Un projet de magazine québécois récolte plus de 11 000 $ en moins de 24 heures grâce au financement social

Publié le 12/05/2011 à 15:26, mis à jour le 12/05/2011 à 15:46

Un projet de magazine québécois récolte plus de 11 000 $ en moins de 24 heures grâce au financement social

Publié le 12/05/2011 à 15:26, mis à jour le 12/05/2011 à 15:46

 


Le 11 mai dernier, le journaliste indépendant Nicolas Langelier et son comparse Jocelyn Maclure mettaient en ligne une page sur le site de financement social Kickstarter. Leur objectif était alors de solliciter des contributions d’une valeur de 10 000 $ avant le 9 juin prochain, de manière à financer le lancement d’un magazine bisannuel. Aussi, les initiateurs du projet ont-ils été surpris de voir leur objectif atteint en moins de 24 heures, tout cela grâce au mode de financement innovateur du site Internet américain Kickstarter.


Le concept de Kickstarter, qui vise d’abord à financer des initiatives « nobles », comme des projets artistiques ou journalistiques, est original en cela qu’il ne sollicite pas la charité à proprement dire… sans pour autant être un site où les internautes peuvent investir. En effet, si les contributeurs d’un projet savent qu’ils n’obtiendront pas de retour sur investissement advenant son éventuel succès financier, ils sont néanmoins sûrs d’obtenir quelque chose en retour de leur argent.


Dans le cas du projet de magazine québécois qui nous intéresse, dépendamment du montant de la contribution, les « mécènes » du magazine auront droit des numéros du magazine, des abonnements, de la visibilité dans le magazine et même à un souper avec ses deux fondateurs. De plus, les « mécènes » d’un projet ne s’engagent à débourser le montant promis seulement si l’objectif financier fixé par ses initiateurs a été atteint.


Kickstarter, qui a depuis sa fondation en 2009 récolté quelque 35 millions de dollars pour le financement de projets divers, était à ses débuts surtout utilisé par des artistes. Néanmoins, le ralentissement de l’économie américaine aidant, Kickstarter a également contribué au financement de projets plus terre-à-terre, comme la fabrication d’une courroie pour appareil photo ou d'un trépied destiné à accueillir un iPhone. Dans ces deux derniers cas, les « mécènes » ont pu recevoir le produit qu’ils ont contribué à mettre au monde en échange d’une contribution à peu près équivalente à son prix de détail.


Nicolas Langelier, qui a présidé l’Association des journalistes indépendants du Québec (Ajiq), n’en est pas à sa première tentative de lancer un magazine. En effet, le journaliste a lancé le magazine P45 en 2000, lequel, après quelque 11 numéros imprimés sur du papier couché, a dû se contenter de survivre sur Internet. L’initiateur du projet n’est donc pas un parfait inconnu, mais le succès de sa démarche pourrait néanmoins inciter d’autres jeunes entrepreneurs québécois à suivre ses traces. Kickstarter, par contre, n’accepte pour l’instant que les projets dont les initiateurs disposent d’un compte de banque américain, une exigence contournée en obtenant la collaboration d’une citoyenne américaine dans le cas présenté ici.


Le futur magazine de Nicolas Langelier, qui misera sur la qualité du contenu, verra le jour en septembre prochain. En attendant, puisque la page Kickstarter du projet acceptera les dons jusqu’au 9 juin prochain, l’incertitude repose sur le montant que le projet réussira à amasser.

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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