Devenir entrepreneur sans permission

Publié le 15/11/2016 à 12:09

Devenir entrepreneur sans permission

Publié le 15/11/2016 à 12:09

Lundi, j’étais à Témiscouata-sur-le-Lac pour faire une présentation sur les start-ups. Il s’agit d’une petite ville de 5000 habitants dont je ne soupçonnais pas l’existence jusqu’à tout récemment et dont le tissu économique est indissociable de la forêt.


On y fait du carton, du bois, des maisons préfabriquées, mais probablement pas beaucoup d’applications mobiles. Et pourtant, on y a annoncé l’ouverture d’un espace de coworking hier.


En me préparant à parler à mon audience, je me suis questionné à savoir si ma présentation leur servirait à quelque chose, si tout le monde peut réellement devenir entrepreneur. Plus je réfléchis à cette question, plus je pense que oui.


J’ai ensuite pensé à Nicolas Duvernois, qui m’avait déplu la semaine dernière en écrivant sur son blogue que tout le monde ne peut pas être entrepreneur. «C’est à croire que 95% de la population mondiale sont des [entrepreneurs]… mais où sont les employés?», s’est-il interrogé sur son blogue.


Je pense qu’à long terme, la réponse à la question «Où sont les employés?» est «sur le chômage» ou «à la retraite». L’automatisation et l’intelligence artificielle vont détruire un grand nombre d’emplois. Et, selon moi, tout ça va redéfinir le concept d’employé. De quelqu’un qui fait ce que son patron lui dit, l’employé de demain sera un entrepreneur dont les initiatives auront pour but d’aider l’organisation à laquelle il appartient à remplir sa mission.


Comme Nicolas Duvernois l’a remarqué, il y a plein d’employés qui sont des entrepreneurs à temps partiel, ou pire encore, des gens qui se promènent dans l’écosystème en prétendant qu’ils travaillent sur quelque chose de gros sans jamais rien faire. En anglais, on appelle ça des «wantrepreneur», et je suis d’accord qu’ils peuvent être irritants. Mais ce sont quand même des entrepreneurs.


Tout le monde peut devenir un entrepreneur. Il suffit de cesser d’avoir peur. Ça ne veut pas dire que tout le monde va lancer des applications mobiles. Pour moi, un entrepreneur est quelqu’un qui fait des choses qu’on ne lui a pas dit de faire.


Quand un voyou décide de faire un graffiti sur un bâtiment public qu’il trouve laid, il agit comme un entrepreneur. Lorsqu’un employé décide d’utiliser un nouveau logiciel de gestion de projet sans obtenir les autorisations nécessaires, il agit en tant qu’entrepreneur. Lorsque quelqu'un décide de vendre des t-shirts qui lui ressemblent parce qu'il n'en trouve pas sur Amazon, il agit en tant qu'entrepreneur. 


Lorsqu’une personne cesse de se définir comme un employé, et qu’elle se fait faire des cartes professionnelles avec le titre d’entrepreneur dessus, pour moi, c’est qu’elle est un entrepreneur. Peut-être un entrepreneur dont le modèle d’affaires est de boire gratuitement dans les cocktails, mais un entrepreneur pareil.


Contrairement aux dentistes et aux avocats, les entrepreneurs sont des gens qui, justement, n’effectuent pas un ensemble de gestes professionnels réglementés. Ils règlent des problèmes qui étaient tombés entre les craques du système. Ils brisent des règles. Ils prennent des risques. Ils essaient des choses qui ne fonctionneront probablement pas, mais qui pourraient fonctionner.


Souvent, ils se bâtissent un avenir, à eux et à leurs familles, alors que toutes les autres portes leur étaient fermées. Parce qu’ils n’avaient pas le bon diplôme, ou qu’ils n’avaient pas la bonne couleur de peau. C’est ça la beauté de l’entrepreneuriat. La seule chose qu’il faut faire, pour devenir un entrepreneur, c’est de prétendre en être un. Et d’agir comme si on savait dans quoi on s’était embarqué. 


La beauté d’être entrepreneur, c’est qu’on crée nous-même notre légitimité à force de travail acharné. Lorsque j’ai lancé Hardbacon en juin, je savais comment fonctionnait le marché boursier, mais j’étais loin d’être un expert sur les frais imposés par les maisons de courtage et les robots-conseillers. Par la force des choses, j’en suis devenu un, si bien que je me retrouve souvent à expliquer comment fonctionnent les robots-conseillers à des professionnels du placement. Et ce n’est que le début.


Principales réalisations:



  • Finalisation du script de la vidéo qu’on prépare pour Kickstarter

  • Réalisation des maquettes pour la refonte de Hardbacon.ca

  • Installation d’un clone de hardbacon.ca vers un environnement de test


Mesures de croissance:



  • Revenu: 0$ (total: 3650$, croissance: 0%)

  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 39 (total: 2857, croissance: 1%) 

  • Nouveaux abonnés sur Snapchat : 2 (total 143, croissance: 1%)

  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 55 (total: 1098, croissance: 5%)

  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 43 (total: 2123, croissance: 2%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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