Adonis débarque dans Griffintown

Publié le 03/03/2016 à 15:55, mis à jour le 03/03/2016 à 20:06

Adonis débarque dans Griffintown

Publié le 03/03/2016 à 15:55, mis à jour le 03/03/2016 à 20:06

Deuxième étage. Sans stationnement. Et risque de cannibalisation... L'aventure Griffintown débute pour Adonis. Photo: District Griffin

C’est maintenant officiel. Après des mois de spéculation, Adonis confirme l’ouverture d’une prochaine épicerie dans Griffintown, ce quartier toujours en chantier du centre-ville de Montréal.


La direction de la chaîne libanaise a confirmé à Les Affaires le bruit qui courait depuis quelques semaines. D’une superficie de 20 000 pi2, à l’intersection des rues Peel et Wellington, cette sixième épicerie de l’île doit ouvrir d’ici le début juillet.


«Encore bien des éléments demeurent en discussion, mais je peux déjà vous confirmer que ce magasin sera toute une nouvelle aventure», a confié Michel Cheaïb, vice-président exploitation de Marché Adonis, une copropriété de Metro depuis 2011.


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D’abord, pour la première fois, Adonis devra composer avec un magasin situé au deuxième étage d’une galerie marchande. Cette dernière, qui regroupe déjà un restaurant McDonald’s, un magasin Winners et une pharmacie Brunet (une autre propriété de Metro), occupe les premiers étages du District Griffin, une tour de logements en copropriété de Devimco Immobilier.


Cette situation obligera le détaillant à mettre deux ascenseurs à la disposition de sa clientèle et à utiliser deux monte-charges pour ses propres besoins en approvisionnement alimentaire.


Manque de stationnements


Autre défi physique majeur : réussir à obtenir un minimum d’espaces de stationnement pour son personnel autant que pour sa clientèle. Le secteur densément construit, déjà aux prises avec d’importants problèmes de circulation, est traversé par la rue Peel qui mène tout droit au pont Victoria. Matin et soir, des milliers d’automobilistes empruntent cette artère, sur le chemin entre leur travail et leur résidence de la Rive-Sud de Montréal.


Sans un minimum d’espace de stationnement gratuit à sa disposition, le vice-président d’Adonis craint de voir cet important bassin de clientèle lui glisser d’entre les doigts. «Sans stationnement, réfléchit M. Cheaïb, j’ai bien l’impression que notre clientèle proviendra surtout des rues environnantes du quartier».


Typiquement, on estime chez Adonis qu’un bassin de 40 000 consommateurs potentiels à proximité permet d’envisager l’ouverture d’une épicerie. Bien qu’en plein bouillonnement, le nouveau quartier n’assurerait pas encore ce bassin de population minimum.


«C’est un quartier en plein développement. Nous choisissons de prendre pied là avant tout le monde pour nous assurer d’être déjà sur place lorsque le quartier aura atteint sa pleine maturité.»


Cannibalisation


En attendant, le dirigeant d’Adonis ne cache que ce nouveau magasin puisse empiéter sur les ventes de Metro, son enseigne sœur, qui a pignon sur rue Notre-Dame, à quelques coins de rue seulement de là. «Certainement que nous risquons de nous cannibaliser mutuellement un petit peu. Les clients se déplacent de l’un à l’autre. C’est normal.»


Mais Metro fait le pari qu’un risque réel, mais contrôlé, de cannibalisation vaudra sans doute mieux que la présence à proximité d’un concurrent direct. Sur ce, nul n’ose confirmer la stratégie, tant chez Metro que chez Adonis. Mais nul ne la dément non plus.


Adonis compte actuellement huit épiceries au Québec, dont cinq à Montréal, et deux en Ontario, à Mississauga et Scarborough, en banlieue de Toronto. Son dernier-né, d’une superficie de 43 000 pi2, est érigé à Laval, à l’intersection de la 19 et de l’autoroute 440.


La valeur de l’action de Metro a légèrement reculé aujourd’hui pour s’établir à 42,82$ à la Bourse de Toronto. Depuis le début 2016, son titre a progressé de 4,30$ ou de 11,10%.


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À propos de ce blogue

La vitrine du détail est le blogue du journaliste Martin Jolicoeur, un mordu de commerce de détail. Sa mission: rendre compte, mettre en perspective et analyser les nouvelles et développements de ce secteur clé de l’économie nord-américaine. À l’occasion, Martin y traite aussi plus largement de commerce électronique, de stratégie, d’image de marque et de consommation.

Martin Jolicoeur

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