Tensions vives entre l'aigle américain et le dragon chinois

Publié le 25/09/2015 à 20:55

Tensions vives entre l'aigle américain et le dragon chinois

Publié le 25/09/2015 à 20:55

Le président américain Barack Obama et le président chinois Xi Jinping

ANALYSE DU RISQUE - Malgré les beaux discours et les poignées de mains à Washington cette semaine, les États-Unis et la Chine sont engagés dans une compétition féroce pour le contrôle de l'Asie-Pacifique. Préparez-vous à de vives tensions politiques, économiques et militaires entre l'aigle américain et le dragon chinois.


Bien entendu, devant les caméras et en public, le président Barack Obama et son homologue chinois Xi Jinping ont voulu montrer ce vendredi l'image d'une entente cordiale entre les deux pays, malgré des tensions sur certains enjeux, dont les prétentions territoriales de la Chine en mer de Chine méridionale et l'espionnage économique.


Avant son arrivée aux États-Unis, le président Xi a même accordé un entretien au Wall Street Journal - le plus important quotidien américain - dans lequel il a voulu se montrer rassurant à propos des intentions militaires de la Chine.


Il a affirmé que la «Chine a toujours poursuivi une politique de défense, défensive par nature, et une stratégie de défense dynamique».


Par ailleurs, hier à Washington, Barack Obama et Xi Jinping ont aussi évoqué un accord pour qu’aucun des deux gouvernements ne mène ou ne soutienne, «en connaissance de cause», le vol informatique de propriétés intellectuelles, notamment des secrets commerciaux, rapporte le quotidien français Libération.


Les deux leaders ont cependant donné peu de précisions sur le fonctionnement concret d'un tel engagement.


En théorie, cet accord est noble, et garant d'une certaine paix cybernétique. Mais en pratique, il sera difficilement applicable, font remarquer certains analystes.


La réalité, c'est que Washington et Pékin sont à couteaux tirés en Asie-Pacifique, notamment parce que l'armée chinoise construit de manière accélérée depuis des mois des îles artificielles dans la Mer de Chine méridionale.


Une situation qui inquiète au plus haut point les pays riverains, les États-Unis, et leurs alliés dans la région comme le Japon.


La Chine rétorque qu'elle n'a pas de mauvaises intentions, et qu'elle ne fait que défendre ses intérêts économiques et politiques dans cette région du monde.


Xi Jinping a réaffirmé le droit de la Chine à maintenir sa «souveraineté territoriale» sur des îles «qui sont des territoires chinois depuis des temps immémoriaux».


Le hic, c'est qu'une partie importante du commerce international transite justement par cette région, ce qui inquiète les États-Unis et les grandes nations commerçantes européennes et asiatiques.


Mais à plus long terme, il se joue une partie d'échecs géopolitique en Asie-Pacifique, dont parlent trop peu les médias.


De quoi s'agit-il?


«L'Asie pour les Asiatiques»


À propos de ce blogue

Dans son analyse hebdomadaire Zoom sur le monde, François Normand traite des enjeux géopolitiques qui sont trop souvent sous-estimés par les investisseurs et les exportateurs. Journaliste au journal Les Affaires depuis 2000 (il était au Devoir auparavant), François est spécialisé en commerce international, en entrepreneuriat, en énergie & ressources naturelles, de même qu'en analyse géopolitique. François est historien de formation, en plus de détenir un certificat en journalisme de l’Université Laval. Il a réussi le Cours sur le commerce des valeurs mobilières au Canada (CCVM) de l’Institut canadien des valeurs mobilières et il a fait des études de 2e cycle en gestion des risques financiers à l’Université de Sherbrooke durant 15 mois. Actuellement, il est inscrit au MBA à temps partiel à l'Université de Sherbrooke. Depuis une vingtaine d’années, François a réalisé plusieurs stages de formation à l’étranger: stage à l’École supérieure de journalisme de Lille, en France (1996); stage auprès des institutions de l'Union européenne, à Bruxelles (2002); stage auprès des institutions de Hong Kong (2008); participation à l'International Visitor Leadership Program du State Department, aux États-Unis (2009). En 2007, il a remporté le 2e prix d'excellence Caisse de dépôt et placement du Québec - Merrill Lynch en journalisme économique et financier pour sa série « Exporter aux États-Unis ».

François Normand

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