Bourse: mieux vaut prévenir que guérir

Publié le 23/11/2018 à 12:30

Bourse: mieux vaut prévenir que guérir

Publié le 23/11/2018 à 12:30

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE INVITÉ. Je lisais récemment qu’un stratège recommandait aux investisseurs d’augmenter leur encaisse.


Il me semble que ce n’est pas nécessairement le bon moment de vendre des titres boursiers alors que les indices nord-américains viennent de subir une correction d’un peu plus de 10%. Ce stratège n’aurait-il pas pu faire cette recommandation il y a quelques mois, avant la chute des marchés?


C’est comme si on disait qu’il faut vendre les titres FAANG (Facebook, Apple, Amazon et Google), maintenant qu’ils ont corrigé de plus de 20%.


J’ai trop souvent cette impression que les analystes et les stratèges ne font que commenter les marchés boursiers – ils regardent la parade. Pour qu’il ait une quelconque valeur, un conseil doit faire preuve de prévoyance et tenir compte de ce qui pourrait arriver, pas seulement de ce qui est déjà arrivé.


Dans la gestion de son portefeuille, un investisseur devrait tenter de prévoir longtemps à l’avance plutôt que de réagir aux événements.


Tout le monde sait qu’il y aura régulièrement des corrections boursières. Autant s’y préparer tôt! J’ai écrit récemment sur l’importance de construire un portefeuille qui soit à la fois «offensif» et «défensif», en se posant une simple question: «Et si?» («Et si?» La question à se poser en construisant son portefeuille).


Comment cela se traduit-il dans les faits?


Je crois qu’un portefeuille devrait toujours inclure une composante «encaisse» suffisamment importante pour permettre de sauter sur les occasions lorsque les marchés chutent. Il n’y a rien de plus frustrant pour moi que d’être obligé de vendre un titre qui a corrigé pour en acheter un autre. Avec une encaisse qui représente l’équivalent d’un investissement en portefeuille, on peut en tout temps prendre la décision d’acheter un titre attrayant sans devoir vendre.


D’autre part, il y a en Bourse des titres défensifs et des titres plus risqués. En règle générale, les titres dits «défensifs» ne subiront pas les corrections aussi sévèrement que les titres «offensifs». En revanche, le contraire est aussi vrai: les titres défensifs ne participent généralement pas aux hausses des marchés aussi fortement que les titres offensifs. C’est pourquoi j’estime qu’un investisseur devrait tenter de construire son portefeuille d’une manière aussi équilibrée que possible entre les titres défensifs et les titres offensifs.


C’est un peu comme une équipe de hockey. Si elle veut réussir, elle doit maintenir un certain équilibre entre sa défensive et son attaque. Privilégier l’une aux dépens de l’autre mène souvent aux insuccès.


Ce n’est pas dans les marchés haussiers qu’on en apprend le plus sur son portefeuille. Personnellement, je vois les corrections boursières comme l’occasion de confirmer que nos portefeuilles ont été bien construits. Une correction révèle si quelque chose cloche dans un portefeuille, s’il pouvait possiblement être plus défensif.


À mon avis, il est trop tard pour augmenter l’encaisse de son portefeuille une fois que les marchés boursiers ont corrigé. Il fallait le faire avant!


Peut-être cette récente correction vous aura-t-elle démontré que la composition de votre portefeuille était trop risquée? Ou que vous auriez dû garder de l’encaisse pour profiter des occasions qu’a créées cette correction?


Même si on ne peut prévoir les fluctuations des marchés boursiers à court terme, ils se rétabliront tôt ou tard et ces corrections seront éventuellement oubliées. Ce sera alors le bon moment de revoir son portefeuille et d’y apporter les ajustements nécessaires.


Il vaut mieux construire son portefeuille en fonction d’un horizon à long terme que de réagir ponctuellement aux événements boursiers. Comme l’a si bien dit Benjamin Franklin, «une once de prévention vaut une livre de guérison». Chez nous, on dit «mieux vaut prévenir que guérir».


Philippe Le Blanc, CFA, MBA 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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