Y a-t-il une bulle techno dans le S&P500?

Publié le 26/06/2017 à 14:00, mis à jour le 26/06/2017 à 14:10

Y a-t-il une bulle techno dans le S&P500?

Publié le 26/06/2017 à 14:00, mis à jour le 26/06/2017 à 14:10

Depuis le début de l’année, les titres technologiques vedettes FANG (Facebook, Amazon, Netflix et Google) ont générés environ le quart de la performance du S&P 500. C’est beaucoup pour 4 titres sur 500. Une autre catégorisation similaire, le FAAMG (Facebook, Apple, Amazon, Microsoft et Google) a généré environ le tiers du rendement du S&P500.


Selon une analyse de UBS, une telle concentration de rendement n’est pas inédite et s’est produite à plusieurs reprises au cours des dernières années. Ce phénomène ne devrait pas surprendre outre mesure, puisque tout indice pondéré en fonction de la capitalisation est à risque d’un tel phénomène.


Jusqu’à tout récemment, les FAAMG correspondaient aux 5 plus importants titres du S&P500 et représentaient plus de 12% de la pondération du S&P 500. Si ces 5 titres performent bien, ils auront nécessairement un impact important sur le rendement de l’indice.


Le S&P500 est-il dans une bulle technologique à cause d’une telle concentration sectorielle?


Le moins que l’on puisse dire que cette réalité reflète un changement majeur quant à l’anticipation de l’impact qu’aura ce secteur dans l’économie américaine au cours des prochaines années. Comparativement à la bulle technologique de 1999, les niveaux d’évaluation sont très différent et plus raisonnables.


Qu’en est-il des titres de moyennes capitalisations?


Une autre façon de regarder le marché américain est d’analyser le rendement d’un indice mieux diversifié que le S&P 500, par exemple les actions de moyennes capitalisations. En comparant le rendement du VO (Vanguad Mid-Cap ETF) et celui du VOO (Vanguard S&P 500 ETF) depuis le début de l’année, on constate que leurs rendements sont pratiquement identiques, et ce, sans que le VO n’ait profité du rendement des FAAMG.


Le VO comporte lui aussi une pondération importante en technologie (14% vs 23% pour le S&P500), mais les 5 principaux titres ne représentent que 4,2% de l’indice (vs 12% pour le S&P500). De par sa construction, un tel indice de moyennes capitalisations sera probablement toujours mieux diversifié que le S&P500 en évitant une concentration dans seulement quelques titres. C’est un avantage important à long terme. J’ai d’ailleurs déjà écrit un autre billet sur le sujet ici.


Mon objectif n’est pas de minimiser l’impact des FAAMG/FANG sur le S&P500, mais plutôt d’illustrer qu’il y a différente façon d’interpréter les rendements des indices et plusieurs raisons qui expliquent que de telles analyses soient diffusées.


Parfois, c’est pour illustrer des aberrations dans la construction d’un indice (rappelons-nous le cas de Nortel!), mais parfois ce type d’analyse aide un gestionnaire de portefeuille à justifier une performance inférieure à son indice de référence en expliquant qu’une telle concentration n’est pas normale ou n’est pas justifiée.


Les indices pondérés en fonction de la capitalisation boursière ont certainement des défauts, mais dans la plupart des environnements de marchés et des cycles économiques, ils sont représentatifs du marché et peu de gestionnaires sont en mesure d'obtenir de meilleurs rendements sur de longue période.


Il y aura toujours des «imprévus», des «anomalies» et des «aberrations» en gestion de portefeuille, d’où l’importance de construire des portefeuilles qui ne seront pas affectés outre mesure par ces «situations extraordinaires» qui se produisent plus souvent que l’on ne l’imagine.


Si une concentration sectorielle trop élevée affecte le risque de votre portefeuille, c’est probablement signe qu’il y a un problème sur le plan de la diversification. Détenir du S&P 500 c’est bien, mais ce n’est pas suffisant (quoi qu’en dise M. Buffett) pour un investisseur canadien.


Comment réduire l'exposition en titres technologiques?


Le simple fait de combiner du S&P500 au S&P/TSX 60 permet de réduire le risque d’un portefeuille et d’améliorer la diversification sectorielle. À titre d’illustration, la pondération des technologies dans l’indice canadien est de moins de 2,5%.


Si l’on poursuit cet exercice de diversification avec d’autres régions géographiques et d’autres classes d’actifs, on obtient un portefeuille mieux diversifié, moins risqué et dont le rendement espéré à long terme est potentiellement plus élevé.


N’hésitez pas à m’écrire si vous aimeriez que j’aborde un sujet particulier dans ce blogue.


À propos de ce blogue


Ian Gascon est président de Placements Idema (www.idema.ca), un gestionnaire de portefeuille qui propose des solutions de placements personnalisées, à faible coût. « Les FNB démystifiés » est le premier blogue francophone dédié aux fonds négociés en bourse au Canada. Suivez-nous aussi sur Twitter et facebook.



