La montréalaise Element AI frappe gros avec Microsoft et Intel

Publié le 14/06/2017 à 08:00

La montréalaise Element AI frappe gros avec Microsoft et Intel

Publié le 14/06/2017 à 08:00

Yoshua Bengio.

Un financement de Série A historique de 137,5 millions de dollars (102 M$ US) pour le spécialiste montréalais Element AI lui permettra d’embaucher 250 personne, et d’étendre son marché d’intelligence artificielle et d’apprentissage-machine à Toronto, en Asie, puis en Europe.


Grâce à cet investissement, l’entreprise montéalaise fondée en octobre 2016 par les entrepreneurs Jean-François Gagné et Nicolas Chapados, en partenariat avec le professeur Yoshua Bengio et la firme Real Ventures, passe en deuxième vitesse. Au-delà de son expansion géographique, elle pourra ainsi consolider son rôle de point d’ancrage pour la recherche académique, les startups et les grandes entreprises ayant un intérêt envers cette technologie émergente.


Cloner le modèle montréalais


«Nous avons créé un modèle à Montréal, et là, nous aurons les moyens de le cloner à l’étranger», résume Jean-François Gagné, en entrevue avec Les Affaires. «Nous allons d’ailleurs faire des annonces d’investissement dans d’autres jeunes entreprises dans les semaines à venir, qui viennent compléter la palette de solutions que nous offrons aux grandes entreprises possédant beaucoup de données, mais ne sachant pas comment les utiliser.»


Ce maillage entre les universités, les entreprises et le secteur des nouvelles technologies est ce qui distinguait jusqu’ici Montréal dans ce secteur, mais la métropole québécoise n’est pas la seule à jouer dans ce marché en effervescence partout sur la planète. Par contre, c’est un modèle qui facilite les relations d’affaires entre les fournisseurs de services tirés de l’intelligence artificielle, qui sont souvent de jeunes pousses issues de recherche universitaire ou d’incubateurs, et leurs clients potentiels, c’est-à-dire des multinationales.


«Ensemble, nous offrons une palette de services et d’applications en IA aux entreprises du Fortune 1000, ce qu’on ne pourrait pas faire individuellement. Nous appelons ça notre plateforme, mais on pourrait aussi dire qu’on agit comme un App Store de l’IA destiné aux grandes entreprises», explique M. Gagné.


Une première pour Intel et Nvidia


Des applications et des services qui touchent à plusieurs secteurs, comme la fraude bancaire, les assurances, l’automatisation, la robotique et le manufacturier, mais qui restent difficiles à démontrer concrètement, admet l’entrepreneur montréalais. «C’est encore tout naissant, mais les exemples concrets s’en viennent», assure-t-il, précisant au passage que deux des investisseurs dans cette ronde de série A sont des clients d’Element AI: la Banque Nationale et Hanwha, un groupe industriel sud-coréen.


Les autres investisseurs comprennent Data Collective (DCVC), un fonds de capital-risque de Palo Alto, en Californie, Microsoft Ventures, Real Ventures, Intel Capital et Nvidia.


Dans ces deux derniers cas, il s’agit d’un premier investissement aussi tôt dans le processus de croissance d’une entreprise. Nvidia, pour une, est passée d’un simple fabricant de composants électroniques reconnu dans le jeu vidéo, notamment, à un fournisseur de composants critiques pour les domaines de la cryptomonnaie (le Bitcoin) et l’apprentissage machine. Ça en dit long sur les changements imposés par l’émergence de l’intelligence artificielle sur le secteur des technologies et sur l’économie mondiale!


«Element AI fait un travail extraordinaire qui permet aux entreprises d’industries variées d’intégrer l’IA à leurs activités et de tirer parti de la plate-forme d’apprentissage profond de NVIDIA», affirme Jeff Herbst, vice-président du développement des affaires chez NVIDIA. «En intégrant les processeurs graphiques de NVIDIA et les logiciels, Element AI aura les ressources nécessaires pour résoudre les problèmes mondiaux les plus importants.»


Même son de cloche du côté du principal investisseur dans cette nouvelle ronde, Data Collective: «Les problèmes les plus cruciaux auxquels l’industrie mondiale et le gouvernement font face impliquent trop de données complexes et changeantes pour les capacités cognitives humaines et ce, même s’ils sont étudiés par plusieurs experts», selon Matt Ocko, associé-directeur chez DCVC. «Ces groupes - et les consommateurs et citoyens qu’ils servent - ont besoin de systèmes intelligents avec qui ils peuvent travailler conjointement pour répondre à cette complexité.»


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À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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