Ces cinq entreprises disparaîtront-elles ou causeront-elles la surprise de 2018?

Publié le 02/01/2018 à 11:58

Ces cinq entreprises disparaîtront-elles ou causeront-elles la surprise de 2018?

Publié le 02/01/2018 à 11:58

Le Sonos One. (Photo: Sonos)

l n'y a pas d'entreprise «too big to fail» dans les technos…


L'expression popularisée il y a dix ans afin de sauver les géants de Wall Street d'une crise financière catastrophique ne risque pas d'effectuer un retour, ces gros noms du secteur technologique risquant plus d'être avalés par des rivaux que de carrément disparaître. Mais peut-être pourraient-ils représenter la surprise de l'année, sait-on jamais…


Netflix


L'acquisition des studios de la 20th Century Fox par Disney à la fin de l'année dernière, et l'intention avouée de Disney d'aller rivaliser directement avec Netflix dans la vidéo sur demande, mettent de la pression sur ce dernier. Disney-Fox, c'est 40% du box office américain. C'est aussi une participation majoritaire dans Hulu, un service similaire à Netflix qui compte quelques dizaines de millions d'utilisateurs chez nos voisins du sud.


Ajoutez Amazon Prime dans le lot et vous voyez comment ce créneau risque de brasser au fil des prochains mois. Jim Suva et Asiya Merchant, deux analystes de Citi, ajoutent un autre facteur à l'équation : en abaissant le taux d'imposition sur l'argent amassé à l'étranger par les sociétés américaines, Trump donne les moyens à des géants comme Apple de délier les cordons d'une bourse qui s'avère plus que généreuse, à quelque 325 milliards $CA.


Avec sa médiathèque iTunes qui peine à soutenir sa croissance du côté de la vidéo, Apple pourrait avoir un œil sur ce marché également, concluent les deux analystes, qui établissent à 40% les chances que Tim Cook et sa bande fassent une offre pour acquérir Netflix. Sa capitalisation boursière est d'un peu plus de 100 milliards $CA, ce qui équivaut à peu près exactement à 10% de la valeur d'Apple.


Une bouchée de pain, en d'autres mots.


Electronic Arts


Apple a déjà promis qu'elle investirait un milliard $US dans la production de contenu vidéo en 2018. Son objectif : mousser sa plateforme Apple TV, et l'application TV qu'elle a lancée formellement l'automne dernier, et qui agit actuellement comme agrégateur de contenus télévisés provenant de diverses sources, dont iTunes, Netflix, et au Canada, Global, CTV et ICI Tou.tv, entre autres.


Cette stratégie pourrait inclure l'ajout d'univers virtuels tirés du jeu vidéo, ajoutent les deux experts de Citi, qui pensent qu'il existe 10% de chances qu'Apple mette la main sur Activision Blizzard, Take-Two Interactive ou Electronic Arts. Tous trois ont une valeur boursière allant de 15 à 60 milliards $CA, ce qui est tout à fait dans les moyens d'Apple.


«Cette société a tout simplement trop d'argent, et ça grossit de 50 milliards $ de plus chaque année. La réforme fiscale aux États-Unis va donner à Apple 275 milliards d'argent (canadien) net pour procéder à des acquisitions», concluent Suva et Merchant. 


À suivre. 


Roku


Grâce à ses terminaux de télé connectés, Roku se présente comme la troisième option avec l'Apple TV et la clé Chromecast pour diffuser du contenu audiovisuel provenant d'Internet sur le téléviseur du salon. En fait, Roku a des ententes avec des fabricants de téléviseurs pour vendre des appareils directement animés par son logiciel, ce qui lui confère une longueur d'avance sur Apple et Google, et lui permet de jouer dans les platebandes des fabricants de téléviseurs connectés comme LG et Samsung.


Comme Sonos dans la musique et Paypal dans le paiement, ça en fait un petit joueur indépendant qui se tire bien d'affaires grâce à des partenariats clés avec de plus gros acteurs.


Un de ces acteurs est Fox, qui compte se recentrer sur ses activités de télédiffusion aux États-Unis. Fox a gardé une participation importante dans Roku, dont la valeur en Bourse a pris 228% depuis septembre. Les experts expliquent ce rebond de deux façons : un engouement généralisé envers les technos, et la transaction entre Fox et Disney, justement.


Cette transaction renforcera le service Hulu. Puis un service similaire pour du sport en direct provenant d'ESPN, une autre propriété de Disney, devrait aussi voir le jour dans les prochains mois. Le marché des récepteurs connectés comme ceux de Roku en profiteront, mais Disney ou même Fox pourraient être déçus de voir une partie de cette croissance aller à Apple, Amazon ou Samsung.


