«Et si?»: la question à se poser en construisant son portefeuille

Publié le 09/11/2018 à 12:41

«Et si?»: la question à se poser en construisant son portefeuille

Publié le 09/11/2018 à 12:41

[Photo: 123rf]

BLOGUE INVITÉ. Un joueur de tennis bien préparé entre sur le court avec un plan de match précis. Idéalement, il a adapté ce plan de match au style de jeu de son adversaire. Surtout, il a une idée claire de ce qu’il veut faire, du style de jeu qu’il veut employer.


Le joueur professionnel a non seulement un plan de match de base, son plan A, mais aussi un plan B au cas où son plan A ne fonctionnerait pas. Par exemple, si son plan A misait sur l’attaque et qu’il se rend compte après quelques parties que cela ne fonctionne pas aujourd’hui (il est mené 4-1 au 1er set), il pourra se rabattre sur son plan B – être plus patient, échanger davantage et moins attaquer.


Je crois que le dirigeant d’entreprise et l’investisseur devraient adopter une stratégie similaire.


Le dirigeant doit avoir une vision à long terme de ce qu’il veut faire de son entreprise, de la manière avec laquelle il veut la développer. Il ou elle articule des stratégies et des actions qui cadrent avec cette vision. Mais on sait tous que les choses ne se passent pas toujours comme on les envisage, surtout parce que la plupart d’entre nous avons cette tendance à être trop optimistes lorsqu'on anticipe le futur.


On prévoit un marché ou une économie qui demeurera robuste, mais, dans la réalité, les choses peuvent changer pour le pire rapidement.


C’est pourquoi il est crucial de se poser souvent la question «Et si?» («What if»). Et si l’économie entrait en récession? Et si les taux d’intérêt continuaient de monter au cours des prochaines années? Et si mon plus important client décidait de faire affaire avec un compétiteur? Et si la crise de la main-d’œuvre se poursuivait pendant des années?


En se demandant «Et si?», on est à même de mettre en place des stratégies qui permettraient d’ajuster le tir si les choses ne se déroulaient pas comme on le souhaitait: un plan B.


Pareil pour l’investisseur. Celui qui anticipe, sans trop se poser de questions, que le marché boursier et l’économie poursuivront leur progression pourrait n’investir que dans des titres de sociétés qui profitent de ces tendances. Mais qu’adviendrait-il si celles-ci se renversaient?


Dans notre gestion de portefeuille, nous les avons consciemment construit en nous posant de nombreuses questions «Et si?».


C’est probablement ce qui explique pourquoi près de la moitié de nos titres sont des entreprises de croissance. Ce sont des sociétés qui devraient être en mesure de profiter de la croissance économique nord-américaine.


En revanche, c’est probablement la raison pour laquelle l’autre moitié de nos portefeuilles est constituée de titres de sociétés plus défensives: des services publics, des banques canadiennes, des sociétés de communications, etc.


C’est une erreur pour le joueur de tennis d’entrer sur le court avec seulement un plan A. Il y a tant d’éléments qui sont hors de son contrôle (le plus évident étant son adversaire!), qu’il doit avoir préparé un plan B. C’est tout autant une erreur pour la dirigeante d’entreprise de ne pas prévoir de contingences dans son plan d’affaires; elle doit se ménager de la flexibilité en cas de pépins.


C’est tout aussi vrai et important pour l’investisseur boursier. Posez-vous souvent la question «Et si?» et assurez-vous que vous avez un portefeuille qui saura à la fois profiter des temps favorables et résister aux périodes plus difficiles.


Philippe Le Blanc, CFA, MBA 

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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