Montréal à l'aube d'une Renaissance?

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Février 2016

Montréal à l'aube d'une Renaissance?

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Édition du 13 Février 2016

Une ère nouvelle pourrait bientôt voir le jour à Montréal... Photo : DR

Tout un symbole! Où Mikael Cho, pdg de la start-up montréalaise Crew, qui a bouclé l'année dernière une ronde de financement de 8,5 millions de dollars, installera-t-il bientôt ses nouveaux bureaux ? Et, par la même occasion, où ouvrira-t-il un nouvel espace de travail collaboratif ? Sous les lustres antiques et les arcades dorées de l'ancien siège social montréalais de la Banque Royale, rue Saint-Jacques.


Autrement dit, du neuf verra le jour dans du vieux à Montréal.


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L'air de rien, c'est là une nouvelle phénoménale. Je pèse mes mots. Car elle symbolise bien le boom spectaculaire des start-up dans la métropole. En 2005, Montréal empochait 14 % du capital de risque dépensé au Canada, soit 145 millions de dollars, et huit ans plus tard, elle en accaparait 32 %, soit 633 M$, selon une récente étude du Martin Prosperity Institute de l'université de Toronto, signée par Karen King et Richard Florida. Ce dernier est l'inventeur du concept de «classe créative», qui désigne la population «urbaine, mobile, talentueuse et connectée» la plus susceptible de donner un nouveau souffle à l'économie des villes.


Toujours selon cette étude, Montréal arrive aujourd'hui en tête au Canada, devant Vancouver et Toronto, les surclassant en particulier dans les secteurs de l'industrie, de l'énergie et de la finance. Mieux encore, elle figure dans le top 20 mondial des métropoles où le capital de risque contribue le plus au produit intérieur brut (PIB) de la région ; certes loin derrière San Jose, San Francisco et Bangalore, mais tout de même à égalité avec Washington et Los Angeles.


De nombreux atouts


Le secret d'une telle réussite ? Montréal présente la particularité d'avoir tous les atouts en main pour voir ses start-up briller, d'après Mme King et M. Florida :


> Universités. La métropole québécoise est dotée de plusieurs universités réputées (d'ailleurs, l'un des quartiers montréalais qui attire le plus de capital de risque est celui de l'Université McGill [code postal H3A]).


> Culture. La scène culturelle y est vibrante ; il suffit de considérer la popularité de ses festivals pour s'en rendre compte.


> Densité. La densité de la population n'y est ni trop forte ni trop faible, ce qui favorise une bonne circulation des idées.


> Talents. Les talents y sont présents, comme en atteste la vigueur, entre autres, des secteurs du jeu vidéo et du cinéma.


> Diversité. La population y est multiethnique, ce qui est propice au choc des idées, «la clé de l'innovation».


Le hic ? C'est que Montréal ne joue pas correctement ses atouts. Plus précisément, elle ne parvient pas à les combiner entre eux, c'est-à-dire à composer des paires, comme talents- diversité, ou des brelans, comme universités-talents-culture, d'après M. Florida. «Or, le tir pourrait être corrigé en moins de cinq ans, comme cela s'est produit dernièrement à Miami, qui est maintenant l'une des métropoles les plus hot du monde pour les start-up», affirme-t-il.


S'inspirer de Florence


Comment cela pourrait-il changer ? Peut-être bien en s'inspirant de l'effervescence qu'a connu Florence... à l'époque de la Renaissance italienne ! comme l'explique le journaliste américain Eric Weiner dans son nouveau livre, The Geography of Genius.


Il y a 500 ans, la ville-État toscane a connu une explosion culturelle et économique fantastique, dont les symboles étaient la famille Médicis, l'inventeur Léonard de Vinci et l'artiste Michel-Ange. Cette explosion a résulté de la combinaison alors inédite des cinq mêmes atouts dont dispose aujourd'hui Montréal - universités, culture, etc. -, mais surtout d'un catalyseur, qui a tout déclenché.


Lequel ? L'audace du désespoir, selon Eric Weiner : «Avant de connaître sa renaissance, Florence avait été dévastée par la peste, si bien qu'il avait fallu tout réinventer. Ce qui avait donné l'occasion aux plus audacieux de nouer des liens inédits entre politique, économie et culture», explique-t-il.


Voilà pourquoi l'initiative de Mikael Cho - et toutes celles de ses pairs - est si précieuse, en cette période de crise économique. C'est qu'en créant des espaces féconds en connexions multisectorielles, elle peut favoriser la renaissance de Montréal. Ni plus ni moins.


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Financement : la progression fulgurante de Montréal


Capital de risque investi dans les entreprises établies à Montréal


2005 - 145 M$


2010 - 361 M$


2013 - 633 M$


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Les quartiers les plus hot de Montréal


Quartier / Code postal / Parts du capital de risque métropolitain


1. Vieux-Montréal / H2Y / 30,0 %


2. Milton Parc / H3A / 17,6 %


3. Chameran-Lebeau / H4N / 9,2 %


4. Saint-Laurent / H4M / 5,3 %


5. Aéroport Est / H4T / 4,1 %


Source : Karen King et Richard Florida, Martin Prosperity Institute, Startup City Canada : The Geography of Venture Capital and Startup Activity in Canada, 2015


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Espressonomie


Un rendez-vous hebdomadaire, en alternance dans Les affaires et sur lesaffaires.com, dans lequel Olivier Schmouker éclaire l'actualité économique à la lumière des grands penseurs d'hier et d'aujourd'hui, quitte à renverser quelques idées reçues.

À propos de ce blogue

ESPRESSONOMIE est le blogue économique d'Olivier Schmouker. Sa mission : éclairer l'actualité économique à la lumière des grands penseurs d'hier et d'aujourd'hui. Ce blogue hebdomadaire présente la particularité d'être publié en alternance dans le journal Les affaires (papier/iPad) et sur Lesaffaires.com. Olivier Schmouker est chroniqueur pour Les affaires et conférencier.

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