Une chute de l'action de Roku en Bourse, chose annoncée par plus d'un analyste financier depuis deux jours, pourrait représenter une occasion en or pour une entreprise avide de cimenter sa place dans ce créneau. 


Sonos


Le fabricant d'enceintes connectées avait le champ libre jusqu'à ce qu'Amazon fasse exploser ce marché grâce à l'Echo, une enceinte non seulement connectée, mais à commande vocale en prime. Ça s'est corsé pour Sonos, qui a perdu son PDG et qui a complètement revu sa stratégie en 2017.


Avec des géants comme Amazon, Apple et Google dans les pattes, Sonos tente désormais de se tirer d'affaires en jouant la carte de l'ouverture. Là où les trois autres ont des écosystèmes fermés, Sonos voudra être agnostique. Ça se traduit par une intégration d'Alexa cet hiver, et de l'Assistant Google prochainement. Sans doute que le délai dans la mise en marché du HomePod d'Apple donnera un peu plus d'air à Sonos en 2018.


Ces enceintes plus abordables plus polyvalentes et les services de diffusion musicale semblent prouver que les amateurs de musique n'ont pas tous l'oreille assez affûtée pour nécessiter d'investir des sommes importantes dans des produits haut de gamme, cela dit. Des applications comme la montréalaise AmpMe font tomber son autre atout, la lecture musicale synchronisée entre différentes enceintes.


Les efforts du fabricant américain pour conserver sa niche lui permettront peut-être de gagner du temps. Une liquidation majeure de ses produits durant les Fêtes lui insufflera un certain rythme pour débuter l'année du bon pied. La multiplication des enceintes connectées lui fera par contre beaucoup d'ombre.


On a hâte de voir l'effet de toutes ces tendances sur l'éventuelle décision de sa direction d'inscrire Sonos en Bourse…


Paypal


Comme la musique et la vidéo, les paiements sont aussi en pleine transformation technologique, mais le résultat pourrait être bien différent.


Un des noms les plus en vue du secteur du paiement va encore faire parler de lui en 2018. Ses partenariats stratégiques prometteurs avec des géants comme MasterCard, Chase et Baidu semblent prouver que Paypal avait effectivement besoin de se dégager du giron d'eBay (en 2014) afin de prendre une place plus importante dans une industrie qui est en plein changement.


Résultat : la valeur boursière de Paypal a pratiquement doublé l'an dernier, pour atteindre 110 milliards $CA, ce qui en fait une étoile bien scintillante dans le firmament de plus d'un analyste boursier.


Ces jours-ci, trois tendances fortes tirent l'industrie du paiement vers le haut : les transactions entre particuliers, le magasinage en ligne et les transactions entre commerçants. Paypal est désormais présente dans ces trois domaines, mais elle devra contrer les attaques de nouveaux rivaux comme Apple et Google, qui ont tous deux l'avantage de posséder un bassin d'utilisateurs beaucoup plus important dans au moins deux de ces trois créneaux.


Rien ne dit si Mastercard ou Visa, qui tentent tous deux d'entrer dans la danse de ce virage technologique en cours en procédant à des acquisitions stratégiques, ne seront pas tentées d'accélérer le processus en se rapprochant de Paypal. Ce serait quand même étonnant : c'est une grosse bouchée à prendre, et la croissance est telle que tout le monde en bénéficie.


Suivez-moi sur Twitter:





Suivez-moi sur Facebook:


À propos de ce blogue

Autrefois, on appelait ça de l'électronique mais de nos jours, les nouvelles technologies vont bien au-delà des transistors et des circuits imprimés. Des transactions bancaires à l'écoute en rafale d'émissions de télé les plus populaires, la technologie est omniprésente. Et elle comporte son lot de questionnements. Journaliste spécialiste des technologies depuis bien avant l'avénement du premier téléphone intelligent, Alain McKenna a observé cette évolution sous tous ses angles et livre ici ses impressions sur le sujet.

Alain McKenna
Sujets liés

Technologie , techno

Sur le même sujet

Là où Sears l'a vraiment échappé

Mis à jour le 16/01/2018 | Daniel Lafrenière

BLOGUE INVITÉ. On ne peut pas faire du commerce comme avant et il n’y a pas de recette unique.

10 choses à savoir mardi

16/01/2018 | Alain McKenna

Airbnb vous fera aimer les «pays de merde» de Trump, 100 000$/an pour faire pousser du pot, RIP, Siri