Pourquoi je suis en amour avec mon nouveau cofondateur (et autres mésaventures)

Publié le 08/11/2016 à 10:31

Pourquoi je suis en amour avec mon nouveau cofondateur (et autres mésaventures)

Publié le 08/11/2016 à 10:31

Ça faisait une semaine à peine que Charles Bouchard (à droite) avait quitté son job doré chez Deloitte pour rejoindre Hardbacon lorsque je lui ai annoncé que j'avais tout bousillé. [Photo: Étienne Lacasse]

Dimanche après-midi, j’ai fait quelque chose de vraiment stupide. J’ai décidé de confier les mots de passe de notre serveur à un Pakistanais offrant ses services sur Fiverr. Pour ceux qui ne connaissent pas Fiverr, il s’agit d’un site Web où on retrouve des gens prêts à effectuer toutes sortes de tâches pour la modique somme de 5$. Pour un entrepreneur sans le sou, c’est l’équivalent numérique du Dollarama. 


Le truc, c’est que si vous n’avez probablement aucune réticence à acheter du dentifrice et des noix (en tous cas, j’en ai aucune) au Dollarama(Tor., DOL), vous n’y achèteriez probablement pas un parachute. C’est à peu près ce que j’ai fait dimanche.


J’ai confié le mandat à un inconnu trouvé sur Fiverr de cloner Hardbacon.ca, afin de pouvoir tester un nouveau thème Wordpress sur la version clonée. Si j’ai fait ça, c’est parce que je ne voulais pas prendre la chance de faire des tests sur notre site Web, de peur de briser quelque chose.


Je sais que vous avez déjà deviné la suite des choses. Le gars de Fiverr s’est branché sur notre serveur et a brisé quelque chose. Pour être plus précis, il a tout bousillé. Lundi matin, quand je me suis réveillé, le site Web de Hardbacon ne s’affichait plus. C’était désormais une page blanche et je n’ai pas eu besoin de beaucoup de temps pour apprécier l’étendue de ma bêtise. 


Après avoir envoyé des courriels de demande d’aide à mon équipe et à des gens de l’externe lundi, j’ai quitté mon appartement pour aller rencontrer Charles Bouchard, le vice-président des finances de Hardbacon, avec qui je me suis récemment associé. Nous avions un rendez-vous dans un café, en face d’un bureau d’avocat où nous devions passer après.


Ça faisait une semaine à peine qu’il avait quitté son emploi de rêve chez Deloitte pour rejoindre Hardbacon et la première chose que je lui ai dit, ce matin là, est que j’avais bousillé le site Web. Que le site était disparu de la carte à cause d’une décision extrêmement stupide que j’avais prise la veille. Il est resté calme et, dans le temps de le dire, il a trouvé un Indien sur Upwork spécialisé dans l’hébergement Azure.


Finalement, l’Indien d’Upwork n’a pas réussi à réparer l’erreur du Pakistanais de Fiverr. Et, croyez-le ou non, aucun d’entre eux ne nous a piratés! Toute la journée, à travers nos rendez-vous, nous avons vécu avec le stress de devoir continuer à remplir nos obligations tout en regardant, avec désarroi, si le site était revenu en ligne aux cinq minutes.


Et vous savez quoi? Le stress de cette journée-là, quoiqu’assez intense, a été plus facile à supporter, parce que j’avais un associé avec qui le partager. Cela dit, ce n’est pas Charles qui a réparé les pots cassés. C’est Tony, qui a pourtant quitté le navire il y a trois semaines, qui a héroïquement sauvé Hardbacon. 


Avec Étienne, notre développeur, Tony a finalement réinstallé notre thème Wordpress, réinstallé tous les plugins qu’on utilise, puis réparé tous les trucs que cette réinstallation a brisés.


Bref, une erreur qui a coûté une grosse journée de travail inutile pour deux développeurs, une perte d’une journée de trafic, et c’est sans parler de l’impact sur notre réputation. Après tout, je ne voudrais pas qu’on finisse par comparer Hardbacon à Twitter…


Tout ça pour dire qu’un entrepreneur qui n’est pas bien entouré n’arrivera à rien. Et que c’est vraiment extraordinaire d’avoir des associés avec qui partager la responsabilité de bâtir une entreprise. (Et d’avoir d’anciennes flammes comme Tony pour nous sauver la vie.)


Charles n’est pas meilleur que moi en programmation, mais il a déjà commencé à faire du développement des affaires, et fait quelque chose que je n’ai jamais eu le temps (ou la compétence) de faire. Un plan pour financer la croissance de Hardbacon.


Bref, je fais des erreurs stupides, mais Hardbacon a vraiment le vent dans les voiles. Et, pour rester dans les métaphores navales, il ne nous manque plus qu’un directeur des technologies pour construire le moteur de notre bateau.


Principales réalisations:



  • Accueil et transfert de dossiers au VP finances de Hardbacon

  • Finalisation des projections financières des Hardbacon

  • Présence remarquée du stand de Hardbacon au grand rassemblement de Contact MTL


Mesures de croissance:



  • Revenu: 0$ (total: 3650$, croissance: 0%)

  • Nouveaux abonnés à l’infolettre : 39 (total: 2818, croissance: 1%) 

  • Nouveaux abonnés sur Snapchat : 2 (total 141, croissance: 1%)

  • Nouveaux abonnés sur Instagram : 104 (total: 1043, croissance: 22%)

  • Nouveaux J’aime sur Facebook : 100 (total: 2080, croissance: 5%)

À propos de ce blogue

DE ZÉRO À UN MILLION est le blogue de Julien Brault, qui a fondé la start-up Hardbacon en juin 2016. L’ancien journaliste de Les Affaires relate ici chaque semaine comment il transforme une idée en entreprise. Dans ce blogue, Julien Brault dévoile notamment chaque semaine ses revenus. Une démarche sans précédent qui est cohérente avec les aspirations de Hardbacon, qui vise à aider les gens à investir intelligemment en faisant voler en éclat le tabou de l’argent. Ce blogue sera ainsi alimenté jusqu’à ce que Hardbacon, qui n’avait aucun revenu lors de la publication du premier billet, génère un million de dollars en revenu annuel.

Julien Brault

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