistes, Graeme Roustan, tente de brasser la cage du conglomérat montréalais Power Corp(POW, 32,89$) en demandant une place au conseil d’administration de l’entreprise dirigée par les frères Desmarais. Il offre généreusement de les épauler afin de créer de la valeur pour les actionnaires. Désolé M. Roustan, même si certaines de vos prétentions sont valables, vos chances de succès sont presque nulles.


L’homme d’affaires a émis un communiqué mardi dans lequel il explique avoir pris une participation dans le titre de Power Corporation et qu’il a écrit une lettre à Paul Desmarais Jr. lui demandant de vendre ou d’essaimer des actifs non essentiels afin de rehausser le rendement des actionnaires qui souffrent de la longue traversée du désert du titre.


L’action de Power Corp a reculé de 16% au cours des dix dernières années, fait-il remarquer.


«Je crois que le prix de l’action de Power Corporation serait nettement plus élevé aujourd’hui si l’entreprise s’était concentrée sur ses activités essentielles en détenant des sociétés actives dans les secteurs de la finance et de l’assurance», dit M. Roustan.


À son avis, les participations dans le conglomérat européen Pargesa, qui lui-même possède des intérêts dans les multinationales Adidas, Pernord Ricard et LafargeHolcim, ainsi que les autres participations du groupe non liées à la finance, soit Énergie Power ou encore Square Victoria, propriétaire de La Presse+, devraient être vendues car non essentielles.


Le conglomérat est selon lui égaré dans des entreprises aux profils trop éloignés. Contrairement à ses activités canadiennes dans la gestion d’actifs et les assurances, plus voisines.


La famille Desmarais devrait ainsi selon lui utiliser les sommes obtenues de la vente de ces actifs pour réaliser des acquisitions dans des domaines plus proches de ses activités canadiennes, racheter massivement de ses actions, verser un dividende spécial ou une combinaison de toutes ces possiblités.


Comme je l’avais déjà écrit en septembre 2016, il est en effet temps que les actionnaires de longue date du conglomérat montréalais soient récompensés pour leur patience. Le titre languit depuis trop longtemps et on ne sent pas assez l’empressement de l’entreprise de créer de la valeur pour ses actionnaires.


Cela dit, la campagne de M. Roustan va passer en coup de vent. Les vrais actionnaires activistes aux États-Unis, qui déploient des moyens financiers records pour secouer des multinationales comme Procter & Gamble, ont toutes les misères du monde en ce moment, tel que je l’écrivais dans une récente chronique. Dans ce contexte, il est difficile d’imaginer comment M. Roustan forcera la puissante direction de Power Corp. à prendre au sérieux ses réclamations.


C’est sans compter le fait Graeme Roustan et Power Corp. ont récemment croisé le fer dans un autre dossier, l’acquisition de l’équipementier sportif Performance Sports Group. La société autrefois connue sous le nom de Bauer a finalement abouti entre les mains du fonds d’investissement privé de Power, Sagard Capital, et de Fairfax Financial(FFH, 642,26$).


Enfin, je suis loin d’être convaincu que Power aurait pu afficher une performance financière plus éloquente si elle s'était concentrée dans la Great-West et la Financière IGM. Brett Horn, analyste chez Morningstar, n’accorde aucune bastille économique à Power Corp–dans le jargon de Morningstar cela veut dire un avantage concurrentiel d'envergure–, car une importante partie des bénéfices provient de la Great-West, qui ne possède pas elle-même un net avantage concurrentiel. Quant à IGM, elle n’a pas affiché une croissance reluisante depuis la crise financière de 2009.


Pour toutes ces raisons, j’accorde peu de chances de succès à la campagne de M. Roustan. Et vous? Répondez à notre sondage pour nous faire connaître vos avis.


 


 

À propos de ce blogue

Après près de 16 années passées au journal Les Affaires, dernièrement en tant que chef de publication pour lesaffaires.com, Yannick Clérouin a rejoint en mars 2018 la société de gestion de portefeuilles Medici.

Yannick Clérouin

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