Émotions contagieuses

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Septembre 2017

Émotions contagieuses

Offert par Les Affaires


Édition du 23 Septembre 2017

Comment bâtir une culture d’entreprise ? Cette question servait d’intitulé à la conférence de Meredith Haberfeld, une coach américaine, à C2-Mtl ce printemps. J’ai réussi à me faufiler dans la salle pour y assister, mais ce ne fut pas facile tant l’atelier était couru. C’est que tout le monde veut découvrir le secret d’une culture d’entreprise forte. Pourquoi ? Parce qu’on n’a encore rien trouvé de mieux pour mobiliser ses employés, d’une part. Et parce que d’autre part, la mobilisation est justement une denrée rare. Gallup parle même d’une crise de l’engagement au travail : d’après le sondeur, 51% des américains ne se sentent plus engagés vis à vis de leur travail.


Autrement dit, dans beaucoup d’entreprises, le coeur n’est pas à la fête le lundi matin. Et ne pensez pas devenir soudain l’entreprise la plus hot en ville en offrant à vos employés des bureaux en bois de grange, des aliments bio ou du kombucha... Meredith Haberfeld est formel : vous jetteriez votre argent par les fenêtres, car ces mesures ont à peu près autant d’effet sur l’engagement qu’un sac en tissu sur le réchauffement climatique.


Alors vous pourriez penser à des congés payés ou une meilleure couverture d’assurance. Oui, ces avantages sociaux sont essentiels, la majorité des employés les réclament. Mais comme beaucoup d’employeurs les offrent, ce ne sont pas ces mesures qui manquent le plus aux employés d’aujourd’hui, ce ne sont plus celles qui permettent à un employeur de se démarquer. En 2016, Gallup mesurait que 35% des employés réclamaient de pouvoir choisir leur lieu de travail, un avantage que seulement 12% des employeurs disaient offrir; et 40% des employés rêvaient de partager les profits de l’entreprise, ce que seulement 20% permettent.


Mais détachons nous de ces considérations matérielles. Elles sont importantes, mais comme le professeur de l’UQAM Jacques Forest l’a démontré quelques fois, elles ne sont pas centrales.


L’engagement repose principalement sur de l’émotion. Ses ingrédients sont la vision, la confiance, les valeurs, l’autonomie, la raison d’être que l’entreprise partage avec ses employés, a énuméré Meredith Haberfeld. Ce sont aussi les compétences qu’elle valorise chez eux. «Organisez-vous pour que vos employés connaissent leurs forces», a repris en choeur un des participants à ma table pendant cet atelier, Stephen Goldberg, lui-même coach professionnel à Montréal.


Rappelez-vous aussi que les émotions sont contagieuses. La clé, c’est vous. Les employés dont le superviseur est lui-même hautement mobilisé ont 59% plus de chances de l’être à leur tour, signale Gallup. Et Meredith Haberfeld de conclure : «Les gens ne quittent pas une entreprise. Ils quittent une relation.»


Julie Caillau
Rédactrice en chef, Groupe Les Affaires
julie.cailliau@tc.tc

À propos de ce blogue

Julie Cailliau est éditrice adjointe et rédactrice en chef du Groupe Les Affaires, dont l’équipe de journalistes chevronnés publie le journal Les Affaires, le site lesaffaires.com et le magazine Les Affaires Plus. Elle est également présidente du conseil d’administration de la Fondation des prix pour les médias canadiens. Diplômée de l’École supérieure de journalisme de Lille, en France, Julie a pratiqué le métier de journaliste au sein de plusieurs publications françaises et québécoises. Dans une vie précédente, elle a œuvré à titre d’ingénieure en biotechnologies. Son « why », c’est d’apprendre et d’informer afin de nous permettre de faire les bons choix. La prise de conscience de l’urgence environnementale et l’émergence de l’entrepreneuriat social comptent pour elle parmi les tendances les plus réjouissantes actuellement.

Julie Cailliau

Sur le même sujet

Adaptez vos programmes de santé et mieux-être à la culture de vos bureaux à l’étranger

BLOGUE. La santé psychologique, c’est culturel. Pour que les activités de prévention et de promotion ...

Votre culture d'entreprise est-elle vivante ?

Édition du 11 Novembre 2017 | Simon Lord

Il en va des cultures d'entreprises comme des cultures nationales : qu'elles soient décrites ou non dans un document ...