Que nous réservent les 10 prochaines années en Bourse?

Publié le 16/11/2018 à 16:00

Que nous réservent les 10 prochaines années en Bourse?

Publié le 16/11/2018 à 16:00

(Photo: 123rf.com)

BLOGUE INVITÉ. Nous avons eu le plaisir de présenter une série de conférences à l’intention de nos clients au cours des derniers jours, une à Boucherville, une à Laval et une à Québec. Plus de 400 personnes y ont assisté – au nom de mes collègues, je les remercie.


Le but de la conférence était de partager notre vision du marché boursier alors que nous venons de connaître 10 années fastes en Bourse. De fait, il y a précisément neuf ans, le 10 novembre 2009, nous avions présenté une série de conférences intitulées «L’occasion d’une génération» – en plein dans la crise financière de 2008-2009.


Compte tenu des marchés plus difficiles des dernières semaines et des nombreuses interrogations des investisseurs concernant les perspectives économiques, je crois que le sujet de notre conférence était particulièrement à propos.


Voici donc notre perception des perspectives de la Bourse pour les quelque 10 prochaines années.


Mais avant tout, quelques mises en garde. Nous ne sommes pas économistes et ne possédons pas de boule de cristal. De fait, durant la conférence, nous posions cette question: «Pourquoi les économistes apprécient-ils l’astrologie? … Parce qu’elle confère une impression d’exactitude scientifique à l’économie»!


Nous sommes d’avis que les marchés boursiers offriront des rendements intéressants, mais plus modestes, au cours des 10 prochaines années. S’il fallait donner un chiffre précis, nous dirions 5%, ce qui est clairement moins élevé que le rendement de 14,8% enregistré par le S&P 500 durant les 10 dernières années (converti en dollars canadiens et incluant les dividendes).


Sur quoi appuyons-nous cette prévision?


D’une part, nous croyons que la croissance économique (toutes les données sont celles de l’économie américaine) sera probablement de l’ordre de 2% au lieu des 3,5% récents. Présentement, l’économie est gonflée quelque peu artificiellement par les baisses d’impôt corporatives et des taux d’intérêt qui restent bas, deux facteurs dont l’impact tire probablement à sa fin.


D’autre part, à près de 21%, la marge d’exploitation des entreprises du S&P 500 atteint des niveaux historiques record. Il nous est difficile de croire que ces marges seront soutenues, encore moins qu’elles augmenteront, dans un environnement où l’inflation commence à poindre. Les hausses de salaire dans la plupart des secteurs au cours des derniers mois vont en ce sens.


Les entreprises ne bénéficieront vraisemblablement pas de nouvelles baisses d’impôt dans le futur.


Le taux de chômage atteint 3,7%, son plus bas niveau depuis au moins 40 ans. Il est difficile de voir comment il continuera de diminuer. De plus, cette situation devrait mener à des hausses de salaire et à une pression sur les marges des sociétés.


Le niveau d’endettement de l’économie est très élevé. C’est vrai pour la dette gouvernementale, mais également pour la dette des entreprises.


Enfin, comme on l’a déjà dit, le taux d’inflation est à la hausse, ce qui devrait se traduire par une augmentation des taux d’intérêt dans les prochaines années.


Mais, malgré ces facteurs et notre prévision de rendements nettement inférieurs à la norme historique, nous demeurons en faveur des actions à long terme.


Pourquoi?


D’une part, sans être sous-évalué, le marché n’est pas très cher. Il s’échange à environ 16,0 fois les bénéfices prévus pour les 12 prochains mois. C’est donc à peu près égal à l’évaluation moyenne du marché au cours des quelque 25 dernières années, ce qui n’est pas déraisonnable lorsqu’on considère les taux d’intérêt qui demeurent historiquement bas.


D’autre part, les autres options sont encore moins attrayantes. Dans le moment, une obligation 10 ans du gouvernement canadien offre un rendement de 2,38%. Difficile de surpasser l’inflation avec de tels taux.


Enfin, nous croyons que des investisseurs «valeur» qui effectuent une sélection de titres de qualité à bon prix, seront en mesure de se démarquer. Je vous donne un exemple: de 2000 à 2010, une décennie perdue pour le marché boursier alors que le S&P 500 a enregistré un rendement annuel composé de –0,9%, Berkshire Hathaway, la société dirigée par Warren Buffett, a affiché un rendement annuel composé de 12,2%.


Nous ne sommes pas du genre à faire des prévisions boursières. Je crois néanmoins qu’un investisseur devrait toujours essayer de comprendre l’environnement dans lequel il évolue. Pour les 10 prochaines années, je crois que les marchés boursiers offriront des rendements corrects, mais que cet environnement procurera aux investisseurs aguerris des occasions intéressantes de se démarquer.


Philippe Le Blanc, CFA, MBA

À propos de ce blogue

Philippe Le Blanc est gestionnaire de portefeuille chez COTE 100 et éditeur de la Lettre financière COTE 100.

Philippe Leblanc
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