Depuis le début de l’année, les titres technologiques vedettes FANG (Facebook, Amazon, Netflix et Google) ont générés environ le quart de la performance du S&P 500. C’est beaucoup pour 4 titres sur 500. Une autre catégorisation similaire, le FAAMG (Facebook, Apple, Amazon, Microsoft et Google) a généré environ le tiers du rendement du S&P500.


Selon une analyse de UBS, une telle concentration de rendement n’est pas inédite et s’est produite à plusieurs reprises au cours des dernières années. Ce phénomène ne devrait pas surprendre outre mesure, puisque tout indice pondéré en fonction de la capitalisation est à risque d’un tel phénomène.


Jusqu’à tout récemment, les FAAMG correspondaient aux 5 plus importants titres du S&P500 et représentaient plus de 12% de la pondération du S&P 500. Si ces 5 titres performent bien, ils auront nécessairement un impact important sur le rendement de l’indice.


Le S&P500 est-il dans une bulle technologique à cause d’une telle concentration sectorielle? Le moins que l’on puisse dire que cette réalité reflète un changement majeur quant à l’anticipation de l’impact qu’aura ce secteur dans l’économie américaine au cours des prochaines années. Comparativement à la bulle technologique de 1999, les niveaux d’évaluation sont très différent et plus raisonnables.


Qu’en est-il des titres de moyennes capitalisations?


Une autre façon de regarder le marché américain est d’analyser le rendement d’un indice mieux diversifié que le S&P 500, par exemple les actions de moyennes capitalisations. En comparant le rendement du VO (Vanguad Mid-Cap ETF) et celui du VOO (Vanguard S&P500 ETF) depuis le début de l’année, on constate que leurs rendements sont pratiquement identiques, et ce, sans que le VO n’ait profité du rendement des FAAMG.


Le VO comporte lui aussi une pondération importante en technologie (14% vs 23% pour le S&P500), mais les 5 principaux titres ne représentent que 4.2% de l’indice (vs 12% pour le S&P500). De par sa construction, un tel indice de moyennes capitalisations sera probablement toujours mieux diversifié que le S&P500 en évitant une concentration dans seulement quelques titres. C’est un avantage important à long terme. J’ai d’ailleurs déjà écrit un autre billet sur le sujet ici.


Mon objectif n’est pas de minimiser l’impact des FAAMG/FANG sur le S&P500, mais plutôt d’illustrer qu’il y a différente façon d’interpréter les rendements des indices et plusieurs raisons qui expliquent que de telles analyses soient diffusées. Parfois, c’est pour illustrer des aberrations dans la construction d’un indice (rappelons-nous le cas de Nortel!), mais parfois ce type d’analyse aide un gestionnaire de portefeuille à justifier une performance inférieure à son indice de référence en expliquant qu’une telle concentration n’est pas normale ou n’est pas justifiée.


Il y aura toujours des « imprévus », des « anomalies » et des « aberrations » en gestion de portefeuille, d’où l’importance de construire des portefeuilles qui ne seront pas affectés outre mesure par ces « situations extraordinaires » qui se produisent plus souvent que l’on ne l’imagine.


Si une concentration sectorielle trop élevée affecte le risque de votre portefeuille, c’est probablement signe qu’il y a un problème au niveau de la diversification. Détenir du S&P 500 c’est bien, mais ce n’est pas suffisant (quoi qu’en dise M. Buffett) pour un investisseur canadien.


http://www.lesaffaires.com/dossier/les-fnb-pour-faire-croitre-son-portefeuille/pourquoi-warren-buffett-conseille-les-fonds-indiciels/595374 Comment réduire l’exposition en titres technologiques?


Le simple fait de combiner du S&P500 au S&P/TSX 60 permet de réduire le risque d’un portefeuille et d’améliorer la diversification sectorielle. À titre d’illustration, la pondération des technologies dans l’indice canadien est de moins de 2.5%.

 


Si l’on poursuit cet exercice de diversification avec d’autres régions géographiques et d’autres classes d’actifs, on obtient un portefeuille mieux diversifié, moins risqué et dont le rendement espéré à long terme est potentiellement plus élevé.



À propos de ce blogue

Ian Gascon est président de Placements Idema (www.idema.ca), un gestionnaire de portefeuille qui propose des solutions de placements personnalisées, à faible coût et utilisant des fonds négociés en bourse (FNB). «Les FNB démystifiés» est le premier blogue francophone dédié aux fonds négociés en bourse au Canada et Placements Idema est la première société au Canada à avoir lancé un service en ligne de gestion de portefeuille, maintenant mieux connu sous le terme «robot-conseiller».

Ian Gascon

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