E3: Eidos Montréal prépare une phase de croissance

Publié le 19/06/2017 à 14:35

E3: Eidos Montréal prépare une phase de croissance

Publié le 19/06/2017 à 14:35

Par Denis Lalonde

Le directeur général d'Eidos Montréal, David Anfossi. (Photo Denis Lalonde)

LOS ANGELES. Eidos Montréal, qui compte environ 500 employés, n'a pas lancé de jeu à l'Electronic Entertainment Expo (E3) cette année, ce qui n'inquiète pas le directeur général du studio, David Anfossi.


«Nous voulons prendre le temps de bien faire les choses. Nous sommes très occupés même si nous ne lançons pas de jeu cette année. Nous avons d'abord une collaboration avec Crystal Dynamics pour un jeu de la franchise Avengers, ainsi que deux titres qui sont respectivement en production et en pré-production», a raconté M. Anfossi à l'E3, qui s'est déroulé du 13 au 15 juin au Los Angeles Convention Center.


De l'aveu de ce dernier, Eidos Montréal, filiale de la société japonaise Square-Enix, a souhaité faire une pause cette année afin d'orchestrer un virage dans son modèle d'affaires.


M. Anfossi concède que produire des jeux de qualité est de plus en plus dispendieux. «Quand on va investir dans un univers, on va essayer de le faire durer plus longtemps. Avant, nous prenions de gros risques. On lançait une production de 4 ans avec une équipe de 150 à 180 personnes et au moment de la mise en vente, on espérait rentabiliser notre inverstissement en trois mois. En ce moment, nous voulons nous assurer que les investissements que nous allons mettre dans nos prochains développements vont générer des revenus sur plusieurs années», explique M. Anfossi.


Des jeux à 130 millions de dollars


Le dirigeant ajoute qu'un jeu à grand déploiement, que l'industrie appelle un «jeu AAA», coûte au minimum 80 millions de dollars à développer, sans oublier qu'il faut ajouter un budget de 50 millions de dollars pour en faire la promotion. «C'est énorme. Quand on se lance, il faut être certain qu'on ait réfléchi à nos affaires. C'est ce qu'on est en train de faire», dit-il.


David Anfossi, qui se dit un grand fan d'analyse, a ficelé un plan quinquennal pour Eidos Montréal, avec une ébauche de plan pour les cinq années suivantes. «On a étudié l'évolution du marché, les tendances, vers où ça nous mènera et ce que fait la concurrence. Ça me permet, ainsi qu'aux autres dirigeants, de prévoir ce qui s'en vient. Ça va aussi nous permettre de gérer aussi le type d'expertise qu'on a dans le studio et l'espace de travail dont on aura besoin», affirme-t-il. 


Phase de croissance en préparation


Après avoir passé les deux dernières années à consolider ses équipes en stabilisant ses effectifs, Eidos Montréal est sur le point d'agrandir ses locaux pour soutenir ses ambitions de croissance. «Je n'ai pas de chiffre en tête, mais nous allons embaucher pour supporter nos ambitions», dit M. Anfossi, qui a été le 2e employé du studio montréalais à sa création il y a 10 ans. À ce moment, Stéphane d'Astous avait reçu le mandat de bâtir une équipe dans la métropole.


Eidos entend se renforcer dans tout ce qui touche aux technologies en ligne, qui n'est pas une force du studio en ce moment. «On veut mettre beaucoup plus d'emphase là-dessus. Quand je dis en ligne, je ne parle pas seulement des jeux. Ça englobe aussi la gestion de communauté et le commerce électronique. Il y aura du recrutement agressif de ce côté et on va aussi ajouter du personnel aux productions en cours», précise David Anfossi.


Création d'univers 


Le dirigeant soutient que l'industrie du jeu vidéo vit un changement de dynamique où pratiquement tous les studios veulent miser sur la création d'univers pour faire vivre leurs franchises sur plusieurs années. 


Il explique que la création d'univers présente l'avantage de pouvoir bâtir une franchise sur plusieurs jeux, et donc sur plusieurs années. «Du côté des jeux, je pense qu'on peut être meilleurs. Bien sûr, l'objectif premier est de livrer des jeux de qualité, mais je veux aussi qu'on livre plus fréquemment, sans souffrir de l'essoufflement des franchises», dit-il. 


Un film Deus Ex? 


Eidos Montréal explore aussi toutes les avenues pour ses franchises, ce qui pourrait mener à des projets de films, téléséries, romans, figurines, bandes dessinées... «On explore vraiment tout. Par exemple, notre franchise Deus Ex repose sur des personnages vraiment forts. Nous avons beaucoup de complexité et de profondeur de ce côté», croit David Anfossi.


Si Eidos dit explorer différents mediums pour sa franchise, le studio ne travaille pas au développement d'un 3e jeu vidéo en ce moment.


* Les frais de transport et d'hébergement de Denis Lalonde pour couvrir l'E3 ont été payés par l'Alliance numérique.


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