Des politiques de courte vue

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Décembre 2014

Des politiques de courte vue

Offert par Les Affaires


Édition du 13 Décembre 2014

Photo: Shutterstock

Il y a quelque temps, j'évoquais dans cette même tribune mon désaccord avec la hausse du coût des garderies. Je suis même persuadée qu'une gratuité de ce service serait beaucoup plus rentable pour le gouvernement, et surtout pour notre économie, même à court terme. Depuis, les coupes budgétaires se poursuivent et elles n'épargnent ni les soins de santé, ni les commissions scolaires, ni la télévision publique, ni même les CLD, et j'en passe...


Cette politique de soi-disant rigueur pourrait paraître noble et indispensable si elle était animée par une réelle vision de ce que devrait être le Québec de demain. Ce n'est pas le cas. La vision de notre gouvernement semble se limiter à un mandat au terme duquel il veut à tout prix présenter une réduction de la dette et des comptes équilibrés, peut-être dans le seul objectif d'être réélu. Il est plus facile d'effectuer des compressions budgétaires dont les résultats sont immédiatement quantifiables que d'investir dans une politique de relance économique véritable dont les effets ne se feront sentir que dans quelques mois ou quelques années, mais qui sera solide et durable.


Malheureusement, cette attitude n'est pas propre au parti libéral ni au gouvernement actuel. Elle est devenue une ligne de conduite pour la plupart des partis. J'avoue regretter l'ère des grands hommes politiques, les vrais. Ces tribuns qui, portés par une grande idée du Québec et une vision largement ouverte vers l'avenir, savaient soulever les foules et susciter les passions. On se souviendra d'eux comme des visionnaires, fiers de leur province et capables de grandes réformes...


Et si 70 000 femmes abandonnaient leur emploi ?


Pour en revenir aux CPE et à cette décision gouvernementale qui consistera à moduler le prix en fonction du revenu des parents, j'entrevois là une déviation très dangereuse de nos modes de fonctionnement, et surtout, je redoute un impact très négatif sur notre économie et sur le dynamisme de nos entreprises. Les foyers qui disposent des revenus les plus élevés contribuent déjà largement au financement des CPE par l'intermédiaire de leurs impôts, et ce, même et surtout s'ils n'ont pas d'enfants. Et s'ils en ont et que leurs tout-petits sont en âge de fréquenter ces garderies, c'est quasiment une double facturation qui leur sera imposée. Autre motif d'inquiétude, compte tenu du faible pourcentage de Québécois qui ont des revenus supérieurs à 100 000 $ par an, c'est essentiellement la classe moyenne qui fera les frais de cette politique qui pourrait s'avérer rapidement très préoccupante.


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Danièle Henkel

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