Écouteurs The Dash de Bragi: on n'a pas vu le futur, mais on l'a entendu

Publié le 20/04/2016 à 11:31

Écouteurs The Dash de Bragi: on n'a pas vu le futur, mais on l'a entendu

Publié le 20/04/2016 à 11:31

Les écouteurs The Dash de Bragi: l'avenir des écouteurs est-il sans fil?

BLOGUE. Apparemment, le futur sera sans fil. Et si on se fie aux écouteurs The Dash de la société Bragi, c'est parfait comme ça.


Malgré leur nom peu commode, les écouteurs The Dash sont le dernier cri de l'audio portable, au même titre que les Earin et les Phazon, deux produits similaires issus eux aussi d'une campagne de sociofinancement sur Kickstarter et Indiegogo. Et pour le moment, Bragi est le meilleur porte-étendard de cette nouvelle tendance.


En attendant les Phazon conçus à Montréal et prévus pour l'automne prochain, à tout le moins. Ou, si on se fie à certaines rumeurs, en attendant qu'Apple n'investisse ce créneau avec ses propres oreillettes Beats entièrement sans fil (plus à ce sujet plus bas dans le texte).


Bref, même si l'idée derrière les Dash de Bragi nous ramène à 2014, ce n'est que ces jours-ci qu'ils apparaissent sur le marché . La raison de ce délai: la promesse de la petite pousse munichoise était aussi simple qu'ambitieuse: créer un casque d'écoute stéréo sans fil, avec micro, imperméable, intégrant un cardiomètre en plus.


Et par sans fil, on veut dire, totalement sans fil. Rien ne relie les deux oreillettes, sinon un signal Bluetooth LE plutôt ténu. Celui-ci permet évidemment de générer un son stéréophonique à partir d'une source sonore externe, en passant là aussi par le protocole Bluetooth, ou mieux, à partir des fichiers musicaux enregistrés dans les 4 gigaoctets de stockage interne des Dash.


Tout ça, avec 3 heures de batterie, et un boîtier de rangement multipliant par 5 cette autonomie avant de nécessiter une recharge à son tour. C'est définitivement un compromis, mais soyons honnête, il est rare qu'on utilise des écouteurs de façon ininterrompue pour plus d'une heure ou deux, à moins d'être dans un avion devant nous porter outre-mer.


Quiconque a précommandé à l'aveuglette un produit sur Kickstarter ou Indiegogo sait à quel point ça prend des allures de saut dans le vide. Les risques de déception sont élevés. Surtout quand on dépose quelque 375 $, le montant exigé par Bragi (en $CA) pour un exemplaire de ses Dash… 


Apple sur les traces de Bragi?


Dans la vie, il y a choses qui ne s'expliquent pas. Comme l'engouement démesuré des consommateurs envers les écouteurs sous toutes leurs formes. Il y a une part démesurée de campagnes de sociofinancement réussies composée exclusivement de casques d'écoute, avec ou sans fil, intra auriculaires ou non, abordables ou pas. Il y a aussi un espace important des boutiques d'électronique, des vendeurs de téléphones, et des spécialistes du son réservée à ces accessoires sonores.


Des marques montréalaises en profitent: les écouteurs Revols ont été lancés avec succès sur Kickstarter, et les Phazon, sur Indiegogo, l'hiver dernier.


Signe qu'on voit peut-être surgir une nouvelle tendance lourde de l'électronique personnelle, même Apple jonglerait avec l'idée de produire des oreilletes stéréo sans fil sous sa bannière Beats (le concept est déjà breveté). Celles-ci accompagneraient formidablement bien un iPhone 7 automnal pour sa part totalement dépourvu de ports de connexion traditionnels au-delà du port Lightning peu commodes pour un casque d'écoute conventionnel...


S'il y a une chose qu'on réalise après avoir essayé les Dash pendant quelques jours, dans divers contextes (à la maison, dans le métro, en vélo et à la piscine), c'est que cette rumeur pourrait se concrétiser qu'on n'en serait pas surpris: la technologie fonctionne, le résultat n'est pas mal du tout, et on apprend rapidement à apprécier le confort d'une paire d'oreillettes dépourvue d'un (ou même deux) câble.


Un produit ambitieux que convoiterait même Apple...


Confortables et polyvalents, mais…


Physiquement, les Dash sont compacts et confortables. Leur opération, via une surface tactile en deux temps (à gauche, les commandes liées aux activités physiques, à droite, celles liées à l'audio) est probablement leur plus gros défaut, mais on finit par s'y faire.


Le son est correct, sans être très puissant. Le signal stéréo est étonnamment solide, ne flanchant que rarement, quand l'environnement est chargé d'un trop grand nombre d'autres signaux sans fil de même nature (Bluetooth).


Le micro n'est pas meilleur, ni moins bon, que celui d'un casque câblé. Et le cardiomètre, qui prend votre pouls quelque part dans le pavillon de l'oreille, est aussi (im)précis que celui d'un de ces fameux bracelets connectés signés Fitbit, Garmin ou même Microsoft.


Il ne manque qu'une offre logicielle plus étoffée, qui permettrait de compiler les données tirées du cardiométre, lequel se double d'un podomètre. On peut notamment enregistrer des périodes d'activité précises à même les écouteurs (course, vélo, natation), mais il manque un historique détaillé de ces activités. 


Bref, voilà une belle surprise, quoique perfectible, et qui n'est pas exactement une aubaine, mais qui semble signaler d'une tendance qu'on devra surveiller de plus près, au fil des prochains mois: celle des écouteurs à la fois sans fil et sans fil.

À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
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